Au Royaume
Souss-Massa : La plus grande station de dessalement d’Afrique en projet
Avec une capacité de 350 millions de m³ par an, le projet vise à sécuriser l’alimentation en eau potable et l’irrigation agricole de la région. La mise en service est prévue en 2030. Pour l’heure, le dossier est en phase d’étude.
Bonne nouvelle ! La région Souss-Massa se prépare à accueillir ce qui pourrait devenir la plus grande station de dessalement d’eau de mer du continent africain. Le wali Said Amzazi a présidé, mardi 23 juin, une réunion de suivi consacrée à ce projet stratégique.
Les chiffres donnent la mesure de l’ambition : 350 millions de m³ par an, dont 250 millions destinés à l’irrigation agricole et 100 millions à l’alimentation en eau potable. Un volume qui positionne ce projet parmi les plus grands chantiers hydrauliques structurants à l’échelle internationale. La station sera alimentée par les énergies renouvelables, en cohérence avec les orientations nationales en matière de transition énergétique.
Le projet est porté dans le cadre d’un partenariat public-privé, avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable comme opérateur technique. Il est aujourd’hui en phase d’étude. L’identification du site n’est pas encore finalisée, mais la commune de Sidi Bibi, dans la province de Chtouka Aït Baha, est évoquée comme localisation possible. Le dossier devrait avancer rapidement, avec un objectif de mise en service en 2030.
L’enjeu est existentiel pour la région. Souss-Massa est l’une des zones les plus exposées au stress hydrique du Royaume. L’agriculture intensive, qui fait la richesse du territoire, pèse lourdement sur les nappes phréatiques. La tomate, les agrumes, le maraichage : toute cette économie dépend d’une ressource en eau sous pression croissante. Le renforcement du dessalement à cette échelle changerait structurellement la donne, en offrant une alternative durable aux prélèvements souterrains et en sécurisant l’approvisionnement des populations sur le long terme.
La réunion s’est conclue sur la nécessité d’accélérer les études et procédures pour tenir le calendrier de 2030. Un délai serré, mais réaliste si la coordination entre les différents acteurs est au rendez-vous.
À noter que ce nouveau projet s’inscrit dans le prolongement d’une stratégie de dessalement déjà à l’œuvre dans la région. Pour rappel, la station de dessalement de Chtouka Aït Baha, mise en service en 2022 pour un investissement global de 4,4 milliards de dirhams, est classée quatrième mondiale en termes de capacité de production. D’une capacité initiale de 275.000 m³/j, mutualisée entre eau potable et irrigation, son extension est également programmée pour atteindre 400.000 m³/j, avec une mise en service prévue cette année 2026 pour un coût d’environ un milliard de dirhams. Une infrastructure qui a déjà démontré son caractère vital pour la région, en préservant une valeur ajoutée agricole de plus de 9 milliards de dirhams et des milliers d’emplois dans le périmètre de Chtouka.
