Véhicules utilitaires : le retour à la croissance se confirme

Les ventes dans ce segment sont en hausse de 22% à fin juin. La reprise est générale, portée par une conjoncture économique plus favorable. Les concessionnaires s’attendent à finir l’année avec une croissance de 5% à 8%.

Les ventes de véhicules utilitaires légers confirment leur redressement amorcé au début de l’année. Au terme du premier semestre, les nouvelles immatriculations de ce segment, en pleine crise depuis plus de trois ans, ont atteint 6 264 contre 5 125 à la même période de l’année dernière, soit une hausse de 22%, selon les données de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam). Ce volume a été réalisé en gros par Fiat (17,5% de part de marché), Ford (17,1%), Renault (11,8%), Mitsubishi (11,2%), Toyota (10,5%) et Dacia (9,8%).

Selon les professionnels, à l’origine de cette reprise des transactions, une conjoncture économique plus favorable qui donne un peu plus de visibilité aux entreprises pour investir dans le renouvellement et l’extension de leurs parcs.

La demande s’oriente du pick-up vers le fourgon

En effet, plusieurs concessionnaires rapportent que le marché est nourri depuis le début de l’année par une demande générale qui reprend de la vigueur, et non plus que par les commandes ponctuelles d’une poignée de grands comptes comme ce fut le cas sur les dernières années. Ils précisent que les commerçants, les artisans et, dans une moindre mesure, les agriculteurs sont également derrière la dynamisation du marché.

Il faut rappeler que la hausse significative des prix des pick-up amorcée en 2014 explique en partie la baisse de l’activité depuis cette date. Les véhicules de ce segment se vendent plus cher qu’habituellement. «Pour un véhicule qui se vendait à 130 000 DH, il faut débourser pas moins de 180 000 DH», informe un directeur commercial d’une concession de la place. Les nouvelles normes techniques, aujourd’hui équipant la majorité du parc neuf, ont obligé les distributeurs à revoir substantiellement leurs prix à la hausse.

Face à cette donne, le marché se reconfigure. En effet, une partie des acheteurs s’oriente vers le fourgon qui concentre dorénavant plus de ventes que le pick-up, comme le confirment les chiffres. A fin juin, ce segment qui pèse dorénavant 48%, est en hausse d’environ 30%. 

Ce sont surtout les entreprises opérant dans le transport (touristique, de personnel et scolaire), la distribution et la logistique qui dynamisent l’activité des VAN.

L’utilitaire famille de luxe, un sous-segment porteur

Ce sous-segment récupère ainsi une partie des ventes du pick-up, desservi également par le niveau limité de sa charge utile. En allant vers cette configuration, le marché marocain tend vers les standards des marchés matures qui connaissent une concentration plus importante de fourgons que de pick-up. Dans cette redistribution de cartes, la concurrence devient de plus en plus acharnée vu que le marché du VUL est beaucoup plus réduit que celui des véhicules particuliers (11000 contre 160 000 unités par an). De plus, les critères qui façonnent le choix des acheteurs sont plus rigoureux que ceux du marché des VP, étant donné qu’un véhicule utilitaire est censé rouler plus longtemps qu’une voiture de tourisme.

Pour percer sur le marché de l’utilitaire léger, en plus des efforts sur le prix et les équipements, les opérateurs adaptent leur offre aux besoins réels du marché et à l’utilisation des clients professionnels, en constante évolution. La majorité des concessionnaires partent à la conquête des clients en organisant des tournées et des villages itinérants. Aussi, de plus en plus de professionnels nouent des partenariats avec des carrossiers pour réaliser des transformations de tout genre sur le véhicule d’origine pour le rendre adéquat à l’activité du client. Enfin, les SAV se professionnalisent davantage, couvrent plus de territoire, et augmentent leur capacité de réparation étant donné que la clientèle du VUL est très sensible aux prestations d’après-vente.   

Signe de la dynamique du marché : un nouveau segment a vu le jour. Il s’agit de l’utilitaire familial de luxe sur lequel Mercedes est pionnière avec son nouveau-né: la classe V. La marque à l’étoile sera sûrement rejointe par d’autres opérateurs. C’est un concept de van avec un positionnement et un usage VP. Il évolue ainsi entre les deux environnements et en reprend des caractéristiques. Concrètement, les modèles de ce sous-segment offrent de l’espace, une consommation correcte et une tenue de route agréable avec en prime le confort à l’intérieur. Les spécialistes affirment qu’une demande assez conséquente existe sur ce niveau.

Pour le reste de l’année, les opérateurs du marché sont optimistes pour ce segment. Ils comptent finir 2017 sur une croissance positive entre 5 et 8%.