Au Royaume
Moyen-Orient, la énième confrontation
Les conséquences des attaques menées à l’aube du samedi 7 octobre par le mouvement palestinien Hamas contre les colonies israéliennes autour de la bande de Gaza risquent de peser lourd sur le devenir de toute la région.
En riposte au «Tufan Al-Aqsa», Israël a brandi les «Swords of Iron». En effet, peu de temps après les attaques meurtrières du 7 octobre, qui ont fait des milliers de victimes, entre morts et blessés, Tel-Aviv a été en ligne de combat.
De même, le gouvernement israélien, qui a déclaré «l’état de guerre», a ordonné, lundi 9 octobre, l’état de siège complet de la bande de Gaza. Outre le resserrement de l’étau sur l’enclave palestinienne, l’armée israélienne a déployé sa machine aérienne en procédant à des centaines de pilonnages ayant pris pour cible plusieurs zones.
Mardi matin, les avions de combat israéliens ont attaqué le poste-frontière de Rafah, unique sortie terrestre de Gaza vers l’Égypte. Tsahal précisera, par la suite, avoir ciblé un tunnel souterrain de contrebande d’armes dans cette zone frontalière entre la bande et l’Égypte. Des bombardements qui ont été déclenchés suite à un appel de l’armée israélienne sommant les habitants de Gaza à vider les lieux. Ceci dit, tout porte à croire que ce n’est pas demain la veille qu’on pourrait s’attendre à une hypothétique désescalade, avertissent les observateurs. Tant et si bien que le gouvernement israélien envisage de «régler ses comptes avec le Hamas». Les réactions ont été nombreuses.
L’appel du Maroc pour la concertation
Ainsi, dès le dimanche 8 octobre, Rabat a réagi. En effet, sur instructions du Roi Mohammed VI, «le Royaume du Maroc, président de la session actuelle du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel, a appelé à la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil au niveau des ministres des Affaires étrangères arabes pour la concertation et la coordination au sujet de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza et du déclenchement d’actions militaires visant les civils, ainsi que pour la recherche des moyens pour l’arrêt de cette dangereuse escalade», indiquait le ministère marocain des Affaires étrangères.
Un appel qui est intervenu après un premier communiqué du même département dans lequel Rabat a exprimé «sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation», mais aussi a indiqué qu’il «condamne les attaques contre les civils d’où qu’ils soient». Aussi, souligne la même source, le Royaume, dont le Souverain préside le Comité Al Qods, indique que «le dialogue et les négociations demeurent la seule voie pour parvenir à une solution globale et durable à la question palestinienne sur la base des résolutions de la légalité internationale et du principe des deux États, tel que convenu au niveau international».
Soutien inconditionnel américain à Tel-Aviv
Sur le plan international, les réactions se sont poursuivies. Ainsi, Washington a exprimé son soutien total à Tel-Aviv face au Hamas que le président américain a considéré comme le «mal à l’état pur». Dans un discours, extrêmement fort, Joe Biden a affirmé qu’Israël a «le devoir de se défendre». Dans la foulée, Washington a annoncé l’envoi de l’aide militaire supplémentaire, notamment des munitions et des intercepteurs pour réapprovisionner le dôme de fer israélien.
Il est à noter, en outre, que la 6e flotte et le porte-avion USS Gérald Ford sont aussi en Méditerranée. En effet, a indiqué le président américain, les USA voulaient faire en sorte qu’aucune partie – groupe, organisation ou État – ne soit tentée «d’exploiter cette tragédie et n’ouvre un deuxième front». Certainement, le président US, qui l’a d’ailleurs averti, pensait aux velléités que pourraient nourrir les milices du Hezbollah libanais qui serait tenté de profiter de la situation pour s’en prendre aux zones frontalières entre Israël et le pays du cèdre. Ce qui a été le cas !
«L’Administration va travailler de concert avec le Congrès (qui détient les cordons de la bourse) pour garantir que le ravitaillement en intercepteurs soit assuré, et qu’Israël ne manque pas de munitions pour le dôme de fer ni pour aucune des opérations à venir. Ce discours incroyablement fort, qui réaffirme le soutien inconditionnel des États-Unis à l’État hébreu, restera dans les annales de l’histoire d’Israël», analyse un spécialiste des États-Unis d’Amérique, David Allouch, cité par des médias.
Bruxelles n’a pas tardé à réagir. Lundi 9 octobre, la Commission européenne aurait annoncé qu’elle lançait «un réexamen urgent» de l’assistance de l’UE aux Palestiniens, selon certains commissaires qui ont également indiqué la «suspension immédiate de tous les paiements, le réexamen de tous les projets» et que les budgets auraient été reportés sine die. Il n’en était rien. En effet, bien que toutes les capitales européennes aient indiqué leur soutien à Tel-Aviv, tout en condamnant les attaques du Hamas contre des civils, l’appréciation quant à la suspension des aides divergeait. D’autant plus, indique-t-on, qu’une telle décision pourrait «jeter toutes les populations dans les bras du mouvement Hamas».
Maintenant, au regard de la situation, qui risque de «perdurer», deux craintes se font jour. D’abord, le risque d’une «régionalisation, voire internationalisation du conflit», dont on ne peut prévoir l’issue. Ensuite, le devenir d’un «processus de paix» déjà claudicant. Il va sans dire que le Sommet du Néguev, prévu à la fin de ce mois au Maroc, n’aura certainement pas lieu.
Histoire
Suite au désengagement militaire israélien de la bande de Gaza, le mouvement Hamas, «qui prône la destruction» de l’État hébreu, fait main basse, en 2005, sur ce territoire.
Un an après, il gagne «les élections législatives» et administre le territoire seul. Depuis 2007, le mouvement s’est distingué par le recours aux prises d’otages, aux attentats-suicides et autres lancements de roquettes.
En 2008, Tsahal lance l’opération «Plomb Durci» contre le Hamas. Une opération qui
va durer trois semaines marquées par des attaques terrestres et aériennes. Le bilan était lourd, mais cela n’a pas été de nature
à arrêter les attaques du Hamas.
En 2014, suite au meurtre de trois adolescents israéliens, des confrontations, au cours de juillet et août, ont embrasé l’enclave palestinienne.
En mai 2021, le Hamas avait surpris Israël
en lui envoyant des milliers de roquettes, parfois une centaine en quelques minutes, visant à saturer son système de défense antimissile «Dôme de fer».
À l’époque, 4.360 roquettes avaient été utilisées en l’espace de 15 jours alors qu’il
en est tombé environ 3.000 sur Israël en deux jours, renseignent des médias.
