Des cadres dressent le portrait du patron modèle

Amine Sabhi Agent comptable
«Un bon manager, c’est un bon coach»
«Un bon manager est comme un coach. S’il sait fédérer les compétences au sein de l’entreprise, son équipe sera performante. D’ailleurs, le moral d’une troupe est un bon baromètre du management d’un dirigeant. S’il n’est pas à son écoute, l’effet ne peut qu’être négatif sur le travail. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de travailler avec un bon manager venu de France pour une mission de trois ans au Maroc.
Pour moi, le vrai patron sait mettre son équipe en valeur. Il est un simple coordinateur, qui conseille et oriente. Pas de stress permanent, pas de dictature, il ne s’attarde pas sur les détails mais sur le concret. Il sait aussi vous mettre à l’aise. Sa principale qualité ? La capacité d’écoute et de communication. Il sait vraiment écouter les autres et agir en conséquence. Chacun lui apporte des éléments qui l’enrichissent et l’aident à apporter des éléments de réponse. Ce n’est pas le cas de tous les managers.»

Jalil Bikri Responsable qualité
«Respect, proximité et rigueur…»
«Un patron est toujours exigeant envers ses collaborateurs. Et vice-versa. De plus, les collaborateurs doivent attendre en retour que leur manager soit à leur écoute. Pour ma part, j’ai de l’admiration pour mon patron actuel. C’est quelqu’un qui a construit tout seul son parcours professionnel. Parti de rien, il est aujourd’hui à la tête d’un holding. J’ai du respect pour lui. Cela dit, un bon patron doit toujours être présent au sein de l’entreprise. Il doit veiller aux relations sociales et à l’ambiance de travail au sein de l’entreprise. Nous avons connu de mauvaises périodes où un de nos directeurs était confronté à des malversations imputées à certains collaborateurs. Il fermait les yeux sur ces petites combines. Or, c’est dangereux pour le climat interne. C’est pourquoi, un patron doit être ferme et rigoureux sur les pratiques internes et être capable de sanctionner quand il le faut.»

Zahra B. Chargée de portefeuille clients dans une agence bancaire
« Il doit encore faire un effort dans la communication»
«Mon patron n’est ni bon ni mauvais. Parfois, j’éprouve de la crainte à son égard parce que ses réactions sont souvent inattendues. Je pense surtout aux évaluations. Ses appréciations portent sur des critères subjectifs. On n’est pas souvent sur la même longueur d’onde. C’est pourquoi j’aimerais qu’il communique assez souvent sur ses décisions, ses intentions… Pour moi, c’est avoir de la visibilité. Ce n’est pas souvent le cas. On peut expliquer ceci par son côté introverti. Or, dans toute organisation, les gens ont besoin de communiquer, de clarifier les situation, sinon on perd du temps en quiproquos.»

Mohamed Kabli Auditeur interne
«J’attends de lui qu’il soutienne constamment son équipe»
«J’attends d’un patron qu’il soit exemplaire dans toutes ses actions, qu’il soit sincère et ait le courage d’aller jusqu’au bout de ses décisions. S’il exige que nous soyons ponctuels, il doit être le premier à le faire. Mais j’attends aussi de lui qu’il soutienne son équipe, surtout dans les moments difficiles, et qu’il sache défendre leurs intérêts. Il en va ainsi de l’ambiance de travail. C’est un aspect qui englobe beaucoup de critères : savoir faire appel à des gens épanouis, véhiculer des valeurs, respecter les autres, éviter les coups bas mais aussi rémunérer correctement. Il doit aussi savoir déléguer. Les avantages de ce mode de gestion ne sont plus à démontrer. Par ailleurs, l’une des premières qualités chez un patron est d’être visionnaire. Ça rassure son entourage.»

Ahmed Sefrioui Directeur marketing
«Il doit être juste avec autrui»
«La parole d’un patron ne doit jamais être considérée comme parole d’évangile. C’est un être comme tous les autres, qui peut aussi bien avoir raison que tort. A priori, il doit avoir une culture du dialogue. Pour moi, un bon patron est quelqu’un qui cherche l’adhésion de son équipe à travers l’écoute active. L’autorité ne peut être basée que sur l’adhésion. J’attends aussi de lui qu’il attache de l’importance à l’ambiance de travail et à la carrière de ses employés de manière juste, selon les compétences et le degré d’implication de chacun, et non selon l’allégeance, comme on le constate assez souvent dans les entreprises. Côté personnalité, j’ai toujours éprouvé du respect pour mon patron, du moins pour sa fonction.»

Réda Chaoui Commercial
«Il doit mouiller sa chemise pour son entreprise»
«Fini le temps des patrons charismatiques ou des “patrons stars”. Aujourd’hui, c’est quelqu’un qui doit mouiller sa chemise pour son entreprise, surtout en cette ère de mondialisation, de concurrence acharnée, de pression du marché… C’est pourquoi, les attentes des employés eux-mêmes sont de plus en plus importantes. Le patron doit avant tout les traiter de manière équitable et sans discrimination. Dans le cas contraire, il ne fait que renforcer le sentiment de frustration et de démotivation. C’est dangereux pour le climat interne d’une entreprise. Et ce dans tous les domaines : salaire, responsabilités, charge de travail, promotion…»

Anass Benjelloun Cadre ingénieur
«Un bon patron se démarque par son exemplarité»
«Un bon patron n’existe pas dans l’absolu. Chacun en a sa propre perception. S’il est bon pour vous, il ne l’est pas forcément pour les autres. Durant ma vie professionnelle, j’ai été marqué par le professionnalisme de mon premier patron. Il m’avait encadré durant ma période d’intégration. A l’époque, j’ai été véritablement touché par sa modestie et son humilité. Pourtant, c’est un grand manager, connu sur la place. Il partageait tout avec moi : ses idées, ses préoccupations, ses craintes et parfois même certains faits marquants de sa vie professionnelle, ses secrets en quelque sorte! Pour moi, un bon patron est celui qui aime ce qu’il fait et qui sait le faire partager aux autres. Sa façon d’être, sa manière de communiquer avec les autres font qu’il les incite à bouger, à progresser et aller de l’avant. Un bon patron est aussi celui qui maîtrise ses dossiers. Il doit être capable de prendre du recul par rapport à ses collaborateurs pour pouvoir prendre les décisions qu’il faut.»