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Au Royaume

Les trésors du Sud au cœur de Casablanca

Les produits du terroir saharien s’invitent dans les grandes villes : de Dakhla à Casablanca et El Jadida, les richesses culinaires et artisanales du Sud trouvent leur place sur les étals urbains, portées par une dynamique de valorisation des savoir-faire locaux.

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Derrière une vitrine discrète du quartier des Hôpitaux à Casablanca, un parfum d’amande grillée et d’huile d’argan flotte dans l’air. La boutique «Matjar Sahraoui» n’a rien d’un commerce ordinaire : elle rassemble, sous un même toit, les produits du terroir issus des provinces du sud du Maroc.

Huile d’argan, safran de Taliouine, dattes de Tata, poudre de nopal ou encore amlou au miel, lait de chamelle, thé, parfums, pâte de dattes, melhfa et autres gandouras…, chaque article raconte une histoire de désert et de savoir-faire…

Dans la continuité des efforts de développement durable et de valorisation territoriale, les produits du terroir saharien – comme le miel du jujubier, le couscous d’orge, les dattes, les plantes médicinales ou encore les produits cosmétiques à base du henné ou d’argan – gagnent en visibilité dans les grandes villes marocaines.

Ils trouvent désormais leur place dans des marchés bio, des concept-stores, ou lors d’expositions artisanales et foires régionales. Ici, dans cette boutique, ouverte en 2024, tous les produits exposés, sur les étagères en bois clair, nous invitent à un voyage sensoriel entre Dakhla et Taliouine.

Les flacons d’huile d’argan côtoient les sachets de safran finement tressés et les pots d’amlou doré. Chaque produit porte l’étiquette de la coopérative d’origine, avec mention de la région: un gage de traçabilité et d’authenticité.

«Tout ce que vous voyez ici provient de coopératives féminines du Sud», explique avec fierté la gérante du magasin. Elle sillonne les provinces du Sud, de Laâyoune à Tata, pour sélectionner des produits certifiés et labellisés : «Nos huiles sont extraites à froid, sans additifs. Nous travaillons avec la coopérative Tighanimine près d’Agadir, pionnière dans la production d’huile d’argan fiable. Le safran vient de Taliouine, et les dattes de Tata. Nous privilégions les circuits courts», précise-t-elle.

Cette boutique, comme d’autres enseignes spécialisées, redonne vie aux saveurs régionales et connecte les terroirs du Sud au cœur économique du pays.

Une troisième boutique ouvrira bientôt au quartier Bernoussi
Cependant, derrière la démarche commerciale se cache un projet de société. Cette dynamique permet non seulement de soutenir l’économie locale des régions sahariennes, mais aussi de préserver et promouvoir des savoir-faire ancestraux, souvent portés par des coopératives féminines.

Chaque produit vendu dans la boutique soutient directement des femmes du Sud. Les coopératives partenaires regroupent plus de 300 femmes qui vivent aujourd’hui dignement de leur travail.

L’initiative s’inscrit dans la dynamique nationale de valorisation des produits du terroir portée par l’Agence pour le développement agricole (ADA) : promotion des labels, modernisation des emballages et intégration dans les circuits urbains.

Et chaque pot d’amlou ou fiole de safran, par exemple, devient, à sa manière, un lien vivant entre la tradition et la modernité. À travers cette mise en marché élargie, le terroir du Sud s’ouvre à un public plus large, tout en contribuant à une consommation responsable et locale.

C’est pour cela que «Matjar Sahraoui», qui dispose de deux points de vente à Casablanca et El Jadida, élargit son réseau en ouvrant, dans les jours qui viennent, un troisième point de vente au quartier Bernoussi.

Dans la boutique «Matjar Sahraoui», les saveurs sahariennes séduisent les citadins. Le profil des clients est varié : jeunes cadres, expatriés, touristes et familles marocaines sensibles à la qualité et au made in Morocco.

Les produits les plus prisés sont, selon la gérante, «le thé normal et les thés aromatisés, les boissons à base de produits de la ruche destinés à renforcer l’immunité enregistrent beaucoup de vente durant cette période d’automne».

Par ailleurs, se vendent bien également les produits d’hygiène corporelle à base de musc, de henné, de gomme arabique et de Nila. Le miel et les mélanges miel-plantes médicinales sont aussi très demandés par la clientèle qui est essentiellement féminine.

Les prix restent accessibles par rapport à ceux pratiqués dans les enseignes bio et celles dédiées aux produits du terroir. On peut acheter l’huile d’argan alimentaire à partir de 120 DH les 250 ml, le safran de Taliouine est proposé à 70 DH le gramme, amlou artisanal à 90 DH le pot de 250 g, ou encore la poudre de figue de barbarie 60DH le sachet.

Outre ces produits, il est possible de commander des produits ou articles spécifiques, comme le lait de chamelle ou encore la graisse de chameau. «Les produits du Sud ne sont pas seulement bons pour la santé, ils racontent notre identité», note la gérante, qui précise que «chaque vente d’un produit est une opportunité pour nous de raconter au client l’histoire, la particularité ou les traditions de la région dont il provient. On peut même donner des conseils d’utilisation ou des recettes locales».

Ainsi, on apprendra qu’il est bon, en hiver, de mettre un peu de 3 alek (gomme) dans le thé. Ou encore de faire une cure de Takhlita Khoumassia (gelée royale, miel, propolis et gingembre) pour booster son immunité durant l’automne. Pour l’hygiène corporelle, Tabrima à base de Nila est toute recommandée aux jeunes mariées pour une peau blanche et propre.