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Au Royaume

Programme Tadaroj : La mise en œuvre est en marche

L’implémentation de l’initiative publique visant la formation de 100.000 stagiaires par an, grâce à la généralisation de la formation par l’apprentissage, est sur les rails. Des conventions exécutives ont été conclues dans les secteurs de l’artisanat, l’agriculture et la pêche.

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L’une des priorités du gouvernement est l’amélioration de l’employabilité des jeunes et des femmes.

D’ailleurs, plusieurs initiatives publiques ont vu le jour grâce aux efforts déployés par l’Exécutif, allant dans le sens de la réduction substantielle du taux de chômage et l’édification d’une économie plus inclusive.

L’un des dispositifs phares reflétant le fort engagement du gouvernement pour l’augmentation de l’employabilité au Maroc n’est autre que le Programme Tadaroj, dont le principal atout consiste en l’implication du secteur privé, réputé pour sa grande propension à employer massivement chaque année.

Concrètement, l’initiative vise un objectif ambitieux, celui de former 100.000 stagiaires par an, et ce, grâce à la généralisation de la formation par l’apprentissage.

L’enjeu est de taille, d’autant qu’entre 2020 et 2024, la formation en milieu professionnel a reculé de près de 26%, l’alternance et l’apprentissage, respectivement de 30% et 16%. En plus, les TPME, qui représentent plus de 95% du tissu entrepreneurial, sont incapables d’absorber à elles seules les besoins du pays en matière de formation en milieu professionnel.

Lancé le 27 octobre 2025, le programme, qui propose 200 métiers, dont 80 dans l’artisanat, se veut la réponse idoine aux multiples défis de montée en compétences dans plusieurs secteurs d’activité.

À ce stade, il est pertinent de s’intéresser au chantier de mise en œuvre du programme. Pour rappel, l’initiative, soutenue financièrement par l’État, est censée généraliser l’apprentissage en milieu professionnel dans divers secteurs clés de production et de services du Royaume.

L’artisanat, un pilier central
En termes d’engagements annuels, le programme prévoit la formation de 30.000 stagiaires dans le secteur de l’artisanat, 8.000 dans la solidarité, 15.000 en agriculture, 4.200 dans la jeunesse et 2.000 dans la pêche.

À titre illustratif, à fin novembre 2025, pas moins de 10.000 jeunes apprentis ont été inscrits dans 56 Centres de formation par apprentissage intra-entreprise (CFA-IE), notamment dans les métiers de l’industrie automobile, du tourisme, de l’hôtellerie, du textile, de l’artisanat et de l’aéronautique.

Eu égard à l’objectif chiffré, l’artisanat est incontestablement un secteur hautement crucial pour la réussite de la mise en œuvre du programme Tadaroj. Fait assez édifiant : l’opérationnalisation de l’initiative publique a commencé avec cette branche d’activité qui a vu ses exportations augmenter de 11% en 2025.

L’implémentation effective de Tadaroj s’est concrétisée, à fin octobre dernier, par la signature à Rabat d’une pléthore de conventions exécutives impliquant 12 Chambres régionales d’artisanat et
4 associations gestionnaires des Centres de formation et de qualification dans les métiers de l’artisanat (CFQMA).

Dans le détail, le réseau de formation professionnelle par apprentissage dans le secteur de l’artisanat agrège 67 centres et plus de 100 annexes, accueillant ainsi près de 30.000 apprentis sur la période 2025-2026.

Sa vocation est de permettre la structuration de l’offre de formation et d’apporter des réponses adaptées aux besoins en compétences des territoires.

Le programme (d’une durée moyenne de 11 mois) porté par Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, comporte un volet incitatif important (augmentation de 20% du soutien aux centres de formation par apprentissage et indemnité de 300 DH par jeune pour les formateurs).

Les bénéficiaires du programme (apprentis) perçoivent également une bourse annuelle, revue à la hausse, à 5.000 DH. Ce montant issu des fonds publics vise à renforcer l’engagement des apprentis dans les parcours d’apprentissage en situation réelle de travail.

Ceci étant dit, du côté du Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire, l’on reconnaît que la formule proposée par le programme constitue l’un des mécanismes les plus efficaces pour le développement du capital humain, en raison de sa proximité avec la réalité du métier et de son lien direct avec le milieu productif.

En cela, elle permettrait aux apprentis d’acquérir des compétences pratiques réelles grâce à l’alternance entre une formation appliquée auprès de l’artisan et une formation théorique au sein des établissements de formation.

L’agriculture et la pêche en renfort
Après la signature d’une première salve de conventions exécutives dans le domaine de l’artisanat, la mise en œuvre de la politique publique visant à doper l’employabilité des jeunes marocains, a concerné deux branches hautement névralgiques pour l’économie nationale, en l’occurrence l’agriculture et la pêche.

Concrètement, les deux conventions, signées en novembre 2025 entre le département ministériel de l’Emploi et des compétences et celui de l’Agriculture et de la pêche maritime pour la période 2025-2030, permettront d’atteindre les objectifs de Tadaroj pour les deux secteurs.

Comme indiqué, l’ambition est de former 15.000 apprentis par an dans le secteur agricole durant la période 2025-2030, 1.600 jeunes la première année dans le secteur de la pêche maritime et 2.000 apprentis par an durant la période 2026-2030.

Sur le plan opérationnel, les conventions indiquent la mise à disposition par le département de l’Agriculture et le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime des moyens humains, matériels et pédagogiques nécessaires à la formation.

Précisons que pour sa part, le département de la Formation professionnelle a mobilisé une enveloppe budgétaire de 375 MDH pour la mise en œuvre du programme de formation par apprentissage dans le secteur de l’agriculture et 48 MDH pour la filière de la pêche maritime.

Quant à l’Anapec, elle participe au recrutement et à la sélection des apprentis, contribue à la mobilisation des entreprises d’accueil et accompagne les lauréats du programme à l’insertion professionnelle.

Dans le secteur agricole, Tadaroj porte sur le développement de la formation par apprentissage au sein des Établissements de formation professionnelle agricole (EFPA).

Dans le détail, il cible la formation de jeunes exploitants, ouvriers qualifiés, techniciens et entrepreneurs dans les métiers liés à la production, la transformation et la valorisation agricoles.

Dans le secteur halieutique, le programme a trait au développement de la formation par apprentissage au sein des Instituts de technologie des pêches maritimes (ITPM) et dans les Centres de qualification professionnelle maritimes (CQPM), répartis sur l’ensemble du littoral national.

En définitive, au registre des avancées du Royaume en matière de généralisation de la formation par l’apprentissage aux secteurs clés de l’économie, il est de bon augure de constater que le ministère coiffé par Sekkouri est disposé à fournir l’accompagnement et le soutien nécessaires aux entreprises souhaitant créer des centres de formation par apprentissage intra-entreprise.