«Certains métiers ne connaissent pas la crise»

Ali Serhani DGA du cabinet Gesper Services

Le marché du recrutement reprend petit à petit et notre portefeuille client se redynamise. L’activité du recrutement a été moyenne même si la crise sanitaire a engendré de nouveaux besoins mais aussi des besoins critiques pour certaines entreprises. Premier constat, les entreprises ont repris les recrutements en externe après avoir puisé la mobilité en interne durant ces deux dernières années. Les entreprises veulent du sang neuf dans leurs effectifs, surtout des cadres dirigeants. J’ajouterai également que nous constatons certaines pratiques malsaines de la part de certains cadres supérieurs qui prennent en ballotage le cabinet de recrutement et l’entreprise en quête d’offre d’emploi et ce, afin d’exiger une augmentation en interne. Côté profils, certains métiers ne connaissent pas la crise. Ainsi, les profils de commerciaux et de directeurs commerciaux sont toujours sollicités sur le marché. Il en est de même pour les informaticiens, responsables de projets digitaux ou encore les responsables de la sécurité des systèmes d’information et les ingénieurs en cyber sécurité. D’autre part, la catégorie des cadres dirigeants et supérieurs est celle où la rareté des talents est la plus palpable. La diversification des entreprises, la spécialisation des activités, le renforcement des comités de direction dans une optique de redressement, les nouveaux besoins induits par l’émergence d’écosystèmes de production locale, les investissements étrangers dans des secteurs à forte valeur ajoutée et les relocalisations éventuelles contribuent au renforcement de la tension sur les talents. L’intérêt pour les financiers, les RH reste également manifeste. Ces profils ont pour rôle principalement d’encadrer au mieux tant la gestion financière de l’entreprise que les ressources humaines en lien avec la crise sanitaire. En ce qui concerne les profils RH, nous avons constaté que la demande des entreprises se concentre sur les profils qui maîtrisent l’administration du personnel et la législation sociale au détriment du développement RH. D’un autre côté, nous avons eu des demandes de profils de juristes expérimentés et aux expériences variées, principalement dans le domaine des énergies renouvelables.