SUIVEZ-NOUS

Au Royaume

Santé : Réforme, pour un meilleur et universel accès aux soins

Bonne gouvernance, revalorisation des ressources humaines, réhabilitation de l’offre sanitaire et création d’un système informatique intégré sont les principaux piliers de la réforme. Son budget sera porté, prévoit le PLF 2025, à 32,6 milliards de dirhams.

Publié le


Mis à jour le

Plus de 31,8 millions de personnes sont actuellement immatriculées auprès d’un régime de couverture, soit plus de 86% de la population totale, contre moins de 60% en 2020.

C’est le fruit de la généralisation de l’AMO, une réforme cruciale, visant l’élargissement de l’accès des populations défavorisées aux soins de santé. Et pour accompagner cette extension de la couverture médicale, les pouvoirs publics ont lancé une réforme radicale et profonde du système national de santé afin de créer des conditions propices à la mise en œuvre de ce chantier.

La réforme repose sur quatre piliers essentiels : l’adoption d’une bonne gouvernance visant à renforcer les mécanismes de régulation, à améliorer la gouvernance hospitalière; la valorisation des ressources humaines; la réhabilitation de l’offre de soins afin de répondre aux attentes des patients et, enfin, la digitalisation du système national de santé par la création d’un système d’information intégré.

Pour mener cette restructuration du secteur sanitaire, le gouvernement s’est donné les moyens nécessaires, aussi bien sur le plan réglementaire que financier. Ainsi, il a opté pour une augmentation du budget dédié à la réforme intégrale du système de santé, le portant à 32,6 milliards de dirhams, ce qui représente une hausse de 1,9 milliard de dirhams dans le Projet de loi de finances pour 2025 par rapport à 2024.

Par ailleurs, le PLF 2025 prévoit un ensemble de réformes majeures visant à renforcer l’État social : la création de 6.500 postes budgétaires, des investissements visant à réhabiliter environ 14.000 établissements de soins primaires, ainsi que la construction de nouveaux hôpitaux équipés de technologies les plus modernes, afin de rapprocher les services de santé des citoyens vivant dans des zones rurales.

Sur le plan législatif, cinq lois peuvent être citées, notamment la loi-cadre n° 06.22 relative au système national de santé, la loi 08-22 pour la création des groupements territoriaux de la santé, la loi 09-22 relative aux métiers de la santé, la loi 10-22 pour la création de l’Agence marocaine du médicament et des produits de la santé, la loi 11-22 pour la création de l’Agence nationale pour le sang et les dérivés et, enfin, la loi 07-22 relative à la Haute Autorité de la santé.

Au registre de la communication et de la sensibilisation à faciliter l’intégration des citoyens dans le système de couverture médicale, le gouvernement a mis en place des mesures pour vulgariser l’AMO et réhabiliter les structures d’accueil.

Ainsi, 47 nouvelles agences ont été créées, 45 agences mobiles ont été mises à disposition des citoyens, 8.000 bureaux de proximité ont été mis en place dans le cadre de partenariats et plus de 300 rencontres de communication ont été tenues depuis novembre dernier avec les entreprises.

Gouvernance, digitalisation et baisse des prix…
Concrètement, la réforme s’est traduite, durant ces derniers mois, par la réhabilitation de l’infrastructure sanitaire dans les différentes régions du pays. Ainsi, on citera la poursuite du projet de construction, de réhabilitation et d’équipement des établissements de soins de santé primaires au niveau national.

Les infrastructures de nouvelle génération offriront une gamme diversifiée de services au profit de la population, notamment des consultations médicales générales, des soins infirmiers, le suivi des maladies chroniques, telles que le diabète et l’hypertension artérielle, le suivi de la santé de la mère et de l’enfant, la santé scolaire, les services de sensibilisation et de l’éducation à la santé.

Sont entamés également des travaux de construction de plusieurs centres hospitaliers universitaires, notamment à Laâyoune et à Agadir, en plus de la poursuite du chantier de construction à Errachidia et Rabat.

Début décembre, Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la protection sociale, a procédé au lancement des services de 15 centres de santé urbains et ruraux de premier et de deuxième niveau, répartis sur les provinces et préfectures de la région de l’Oriental. C’est un exercice devenu routinier.

Par ailleurs, le ministère de la Santé et de la protection sociale a mobilisé des ressources humaines qualifiées (des équipes médicales, infirmières et administratives) pour assurer la prestation des services médicaux à une population bénéficiaire estimée à plus de 145.000 personnes.

Il importe d’indiquer que la valorisation des ressources humaines est l’une des mesures prioritaires de la réforme. Par ailleurs, le gouvernement prévoit en ce sens d’augmenter le nombre de professionnels de santé et paramédicaux à 25 pour 10.000 habitants d’ici 2026, puis à 45 pour 10.000 habitants d’ici 2030.

Au-delà des infrastructures et des ressources, l’amélioration des prestations et de l’accès aux soins de santé passe également par la bonne gouvernance et la transparence. Ce pourquoi la loi-cadre n° 06.22 relative au système national de la santé, dans son article 32, prévoit la création des organes de gouvernance, dont la Haute Autorité de la santé.

Celle-ci est en charge de plusieurs attributions et missions, notamment l’encadrement technique de l’assurance maladie obligatoire de base, la préparation des outils de gestion de son système, l’évaluation de la qualité des prestations fournies par les établissements de santé publics et privés et les conditions de prise en charge des patients.

La digitalisation est l’autre chantier pour une prise en charge médicale de qualité. La transformation numérique joue un rôle crucial dans la modernisation du système de santé. Elle implique la simplification et la dématérialisation des processus de facturation des hôpitaux publics et du remboursement de soins avec la feuille de soins électronique.

La digitalisation améliorera aussi le suivi médical grâce au dossier médical partagé. Il est à noter que les nouveaux centres sont dotés d’un système d’information intégré permettant d’optimiser l’orientation des patients et de faciliter l’accès aux soins dans des conditions adéquates.

Selon le ministère de tutelle, les hôpitaux publics de 9 régions bénéficient aujourd’hui de la mise en place du système informatique hospitalier intégré. Tandis que les 3 régions restantes en sont à 85% dans l’avancement de ce projet.

La réforme permettra un réaménagement de l’offre de soins grâce à la mise en place d’une carte sanitaire, d’une part, et, d’autre part, elle implique un plus grand accès aux médicaments. Depuis 2013, le Maroc a initié une politique de baisse des prix de médicaments.

Plus de 4.500 produits, génériques et princeps, ont vu leur prix baisser entre 2013-2024. Concernant principalement des traitements de maladies chroniques (cancer, diabète, HTA et vaccins), la baisse varie entre 10 et 60% et vise ainsi un meilleur accès aux soins.