Au Royaume
L’entrepreneuriat féminin dans les provinces du Sud : Un écosystème en mutation…
Longtemps impliquées dans les secteurs sociaux dans le cadre d’associations ou de coopératives, les femmes lancent des microprojets dans l’agriculture, la pêche, l’artisanat et la mode. L’AFEM Dakhla accompagne cette nouvelle génération de femmes entrepreneures…
Le 12 février 2022, l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM) crée son antenne à Dakhla. Objectif principal : valoriser le rôle central de la femme dans les provinces du Sud.
«Il faut rappeler qu’il s’agit d’une société à forte dimension matriarcale, où les femmes ont toujours joué un rôle important dans la gestion familiale et communautaire», explique Leila Ouachi, responsable de l’AFEM Dakhla, qui compte une quinzaine d’entreprises.
Rappelons qu’historiquement les femmes ont été certes très impliquées dans les secteurs sociaux, au sein d’associations, de coopératives ou encore dans des fonctions électives locales (communes, conseils régionaux…).
Toutefois, l’entrepreneuriat au féminin est une dynamique relativement récente dans les régions du Sud. On assiste aujourd’hui à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneures qui, selon Ouachi, «sont de jeunes femmes, souvent issues de familles déjà investies dans les affaires, qui reprennent le relais ou créent leurs propres structures».
C’est pourquoi le bureau local de l’AFEM s’investit pour valoriser la femme du Sud et son implication dans le développement local, renforcer le soft power politique et sociétal des femmes du Sud, comme symbole d’ouverture et de modernité, accompagner la montée en compétence d’une nouvelle génération de femmes diplômées, qualifiées et désireuses d’autonomie économique.
De petites structures
À Dakhla, les grands secteurs structurants, notamment la pêche, l’agriculture ou encore le tourisme, sont dominés par de grandes entreprises, nationales ou multinationales.
L’entrepreneuriat féminin, quant à lui, s’inscrit, selon l’AFEM, davantage dans la création de TPE et de microentreprises locales.
Les projets portés par ces femmes concernent principalement des petites structures : des espaces de coworking et des activités de services, l’artisanat et les produits du terroir, souvent valorisés à travers la création de marques locales, les domaines de l’esthétique, de la gastronomie et de la mode (notamment la melhfa).
Si certaines femmes travaillent dans les entreprises familiales, d’autres se lancent, quant à elles, dans l’agriculture, dans le cadre de programmes de microprojets, adossés au programme des 5.000 hectares dédiés aux nouvelles exploitations irriguées.
Par ailleurs, Ouachi observe aussi «une présence croissante de femmes venues d’autres régions du Maroc, voire de l’étranger, investissant à Dakhla dans la restauration, l’hôtellerie, le tourisme ou les activités d’animation touristique».
Certaines adhérentes de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc ont ainsi développé, par exemple, des activités de quad, de tourisme sportif ou des unités d’hébergement.
Pour soutenir ces initiatives féminines et accompagner leur développement, la priorité de l’AFEM est d’informer et former les femmes à la gestion d’entreprise, accompagner la création de TPE et de projets d’autoentrepreneures, renforcer le réseau, avec un objectif d’atteindre une cinquantaine d’adhérentes d’ici un an, pour constituer une véritable task-force féminine des provinces du Sud qui serait à la fois force de lobbying, créatrice d’emplois et vecteur d’investissement.
Aussi, l’association souhaite également s’aligner sur les programmes nationaux liés à l’investissement vert, à l’innovation et à l’entrepreneuriat féminin, tels que les dispositifs Impulse, Green ou Innovation.
