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Mbarka Bouaida : «L’ambition est de créer une GON H2 Valley»

Le mandat de la présidente du Conseil de la région Guelmim-Oued Noun est marqué par le lancement de projets structurants. Par sa gestion, l’ancienne secrétaire d’État n’hésite pas à donner corps à la régionalisation avancée.

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En dix ans, la face de la région a complètement changé. Des EnR à l’industrie, en passant par l’agriculture, le tourisme et l’économie bleue, ce sont des dizaines de projets qui ont été lancés ces dernières années. Le point avec la présidente du Conseil de la région Guelmim-Oued Noun.

Vous êtes la première ou en tout cas l’une des premières à avoir signé un contrat de programme avec l’État. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Effectivement, nous avons été parmi les premières régions à avoir signé un contrat-programme avec l’État, en 2021 déjà. Ce premier contrat État-région fait 5,5 milliards de dirhams pour 37 projets. Tous, pratiquement, des projets structurants qui venaient compléter le travail engagé dans le cadre de la feuille de route qui a été entamée par le PDI.

Et aujourd’hui, nous venons de voter le deuxième contrat-programme qui est actuellement en cours de validation et de visa par les autorités compétentes (Ndlr, le ministère de l’Intérieur). Il faut dire que nous n’avons pas attendu la validation de ce deuxième contrat-programme pour nous mettre au travail.

C’est ainsi que nous avons commencé par signer de grandes conventions portant sur la partie infrastructure routière avec le ministère de l’Équipement, la partie mise à niveau des villes avec le ministère de l’Habitat et le ministère de l’Intérieur, et la partie éducation avec le ministère de l’Éducation nationale. Cette dernière comporte deux volets.

Le premier porte sur la généralisation des écoles pionnières et le second concerne la modernisation de toute l’infrastructure sportive auxiliaire et autre, avec les médiathèques, les bibliothèques, etc.

Nous avons aussi signé une convention avec l’ensemble des conseils provinciaux pour couvrir tout le besoin (100%) en transport scolaire avec l’achat des bus nécessaires.

Bien sûr, cela fait partie de toute la dynamique que connaît la région qui, elle, a été entamée cinq ans plus tôt, en 2016, avec le lancement du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, signé devant SM le Roi en février de la même année, avec une dotation d’investissement de départ de 77 milliards de dirhams.

Justement, pouvez-vous nous parler de ce qui a été entrepris dans le cadre de ce programme ?
Au fait, le nom du programme c’est le PDI, Programme de développement intégré des provinces du Sud.

Et, bien entendu, la région de Guelmim-Oued Noun avait sa quote-part de ce programme qui a concerné de très grands projets structurants, notamment la voie express qui vient de se terminer, le fameux barrage Fask de 80 millions de mètres cubes de capacité, l’aéroport international de Guelmim et bien sûr l’infrastructure sanitaire, notamment le Centre hospitalier régional qui a récemment été upgradé en CHU avec la construction de la faculté de médecine, en plus du CHR de Sidi Ifni.

Cela en plus d’autres projets qui s’inscrivent aussi dans ce PDI et qui concernent l’éducation, la culture. C’est surtout sur le volet infrastructures qu’il y avait beaucoup du travail à faire en termes d’écoles, de lycées, de collèges et aussi de centres culturels. Et il y avait aussi un dernier volet qui concerne les ceintures vertes, ou la protection environnementale de la région.

Ce programme royal a enclenché une vraie dynamique au sein des régions du sud, incluant la région de Guelmim-Oued Noun. C’est le tournant décisif qui a changé et qui change la donne dans les provinces du Sud.

C’est dans le cadre de ce PDI que nous avons été, en 2020, la première région à avoir voté son programme de développement régional, qui a donné lieu à la signature du premier contrat-programme région-État.

Et qu’est-ce qui a été réalisé aujourd’hui ?
Dans le premier contrat-programme, il y a un volet qui est le plus important et qui concerne la station de dessalement. Nous le considérons comme un projet structurant pour la ville de Tan-Tan.

En réalité deux stations, puisqu’il s’agit d’une à El Ouatia et l’autre à la Plage Blanche.
La station de dessalement de Tan-Tan fait partie des grands projets à l’échelle nationale. Les études de faisabilité, menées par le ministère de l’Agriculture, sont terminées depuis longtemps.

Donc, la décision stratégique au niveau national a voulu que l’on commence par la station de dessalement de Tan-Tan. Et je pense, dans le dernier accord que le Maroc a signé avec les Émirats arabes unis, cette station figure bel et bien dans le dernier deal avec Taqa, qui prendra en charge la réalisation de ce projet, dont les études de faisabilité étant pratiquement finalisées.

Plus encore, il y a eu même une révision à la hausse de sa capacité. Au début, on voulait une station moyenne de 40 à 60 millions de mètres cubes, mais elle passe maintenant à 120 millions de mètres cubes.

Elle va permettre à la fois de couvrir les besoins en eau potable, mais aussi de couvrir un périmètre irrigué qu’on voulait pour 5.000 hectares à Tan-Tan et 5.000 hectares à Guelmim.

Il y a aussi plusieurs autres volets, notamment la mise à niveau urbaine des quatre villes dans les quatre provinces de la région (Guelmim, Sidi Ifni, Tan-Tan et Assa-Zag) et la mise à niveau des deux ports de Tan-Tan et de Sidi Ifni.

Concrètement, où en êtes-vous dans ce programme ?
Nous avons démarré la mise à niveau des ports. D’abord celle du port de Sidi Ifni, que nous avons pratiquement finalisée, pour mieux accueillir la pêche artisanale, principalement. Celle du port de Tan-Tan est en cours de réalisation.

Il faut signaler que c’est déjà une première au Maroc dans le processus de régionalisation avancée. Ce genre de projets ne rentre pas en effet dans le périmètre des attributions des régions.

N’empêche que pour nous, nous considérons ces infrastructures comme essentielles pour développer l’économie dans la région. C’est une priorité pour nous – bien qu’il n’en soit pas forcément une au niveau central – et qu’il fallait absolument s’y impliquer pour justement avoir un impact direct sur le chiffre d’affaires de ces deux ports qui, in fine, devraient impacter positivement la croissance économique dans la région.

Et qu’en est-il des autres volets ?
Le deuxième volet, qui est celui de la mise à niveau urbaine, nous l’avons déjà commencé. Il fait partie du premier contrat-programme (2021-2023), avec une enveloppe allouée de 300 millions de dirhams. Il est en cours de finalisation aussi.

Nous avons commencé par un grand projet de ravalement de façades. C’était le premier choix appuyé par les autorités et par les communes urbaines. Il y a eu aussi d’autres chantiers, notamment la mise à niveau des quartiers sous-équipés, des voies et des axes principaux.

Pour le volet Enseignement supérieur, c’était un sujet qui avait beaucoup tardé, mais avec l’actuelle équipe à la tête du département ministériel, nous sommes en train d’accélérer la cadence.

Cela ne dépend pas de la région, la maîtrise d’ouvrage étant chez le ministère de l’Enseignement supérieur. En tout cas, l’idée était de créer un vrai noyau universitaire qui nous permettrait de plaider légitimement pour la création d’une université à Guelmim-Oued Noun.

Une université à Guelmim ?
Oui, j’espère que ce projet verra le jour. En tout cas, il semble que la vraie problématique, qui est celle du foncier, vient d’être réglée par le ministère de l’Enseignement supérieur. C’est que dans la Région, l’une des plus grosses barrières au développement, c’est le foncier dans le périmètre urbain, surtout à Guelmim, qui est le chef-lieu.

Aujourd’hui, le ministère a acquis le foncier, le projet avance et nous avons d’ailleurs tenu dernièrement une réunion avec la nouvelle direction de l’Université Ibn Zohr d’Agadir. Dans tous les cas, je pense que le projet sera lancé sous peu.

C’est un projet totalement justifié, d’abord par la demande locale et par le nombre d’étudiants issus de la région qui poursuivent leurs études un peu partout, à Agadir, à Marrakech, à Laâyoune et ailleurs.

Il l’est aussi par la situation géographique de la région, qui peut être très attractive, même pour les étudiants venant d’ailleurs. Donc, je pense que ça serait un projet très attendu et structurant pour la région.

La région a également lancé son plan de développement régional avec d’autres projets ?
En effet, nous avons aussi voté, durant ce mandat, un nouveau plan de développement régional, pour une enveloppe de 11,7 milliards de dirhams et avec une liste d’environ 96 projets. L’idée était de travailler sur deux bases.

La première, c’est de dire qu’on travaille toujours en partenariat. Il s’agit de partenariats structurants que l’on contractualise.

La seconde, c’est d’attaquer les problèmes de manière frontale et de dire que c’est un vrai souci pour la région, il va falloir le prendre dans sa globalité.

C’est ainsi que nous avons signé plusieurs conventions importantes et stratégiques. La première avec le ministère de l’Équipement pour finaliser tout le réseau routier dont la région a besoin. C’est une convention de 2,2 milliards de dirhams.

Nous avons aussi signé une autre convention avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Habitat, que nous avons appelée «Programme d’urgence pour la mise à niveau des villes». Elle est dotée de 300 millions de dirhams et complète la première convention.

Cette formule de contractualisation sectorielle nous permet de traiter les problèmes dans le fond et de les traiter dans l’ensemble du territoire régional. Dans l’enseignement par exemple, en plus de la généralisation du transport scolaire et l’école pionnière, nous avons fait de même pour le préscolaire.

Nous avons signé une convention avec la Fondation nationale pour le préscolaire, pour généraliser très rapidement le préscolaire dans la région. Globalement, la convention de l’Éducation nationale porte sur près 600 millions de dirhams.

Il en est de même pour la culture, avec une convention de 312 millions de dirhams qui concerne les centres culturels, l’animation culturelle, les centres socioculturels dans les communes, les centres de jeunesse, etc.

D’autres ministères sont également concernés ?
En effet, nous avons conclu une autre convention avec le ministère de la Santé pour une enveloppe de 450 millions de dirhams. On s’est dit qu’il y a déjà deux centres hospitaliers de proximité qui doivent être construits, dans de vrais centres émergents, et surtout des centres économiquement importants, comme El Ouatia.

C’est la commune qui abrite le port de Tan-Tan qui est très importante. L’autre commune est celle de Mirleft, avec son potentiel énorme sur le plan touristique. On prévoit de construire ces deux centres hospitaliers de proximité.

Toujours dans le cadre de cette convention, il est prévu une enveloppe conséquente pour permettre au ministère de la Santé, à travers une association avec les autorités locales au niveau régional, de recruter des médecins et de répondre à ce besoin en matière de corps médical.

La convention prévoit également des actions ponctuelles, notamment des caravanes médicales, surtout dans le monde rural.

La région intervient également par le biais de ce mécanisme de contractualisation dans différents autres volets, dont l’orientation scientifique des étudiants, l’octroi des bourses d’études, notamment dans les écoles d’ingénieurs.

Toujours dans ce cadre, le Conseil de la région vient de voter une convention pour la création d’une école 1337. Pour nous, ce sont des leviers de développement humain intrinsèques pour préparer nos étudiants demain aux grands projets lancés dans la région, notamment les EnR et l’hydrogène vert.

Bref, ce programme d’urgence porte sur une enveloppe de 1,2 milliard de dirhams pour les quatre provinces, répartis selon les besoins dans chacune d’elles. Elle a été signée en juillet 2024.

Aujourd’hui, en ce mois d’octobre, nous avons déjà commencé à réaliser ce plan, nous sommes à un taux d’engagement de pratiquement 25%. Il faut dire que la région a besoin d’un grand rattrapage, et ce plan va nous permettre d’y arriver.

Rattraper ce retard permettra à la région de se préparer aussi aux grands projets auxquels nous croyons énormément, notamment celui de l’hydrogène vert. C’est pour vous dire qu’il y a un enchaînement de programmes, des actions petites et grandes qui alimentent une chaîne de valeur qui va nous permettre à la fin d’être prêts pour accueillir ces grands projets qui sont finalement une fierté pour nous en tant que région, pour le Maroc et pour le continent.

Justement, en évoquant l’hydrogène vert, on pourrait considérer Guelmim-Oued Noun comme un laboratoire national grandeur nature, une région-test. Qu’en est-il ?
Absolument. La région constitue un laboratoire et un test pour toute l’industrie nationale. C’est pour cela que nous avons décidé d’accélérer la cadence pour réaliser tous les projets en cours. En vérité, nous travaillons en bonne synchronisation avec l’ensemble des partenaires.

Et nous essayons aussi de mettre en place les jalons nécessaires d’une bonne gouvernance. En ce sens, à l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP), nous sommes en train de finaliser un projet de société de développement régional dédiée à l’aménagement.

Nous avons déjà créé, soit dit en passant, une SDR-Tourisme qui va commencer incessamment son travail. Ce sont des mécanismes de gouvernance que nous considérons, au niveau du Conseil de la région, comme très importants. Ils vont permettre à la fois d’accélérer la cadence de l’exécution des projets en cours, mais aussi de porter les projets de demain.

Pour revenir à l’hydrogène vert, nous avons intégré dans notre vision, et dans l’ensemble de nos documents, une idée que nous espérons pouvoir réaliser rapidement: c’est de créer une GON H2 Valley, une espèce de Silicon Valley dédiée dans la région.

Et en fait, l’idée est qu’il y ait une zone qui puisse accueillir les projets-tests liés à l’hydrogène vert, en amont et en aval, dans le cadre d’une économie intégrée. Le projet devrait certainement être réalisé à Tan-Tan, puisque nous sommes en train de construire une zone d’activité économique de 65 hectares dans cette localité. Une petite partie de cette zone pourrait être dédiée à cette GON H2 Valley qui, j’espère, verra le jour très rapidement.

Dans le même format que nous avons adopté avec d’autres partenaires dans d’autres secteurs, nous avons aussi mis en place un cadre de contractualisation avec le ministère de l’Industrie et du commerce pour la création de quatre zones d’activité économique dans la région.

Les études préalables ont été finalisées, notamment l’étude de faisabilité et l’étude de la vocation, parce qu’il faut faire une étude en amont pour définir la vocation de ces zones. Nous avons commencé par la ZAE de El Ouatia et celle de Guelmim.

Quel est l’impact de tous ces projets sur le quotidien des citoyens ? Et qu’est-ce qui a changé dans les indicateurs de base de la région ?
C’est sans doute sur le volet réseau routier et particulièrement dans le monde rural que l’impact a été le plus ressenti et palpable. Il y a eu une grande différence en termes de réduction de temps et de sécurité. D’abord grâce à la voie express.

Nous sommes passés de trois heures de trajet entre Agadir à Guelmim à seulement deux heures avec moins de risques d’accident et puis le confort qu’une voie express peut apporter. Mais il y a aussi la partie rurale où l’ensemble du réseau routier qui a été construit a permis de réduire les distances.

C’est là où la demande se fait le plus ressentir, et nous y avons répondu avec des projets dont certains sont encore en phase de finalisation. Bref, c’est là où l’on sent vraiment l’impact, au niveau de désenclavement, mais aussi au niveau des raccordements à l’eau potable et de connexion au réseau électrique.

Justement, en parlant de l’eau, cela a toujours été une problématique, surtout dans une zone saharienne. C’est toujours le cas ?
L’eau est un sujet très important. C’est la priorité des priorités. Au niveau de la région, nous l’avons abordé d’une manière un peu particulière. Bien sûr, il y a le plan national et sa déclinaison durant les 18 à 24 derniers mois au niveau de chaque région.

Et dans la région de Guelmim-Oued Noun, c’est l’Agence régionale d’exécution des projets qui, aujourd’hui, construit des barrages et supervise le raccordement à l’eau potable. Donc, c’est un sujet qui est très important, et nous sommes à des taux de réalisation assez élevés.

Et là aussi, l’impact est direct sur la population. En termes d’indicateurs macroéconomiques, je pense que la croissance du PIB régional est plutôt positive et va dans le bon sens.

En fait, le quotidien de la population changera au fur et à mesure que ces projets seront réalisés. Cela dit, nous avons aussi attaqué des projets d’infrastructures de base, comme des abattoirs, des piscines, des terrains de proximité, que nous avons déjà réalisés en bonne partie.

C’est vraiment un nouveau cadre de vie que nous voulons offrir aux citoyens grâce à l’impact de tous ces investissements.

Ce faisant, nous avons commencé par les grands projets, mais, en parallèle, il y a des projets qui ne nécessitent pas beaucoup d’argent, mais qui consomment beaucoup d’énergie pour leur réalisation, à la fois parce qu’il y a le problème du foncier à résoudre ou alors à cause des dépassements budgétaires. Ces projets ont un impact réel. Ils sont essentiels au quotidien des citoyens.

Donc, là aussi, on travaille énormément. On a commencé à voir des différences. Par exemple, il y a deux ans, le nombre moyen d’étudiants qui ont été acceptés à l’UM6P provenant de la région ne dépassait pas les deux étudiants.

Aujourd’hui, on est à 14-15, ce qui est déjà très important. Et là, on construit, c’est très important.

Vous vous êtes lancée dans des projets d’industrie, de tourisme et d’agriculture en même temps. C’est une région qui change de vocation, à supposer qu’elle en avait une ?
C’est une stratégie que nous avons lancée, où ces trois secteurs convergent vers un objectif commun. Au moment d’élaborer notre plan de développement régional, nous nous sommes posé la question : Où est-ce que nous voulons aller ?

Et nous avons décidé que nous allons vers une région qui soit la capitale internationale de l’hydrogène vert. Cela veut dire pouvoir accueillir le maximum de projets, mais que ce soit des projets intégrés.

Nous voulons que la région ne soit pas un acteur passif qui produit de l’énergie renouvelable sans produire de la valeur ajoutée pour le citoyen. Or, parler d’une économie intégrée, c’est parler de l’amont de l’industrie relative à l’hydrogène vert.

Il y a le dessalement et nous avons évoqué le projet d’une station qui se fait indépendamment de ce projet, mais qui va pouvoir certainement servir aussi pour la production de l’H2 vert.

Nous avons également parlé d’un projet important qui figure dans la feuille de route de l’hydrogène vert. C’est le projet du nouveau port de Tan-Tan. Et là je souligne l’importance de ce projet.

On ne peut pas prétendre être, demain, une capitale internationale de l’hydrogène vert si on ne dispose pas d’une infrastructure complète.

C’est pour cela que nous, en tant que région, avons tout pour avoir les infrastructures nécessaires pour réduire les distances, interconnecter les villes de la région (Guelmim, Assa-Zag et Sidi Ifni) pour qu’elles puissent aussi profiter au maximum de cette production énergétique.

Le port de Tan-Tan s’inscrit parfaitement dans la vision royale de Sa Majesté, qui est celle de faire du Maroc une plateforme maritime, avec de grands ports stratégiques, comme le port Tanger Med, le port Nador West Med, le port Dakhla-Atlantique.

Nous ne pouvons pas faire l’économie d’une infrastructure portuaire nouvelle dédiée aux énergies renouvelables, aux commerces liés aux énergies renouvelables. Elle changera non seulement la vocation de la région, mais aussi de tout le sud du Maroc.

Aujourd’hui, on parle d’énergie renouvelable, d’hydrogène vert, des zones d’activité qui pourraient abriter la production en amont, mais aussi en aval. C’est-à-dire que, demain, toutes les industries qui veulent utiliser l’hydrogène vert, pour une raison ou une autre, peuvent s’installer à côté des sites de production.

Et dans les deux autres domaines ?
Nous voulons aussi installer les bases d’une agriculture durable à Guelmim-Oued Noun. Nous avons déjà de très belles expériences d’agriculture durable dans la région qu’il va falloir renforcer et généraliser.

C’est pour cela que nous demandons d’élargir les périmètres d’irrigation et qu’on a inscrit des périmètres d’irrigation dans les projets des stations de dessalement.

On parle aussi de tourisme. C’est la raison pour laquelle nous avons créé la SDR-Tourisme. C’est très important pour nous, parce qu’il y a un potentiel énorme qui, malheureusement, n’est pas du tout exploité.

Aujourd’hui, je pense que la région mérite de le faire et de s’inscrire dans cette dynamique que connaît le pays dans le domaine. Et il faut effectivement un mécanisme de gouvernance qui puisse piloter ces projets touristiques.

Évidemment, il y a aussi la pêche maritime qui nécessite une mise à niveau des ports. En plus, nous avons lancé un plan d’aquaculture à Sidi Ifni et un autre à Tan-Tan. Là aussi, nous souhaitons vraiment développer la transformation maritime.

La transformation des ressources halieutiques et pas seulement la captation, parce que l’idée est vraiment de créer de la valeur ajoutée.

Le Royaume est en train de réaliser des prouesses dans le domaine du sport. Qu’est-ce qui est prévu dans la région ?
C’est un sujet important. Il faut souligner que la région dispose de 240 kilomètres de plage, ce qui n’est pas négligeable. Et avec la Fédération Royale marocaine de surf & bodyboard, nous sommes en train de construire deux sites de surf à Tan-Tan et à Sidi Ifni.

L’idée est de former de plus en plus de jeunes au surf et d’inscrire ce sport dans la dynamique régionale, comme ce qui se fait aussi sur d’autres plages au Maroc.

Pour ce qui est du football, nous appuyons l’ensemble des équipes régionales pour pouvoir les encourager à aller de l’avant. Nous avons aussi signé avec la FRMF et avec le ministère de l’Éducation nationale une convention pour construire un stade aux normes internationales.

Nous souhaiterions que ce stade vienne en backup pour les grands stades, pour accueillir des camps d’entraînement et autres.

À votre avis, qu’est-ce qui a changé pendant ces 50 dernières années ?
Il y a des changements indéniables ces 50 dernières années. Le plus patent, c’est que nous avons aujourd’hui de vraies villes au Sahara.

Et puis, il faut reconnaître que quand nous parlons du programme de développement intégré des provinces du Sud, nous parlons d’une durée de moins de 10 ans pendant laquelle il y a eu, avouons-le, un saut qualitatif dans le mode de gouvernance, dans la volonté et l’investissement public qui a été réalisé et qui a changé complètement le visage de ces régions.

Les gens qui ont vécu il y a 50 ans dans la région et qui sont encore en vie aujourd’hui le reconnaissent tous. La région est bien connectée et bien dotée en infrastructures. Il y a beaucoup de choses qui ont changé.

Moi-même, je me souviens que nous n’avions pas d’eau potable pendant longtemps. C’était de l’eau salée parfois, et parfois on n’avait pas du tout d’eau. Aujourd’hui, la plupart des foyers sont branchés. Et c’est un changement énorme.

Ce qui a été réalisé en 50 ans n’a jamais été réalisé durant des siècles dans la région. Et il faut le saluer. Il faut saluer tout le travail qui a été fait par le Maroc, dans son ensemble, par toutes les forces vives de la nation, à leur tête SM le Roi.

Franchement, c’est une belle dynamique. Maintenant, tout est en cours de construction, certains projets sont terminés, d’autres sont en cours, mais la vision est là, la trajectoire est bien définie, les mécanismes de gouvernance sont très bien définis aussi.