Au Royaume
Vidéo. Statut unifié : Tout doit être bouclé le 15 janvier
Le compte à rebours a commencé. Gouvernement et syndicats sont de retour à la table des négociations. L’optimisme est de mise quant à un «happy end» de ce long feuilleton de grèves dans l’enseignement public.
Comme promis, le chef du gouvernement a tenu, lundi 27 novembre, une réunion avec les syndicats les plus représentatifs de l’Éducation nationale. Sur fond de tensions que le secteur traverse, depuis le début de l’année scolaire, les échanges ont tourné autour du statut unifié. Lesquels échanges se sont déroulés, au terme de cette réunion, «dans un esprit positif et de dialogue engagé», a déclaré Aziz Akhannouch. Un constat partagé par les représentants des centrales syndicales qui étaient autour de la table des négociations. Quant aux issues de cette réunion, on retiendra que le gouvernement a décidé le gel temporaire du nouveau statut unifié. L’objectif de cette décision étant, comme l’avait souligné le chef de l’Exécutif, d’en améliorer certains points, notamment en ce qui concerne la revalorisation des salaires de certaines catégories de fonctionnaires. Tout comme s’impose la nécessité de la reprise des cours.
Par ailleurs, sur l’autre chapitre des revendications syndicales figurent également les ponctions sur les salaires. En toute logique, le gouvernement ne compte pas revenir là-dessus, du fait que sur le plan administratif, la procédure des retenues sur les salaires est arrivée à terme et les émoluments devaient être versés le mercredi d’après. Ipso facto, pas moyen de faire marche arrière. En revanche, pour les mois à venir, le gouvernement et les centrales syndicales se sont mis d’accord sur l’atténuation de l’importance desdites ponctions.
Les deux parties se sont, par ailleurs, accordées sur le principe de la Commission ministérielle formée par, outre le ministre de l’Éducation nationale, Chakib Benmoussa, son collègue de l’Insertion professionnelle, Younes Sekkouri, et le ministre délégué au Budget, Fouzi Lekjaa.
D’ailleurs, lors de la 7e session des meetings régionaux du RNI, Aziz Akhannouch avait indiqué, le 25 novembre à Fès, qu’il est question d’«ouvrir une nouvelle voie pour le dialogue et ce, dans le cadre d’une feuille de route». C’est dire qu’il n’y a pas lieu de naviguer à vue, mais d’adopter une démarche dûment encadrée pour atteindre les objectifs escomptés.
Le ton est à l’optimisme
Et comme il n’y a pas de temps à laisser au temps, la Commission devait démarrer le cycle de ses réunions avec les centrales syndicales dès jeudi 30 novembre. Au menu, bien entendu, figure l’amendement de certains points du statut unifié en vue de son amélioration. Pas lieu non plus de s’éterniser sur les négociations. En effet, gouvernement et centrales syndicales se sont donné un délai ne devant pas dépasser le 15 janvier 2024 pour l’aboutissement des nouveaux rounds des négociations. Hasard du calendrier, on sera au lendemain de l’anniversaire de l’accord signé entre le ministère et les syndicats le 14 janvier 2023, sous la présidence du chef de l’Exécutif.
Pour rappel, cette réunion du lundi intervient suite à celles du 30 octobre, lorsque Aziz Akhannouch s’était réuni avec les quatre syndicats signataires de l’accord du 14 janvier. Et au cours desquelles les parties prenantes avaient insisté sur la volonté commune de l’Exécutif et des partenaires sociaux quant à la mise en œuvre du procès-verbal dudit accord. De même qu’une annonce a été faite que d’autres réunions devaient suivre. Chose promise, chose due, dit l’adage. Voilà que c’est chose faite.
Il est à noter, en outre, que cela intervient suite à l’engagement réitéré par le chef de l’Exécutif à l’ouverture des travaux du Conseil de gouvernement du 23 novembre qui a eu l’écho qu’il fallait. En effet, Aziz Akhannouch a dit sa conviction que «le dialogue demeure l’unique voie pour parvenir à des solutions efficientes aux problèmes soulevés». Tout comme il a souligné que le gouvernement est attaché à ses engagements en ce qui concerne la réforme globale du système éducatif et la motivation du corps enseignant pour qu’il puisse s’acquitter au mieux de son devoir.
Réagissant à cette reprise du dialogue constructif, auquel avait appelé le chef du gouvernement, et dont le canevas est maintenant connu de la même manière que le deadline pour son aboutissement est fixé, les syndicats se sont dits satisfaits de l’«interaction positive» de l’Exécutif tout en se félicitant de «la volonté politique» dont il a fait preuve en vue de l’amélioration des «conditions matérielles des fonctionnaires du secteur». La «démarche est positive», estime-t-on auprès des centrales syndicales. Ce qui, en soi, constitue un bon départ qui dénote d’une volonté partagée de sortir de ce long tunnel.
7 millions d’élèves doivent reprendre l’école
Maintenant que le dialogue entre le gouvernement et les syndicats a repris ses droits, la lueur pointe au bout, pour peu que les autres acteurs fassent preuve d’un sens élevé de responsabilité et de pragmatisme. Car, au cœur de l’équation se trouvent 7millions d’élèves et leurs parents, mais aussi le train de la réforme qui doit poursuivre son chemin vers l’école publique de qualité que tout le monde appelle de ses vœux. La normale voudrait que les élèves et le corps enseignant reprennent le chemin des établissements scolaires. Réformer n’a jamais été une chose facile et les résistances au changement se font souligner certes, mais la réforme relève de la nécessité.