Au Royaume
Reconstruction, une course contre la montre
Les aides d’urgence aux sinistrés commencent à tomber, le terrain est préparé pour la reconstruction de logements, un plan de réhabilitation des services publics est en cours et la région est en passe d’être désenclavée.
Passée l’émotion, l’heure est à l’action. La reconstruction, ou mieux encore la construc-tion, est déjà en marche. Mardi 3 octobre, à la Commission des finances de la première Chambre, a démarré l’examen du décret-loi portant création de la nouvelle Agence du développement du Haut Atlas. Dans les jours qui suivent, le texte sera publié au Bulle-tin officiel. Le directeur, le staff administratif et le conseil d’orientation seront nommés. L’Agence pourra ensuite se mettre au travail. En parallèle, le gouvernement en est déjà à sa cinquième réunion post-séisme, présidée lundi 2 octobre par Aziz Akhannouch, de la Commission interministérielle chargée du déploiement d’un programme d’urgence de réhabilitation et d’aide à la reconstruction.
Au cours de cette réunion, une série de décisions ont été prises. Il a été ainsi décidé de démarrer l’attribution des aides d’urgence fixées à 2.500 dirhams mensuels pendant une année, au profit des familles sinistrées. Les premières aides seront servies du 6 jusqu’au 16 octobre. La Commission a également décidé de lancer l’opération de mise à niveau et d’élargissement des routes. Elle a, de même, décidé d’entamer l’attribution des aides aux agriculteurs pour la reconstitution du cheptel national, ainsi que la subvention de l’orge et des aliments composés dans les zones touchées.
Il a, par ailleurs, été décidé la mise en œuvre immédiate et de manière convergente des projets à caractère urgent à travers le lancement des études architecturales et tech-niques qui portent notamment sur la reconstruction et la mise à niveau de plus de 1.000 écoles et 42 centres de santé de proximité, ainsi que les actions d’étaiement des sites historiques, entre autres. Pour assurer le suivi et le financement de ces projets, qui concernent les secteurs de l’enseignement, de la santé, de l’équipement, de l’habitat, de la culture, du tourisme, de l’agriculture et des Habous, il a été décidé d’ouvrir des crédits de 2,5 milliards de dirhams à travers le Fonds spécial 126 afin de procéder à sa mise en œuvre immédiate.
Sur le terrain, c’est un travail titanesque qui a déjà été accompli en à peine une ving-taine de jours, particulièrement par les départements de l’Équipement et de l’Habitat. En plus de l’ouverture, et même au-delà, de la réfection et de l’élargissement des routes, le département de Nizar Baraka s’est proposé pour déblayer le terrain à l’intérieur des douars, enlever les décombres et préparer la reconstruction. Le ministère chapeauté par Fatima Zahra Mansouri a envoyé, lui, plusieurs dizaines de missions sur place pour les besoins de recensement, mais aussi pour la préparation des cahiers des charges pour la reconstruction. Ces documents prennent en compte les spécificités de la région et la nature des matériaux utilisés, le patrimoine culturel local, etc.
De la réflexion à la réalisation
Notons qu’une semaine plus tôt, la 4e réunion de la Commission interministérielle, tenue lundi 25 septembre, avait été consacrée à l’examen du projet de création de l’Agence de développement du Haut Atlas dont la mission est d’assurer la mise en œuvre du programme d’urgence. Lors de cette réunion, Aziz Akhannouch avait assuré que l’Exécutif va mobiliser tous ses moyens dans la phase de reconstruction rapide, qui concernera les écoles, les hôpitaux et les structures vitales affectés par le séisme. Il avait précisé que la réalisation de ces projets sera financée à travers le Fonds spécial 126.
Une semaine après, c’est pour discuter d’un agenda concret avec des actions précises et budgétisées que les membres de la Commission se sont retrouvés à nouveau sous la présidence du chef du gouvernement. Aziz Akhannouch a d’ailleurs précisé qu’une série de réunions seront tenues au cours des prochains jours afin de finaliser la vision relative à la mise en œuvre des projets de développement dans les zones sinistrées. Il a assuré que la dynamique gouvernementale se poursuivra pour la reconstruction des logements et la réhabilitation des infrastructures endommagées, ainsi que pour le ren-forcement du développement social et économique dans ces zones. Au cours de sa 3e réunion, tenue lundi 18 septembre, la Commission a examiné les mé-canismes permettant une mise en œuvre optimale du programme d’urgence. À cette date, les commissions techniques s’activaient encore sur le terrain pour le recensement des logements totalement ou partiellement effondrés.
Ces données constitueront une plateforme importante pour déterminer la catégorie de soutien dont bénéficieront les ménages concernés. Pendant ce temps, le gouvernement menait au sein de la Commis-sion une réflexion et une action permanentes autour des mécanismes à même d’assurer le bon déroulement de l’opération de reconstruction, qui doit être en harmonie avec le patrimoine et les caractéristiques architecturaux de chaque région. La réhabilitation des zones sinistrées prendra ainsi en considération, de manière générale, le renforcement des infrastructures et l’amélioration de la qualité des services publics. La démarche est claire. Les annonces faites sont aussitôt transformées en programmes d’action clairs et réalisables. Et de la réflexion aux actions concrètes, le gouvernement n’a mis qu’à peine deux semaines.
Ce qui est fort encourageant, sachant que le programme de réhabilita-tion et de développement des zones concernées porte sur un budget de 120 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 8% du PIB. C’est dire la célérité avec laquelle le gouver-nement répond aux retombées de cette catastrophe naturelle. En définitive, après avoir brillé par la gestion des opérations d’intervention d’urgence et de sauvetage, le Royaume est en passe de fournir un modèle en termes de reconstruction et de réhabili-tation des zones sinistrées.
Agence de développement du Haut Atlas : Les attributions
Parmi les attributions de la nouvelle agence, on peut citer :
• Réalisation de toutes les composantes et tous les projets du programme, et dans un premier plan, ceux liés aux projets de reconstruction et de réhabilitation des zones af-fectées, en prenant en considération la dimension environnementale, et en respectant le patrimoine, les traditions et les modes de vie des habitants des zones concernées, ainsi que les normes de construction parasismique.
• Assurer la synergie et la cohérence des projets inclus dans le programme en coordina-tion avec les différents départements et acteurs concernés.
• Suivre la réalisation du programme et la préparation des résultats, notamment en ce qui concerne le niveau d’avancement des projets, l’engagement des dépenses et les situations de paiement.
Un contrat-programme est prévu entre l’État et l’Agence précisant notamment les composantes du programme, ses objectifs et les modalités de son financement, ainsi que le calendrier de sa réalisation.
Ce contrat-programme permet de :
• Définir l’organisation administrative et financière de l’Agence.
• Obliger les administrations de l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics à fournir à l’Agence les données, informations et documents nécessaires pour lui permettre d’accomplir les missions qui lui sont confiées.
• Donner la possibilité au directeur général de l’Agence de recourir aux walis et gouver-neurs afin de délivrer les autorisations nécessaires pour mener à bien les projets du programme en cas de retard injustifié ou de refus des départements, institutions et or-ganismes publics concernés d’accorder ces licences.
