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Au Royaume

Rabat-Madrid : Un axe en consolidation permanente

À la faveur de la feuille de route, adoptée en avril 2022, les relations entre le Maroc et l’Espagne ne cessent de gagner des points. Les deux pays nourrissent de plus grandes d’ambitions.

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Jour après jour, le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Espagne se renforce. La dynamique impulsée, à la faveur de la Feuille de route adoptée en avril 2022, aux relations bilatérales en est la démonstration.

Que le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, réserve, depuis le début de la nouvelle législature en Espagne, son premier déplacement officiel bilatéral dans un pays étranger au Maroc, cela relève du domaine de la symbolique diplomatique qui n’échappe pas aux observateurs.

Une tradition qui se trouve ainsi reconfirmée et qui dénote de la haute importance que Madrid accorde à ses relations avec le Maroc. Et on ne le fera pas dire au chef de la diplomatie espagnole pour qui le Royaume est «la priorité de la politique étrangère espagnole». Un partenariat d’autant plus dense qu’il couvre tous les domaines, d’où son caractère à la fois stratégique et multidimensionnel.

Un partenariat stratégique en évolution
Une visite qui intervient, également, en vue de relancer la Feuille de route bilatérale adoptée en avril 2022 lors de la visite du chef du gouvernement espagnol au Maroc. On s’en souvient, Pedro Sanchez a été à la tête d’une très forte délégation composée d’une douzaine de ministres. Laquelle visite a été aussi marquée par la signature d’une vingtaine d’accords couvrant plusieurs domaines, avec l’ambition de faciliter l’investissement espagnol dans le Royaume, renforcer les échanges commerciaux et consolider les relations humaines.

D’ailleurs, du côté de Rabat comme de Madrid, on s’accorde à relever, à chaque fois, que le bilan d’étape de la Feuille de route, qui remonte à 18 mois, est des plus positifs. Toujours est-il que les deux capitales n’entendent pas s’endormir sur leurs lauriers, mais visent à aller plus loin dans le sens de l’approfondissement du partenariat stratégique qui les lie.
C’est d’ailleurs dans cette nouvelle dynamique que s’est inscrite la grande rencontre d’affaires qui avait réuni, en juin 2023, les opérateurs économiques des deux pays avec la participation d’une soixantaine d’entreprises espagnoles opérant dans des secteurs aussi divers que stratégiques, dont le transport, la gestion de l’eau, l’automobile, les EnR, le textile, les technologies, etc. Or, les contacts entre les hommes d’affaires des deux pays se multiplient dans le but de démultiplier les opportunités de partenariats.

triangulation : Du bilatéral et au-delà
Depuis, les échanges commerciaux se sont «littéralement envolés», pour reprendre les termes utilisés par le chef de la diplomatie espagnole, pour atteindre les 20 milliards d’euros, avec une hausse spectaculaire de 40% par rapport à la période d’avant l’adoption de la Feuille de route. Et tout porte à croire qu’on devrait assister à de nouveaux records au terme de l’exercice en cours. Le tout, bien entendu, dans une démarche gagnant-gagnant qui donne au bon voisinage tout son sens et le traduit sur le terrain, avec, à la base, des relations politiques de très haut niveau.

Il n’est, dès lors, pas le fruit du hasard que l’Espagne soit le premier client et le premier fournisseur du Maroc, alors que le Royaume est le troisième partenaire de l’Espagne hors Union européenne, dépassée seulement par le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique. Sachant aussi que ce sont pas moins d’un millier d’entreprises espagnoles qui sont implantées au Maroc. Signe particulier, les deux parties ne conçoivent pas leur partenariat dans sa dimension uniquement bilatérale, mais dans une perspective de triangulation, puisque le Maroc est vu comme la porte d’entrée de l’Afrique, alors que l’Espagne est la porte d’accès à l’Europe.

Une position de trait d’union entre deux continents qui ne sera que plus renforcée au moment où les deux pays, en compagnie du Portugal, s’activent ensemble pour la co-organisation de la Coupe du monde 2030. Un autre moment privilégié où les deux pays donneront la démonstration de leur capacité organisationnelle commune, au service du sport certes, mais dont les retombées économiques s’annoncent porteuses et prometteuses avant, durant et après cette fête planétaire.
Autant qu’il s’agit de relations ancrées dans l’Histoire et résolument tournées vers l’avenir.


L’humain et le sécuritaire aussi…
Si les relations politiques et économiques connaissent une évolution des plus positives, particulièrement depuis l’adoption de la Feuille de route, il en est d’autres domaines où le renforcement des relations Maroc-Espagne est palpable. La coopération sécuritaire est une des formes les plus marquantes, notamment en matière de lutte contre les mafias du trafic des êtres humains, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme. Une coordination des plus étroites est à l’œuvre et qui donne ses fruits au fil des ans.
Un autre aspect et non des moindres de la solidité des liens bilatéraux entre Rabat et Madrid se trouve, également, dans la dimension humaine. En effet, outre les liens culturels ancrés dans l’Histoire partagée, les relations humaines ne cessent de se développer, avec notamment la présence de plus d’un million de Marocains sur le sol espagnol et plus de 20.000 Espagnols sous le ciel marocain. Des citoyens qui, de part et d’autre, sont des ambassadeurs entre les deux rives de la Méditerranée.