Au Royaume
Vidéo. Maroc-Belgique : Partenariat global et opportunités à la pelle
La troisième session de la Haute Commission mixte de partenariat a fixé les axes prioritaires de la coopération stratégique reliant les deux pays. Économie, sécurité, migration, relations Maroc-UE, Sahara… Le détail des accords conclus.
La Belgique veut resserrer ses rangs avec le Maroc». C’est en cette expression que la presse étrangère qualifie la visite du Premier ministre belge et la délégation l’accompagnant à Rabat, dans le cadre de la tenue de la 3e session de la Haute Commission mixte de partenariat.
Au sein de la CGEM, une rencontre économique visant à rapprocher les communautés d’affaires des deux pays a été organisée, en présence du Chef du gouvernement, du responsable gouvernemental belge et d’une palette d’opérateurs privés.
Les deux parties ont déterminé des opportunités d’investissement, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’infrastructure.
Si le Premier ministre Alexandre De Croo estime que la Belgique est grandement intéressée par le Maroc et ses réalisations tant dans le domaine industriel que celui des énergies renouvelables, ou encore ses projets d’investissement à l’aune de l’organisation de la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, Aziz Akhannouch, lui, considère que les entreprises marocaines peuvent désormais se positionner comme des opérateurs de taille dans certains pays. Une invitation adressée aux investisseurs à scruter le potentiel du marché belge.
«L’Offre Maroc» intéresse
Au volet de l’énergie, un mémorandum d’entente a été signé pour encourager les échanges, développer la coopération dans l’énergie verte, y compris l’ammoniac vert, et consolider sa production et sa distribution pour la consommation locale et son export régional et international. Les responsables des deux pays se sont intéressés également aux potentialités offertes en matière de partenariats tripartites gagnant-gagnant Maroc-Belgique-Afrique, tenant compte de la position du Maroc comme un hub important et des liens privilégiés que les deux Royaumes entretiennent avec de nombreux pays du continent africain.
Un autre accord de partenariat a été conclu portant, lui, sur le domaine judiciaire et concerne la modernisation de l’administration judiciaire. Il a pour objectifs d’établir un cadre de collaboration et d’échange entre les parties en matière de modernisation de l’administration de la justice, de renforcer ses capacités de gestion et le développement de ses ressources, et ce, à travers l’échange des informations sur les évolutions législatives liées au domaine de la justice, l’appui technique aux projets de réforme de la justice…, l’ambition est de promouvoir une coopération judiciaire innovante, alignée sur les normes internationales les plus élevées, pour une gestion efficace des affaires judiciaires transfrontalières. Dans ce cadre, un plan d’action s’étalant sur la période 2024-2026 serait bientôt adopté. Cette décision vient suite à la signature d’un mémorandum d’entente entre les ministères de la Justice des deux pays.
Maroc-UE, vers un renforcement
Les coopérations sécuritaire et migratoire ne sont pas en reste. Ainsi, une structure de coopération régulière sera mise en place, compte tenu de la convention de coopération en matière de lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, entrée en vigueur en 2022, et du plan d’action 2022-2024 dans le domaine de la coopération policière. Parallèlement, le retour, la réadmission et la lutte contre le trafic d’êtres humains, ainsi que l’amélioration des mécanismes pour la mobilité des professionnels et la migration légale ont été au menu des discussions maroco-belges.
Un partenariat plus global en vue
Les relations entre le Maroc et l’Union européenne ont également été au centre de la commission bilatérale. Les deux pays conviennent d’agir pour préserver la stabilité et la continuité du partenariat stratégique. Ils ont réitéré leur engagement à contribuer au renforcement de ce partenariat à tous les niveaux et se sont engagés à continuer à travailler ensemble pour favoriser le développement durable, la paix, la sécurité et la stabilité dans cette région, notamment à travers l’Union pour la Méditerranée.
L’ensemble de ces accords, partenariats et engagements ont été conclus lors d’une visite de trois jours du Premier ministre belge, Alexander De Croo, accompagné de cinq ministres et des représentants de 25 entreprises belges. De Croo est extrêmement satisfait des avancées réalisées lors de sa visite au Maroc et n’a pas manqué de souligner que «les défis communs entre le Maroc et la Belgique peuvent être relevés à deux conditions : premièrement, travailler ensemble et, deuxièmement, passer à la vitesse supérieure de la coopération en faveur de plus de croissance, d’innovation et d’investissements».
Au final, au vu de «l’atmosphère amicale et constructive» de leurs échanges, le Maroc et la Belgique comptent poursuivre leurs consultations étroites et régulières sur tous les domaines, afin de renforcer le partenariat global entre les deux Royaumes. Un déplacement de la CGEM en Belgique est d’ailleurs annoncé pour septembre prochain.
Sahara : La position de la Belgique inchangée
Le chef du gouvernement belge a renouvelé le soutien de longue date de la Belgique au processus mené par les Nations unies pour une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable par les parties. Le pays considère ainsi l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, comme un effort sérieux et crédible du Maroc et comme une bonne base pour une solution acceptée par les parties. Les deux parties reconnaissent l’exclusivité de l’ONU dans le processus politique et réaffirment leur soutien à la résolution 2703 (2023) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a noté le rôle et la responsabilité des parties dans la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique, durable et fondée sur le compromis.
