Covid : L’entreprise finira-t-elle par perdre son ADN ?

• La distanciation sociale, l’éloignement et l’absence de contact physique ont limité considérablement les interactions en entreprise… Ils les ont neutralisés au profit d’une relation impersonnelle et virtuelle.
• Les entreprises devront promouvoir et appréhender le management autrement.

Télétravail, chômage partiel, arrêts puis relance de l’activité, distanciation physique et sociale, précautions dans les bureaux…, la pandémie a tout bonnement bousculé toutes nos habitudes et nos rapports avec les autres.

«Une situation qui a créé un manque et un déficit concernant le besoin social de création de liens, ce qui interfère avec le climat de travail, la performance et la motivation du personnel», selon Ahmed Al Motamassik, sociologue d’entreprise.

D’autant plus que l’isolement, l’anxiété, l’angoisse sanitaire et l’absence de visibilité ont laissé des traces sur le moral et l’état psychologique des individus. Ces derniers se retrouvent privés d’une partie de leur capital relationnel. Ajouté à cela la peur de perdre leur travail, l’incertitude sur le plan personnel, les conséquences ne peuvent qu’être désastreuses.

Chercher un nouvel équilibre

En attendant la fin de la pandémie, si fin existe, il serait incorrect de chercher à rétablir l’équilibre antérieur, mais plutôt il faudra en chercher un nouveau. S’attarder à reconstituer l’ancien équilibre dans de nouvelles conditions serait semblable au fait de chercher midi à quatorze heures.

Si la situation dure plus longtemps, les repères relationnels vont évoluer de même et, peut-être, la proximité physique ne revêtira plus la même importance. L’entreprise finira-t-elle par perdre son ADN ? De son vivre-ensemble ? De ses rites? Pour Ahmed Al Motamassik, «les organisations devront, in fine, donner une nouvelle façon de considérer l’acronyme VUCA en lui donnant un nouveau contenu plus positif : vision, compréhensible, client interne et externe et agile». Et de poursuivre que «l’entreprise de demain sera un espace où vont se conjuguer l’innovation, la flexibilité, la collaboration avec une culture qui met l’humain au centre de ses préoccupations et avec un leadership fondé sur l’authenticité et la responsabilité».

Ainsi, les entreprises devront chercher des solutions technologiques nouvelles permettant de répondre aux besoins de socialisation mais sur des bases virtuelles. Ceci n’est pas impossible, puisque les amitiés via les réseaux sociaux ne cessent de se démultiplier. Rien n’empêchera de concevoir des activités communes à distance même des team-building. Le présentiel est en perte de vitesse depuis des décennies. Cette pandémie ne fait qu’accélérer son repli en faveur du virtuel et des e-pratiques et e-solutions.