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Guelmim-Oued Noun : La nouvelle frontière du développement

Porté par les grands chantiers du Nouveau Modèle de développement des provinces du Sud, le territoire accélère sa transformation. Tourisme durable, économie bleue, énergies renouvelables, infrastructures stratégiques et ouverture sur l’Afrique dessinent le visage d’une région qui ambitionne de devenir l’un des nouveaux moteurs de croissance du Royaume.

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À la croisée des routes sahariennes, des corridors atlantiques et des grands projets de transformation du Royaume, la région de Guelmim-Oued Noun est en train de changer d’échelle.

Longtemps identifiée comme la porte du Sahara, elle s’impose désormais comme l’un des territoires les plus prometteurs du Maroc, conjuguant richesse naturelle, héritage culturel, potentiel économique et vision stratégique.

Située sur plus de 58.000 km² et dotée d’un littoral atlantique de 285 kilomètres, la région rassemble les provinces de Guelmim, Sidi Ifni, Tan-Tan et Assa-Zag.

Son identité s’est construite au fil des siècles autour des échanges commerciaux reliant l’Afrique subsaharienne au nord du Royaume. L’ancienne cité caravanière de Noul Lamta, les routes du commerce transsaharien et les traditions nomades ont façonné un territoire où l’ouverture et la mobilité constituent encore aujourd’hui des marqueurs forts.

Cette histoire nourrit désormais une ambition tournée vers l’avenir. La région bénéficie pleinement de la dynamique impulsée par le Nouveau Modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Doté d’une enveloppe de plus de 77 milliards de dirhams, ce programme a permis l’émergence d’infrastructures modernes et d’une nouvelle vision du développement territorial.

Pour Mbarka Bouaida, présidente du Conseil régional de Guelmim-Oued Noun, la région possède aujourd’hui tous les atouts pour devenir un territoire de référence.

«Longtemps connue comme la porte du Sahara, la région Guelmim-Oued Noun constitue la pierre angulaire du Maroc saharien», souligne-t-elle. Elle rappelle que le Plan de développement régional 2021-2027 vise notamment à faire de la région «une terre d’accueil des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert», tout en consolidant les secteurs traditionnels que sont la pêche, l’agriculture, le tourisme durable et l’artisanat.

Connectée aux grands corridors
Cette ambition s’appuie sur une position géostratégique exceptionnelle. Située au carrefour des échanges entre le nord et le sud du Royaume, la région est directement connectée aux grands corridors de commerce et d’énergie tournés vers l’Afrique de l’Ouest.

La voie express Tiznit-Dakhla, dont près de 300 kilomètres traversent son territoire, renforce son intégration logistique et son attractivité économique. La région est également concernée par plusieurs projets structurants à l’échelle continentale, notamment le gazoduc Nigéria-Maroc et l’Initiative Atlantique pour les États du Sahel.

Mais l’atout majeur de Guelmim-Oued Noun réside probablement dans la diversité exceptionnelle de ses ressources naturelles. Entre désert, océan, montagnes et oasis, le territoire offre un condensé de paysages uniques au Maroc. Cette richesse constitue le socle d’un tourisme durable en pleine émergence.

Des plages spectaculaires de Sidi Ifni aux étendues sauvages de la Plage Blanche, des oasis d’Assa aux reliefs de l’Anti-Atlas, la région dispose d’un potentiel considérable pour séduire les amateurs d’écotourisme, de sports nautiques, de tourisme saharien et de découverte culturelle.

Les projets d’écocampings, de bivouacs et d’écolodges répondent à une demande croissante de voyageurs en quête d’expériences authentiques et immersives.

Le patrimoine culturel renforce cette attractivité. À Tan-Tan, le célèbre Moussem inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco perpétue les traditions nomades à travers les arts équestres, la poésie hassanie et les savoir-faire ancestraux.

À Assa, les ksours et les oasis racontent des siècles d’adaptation à l’aridité. À Sidi Ifni, l’architecture singulière héritée de son histoire et son ouverture sur l’Atlantique offrent un cadre unique au tourisme balnéaire.

Au-delà du tourisme, l’économie bleue constitue un autre levier majeur de développement. Grâce à ses 285 kilomètres de façade maritime, la région bénéficie d’eaux particulièrement poissonneuses et d’une biodiversité remarquable.

Les ports de Tan-Tan et de Sidi Ifni jouent un rôle essentiel dans l’activité halieutique nationale. La pêche maritime représente déjà un pilier économique de premier plan.  Toutefois, les perspectives les plus prometteuses concernent l’aquaculture.

L’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture a identifié 24 sites répartis entre Sidi Ifni, Tan-Tan et Aglou, représentant plus de 5.000 hectares exploitables pour la conchyliculture, la pisciculture et l’algoculture. Cette orientation permet à la région de se positionner sur des marchés d’avenir liés à la sécurité alimentaire et à la valorisation durable des ressources marines.

Les infrastructures se modernisent
Parallèlement, Guelmim-Oued Noun entend devenir un acteur majeur de la transition énergétique nationale. Son ensoleillement exceptionnel, ses vents réguliers et ses vastes espaces disponibles en font l’un des territoires les plus favorables au développement des énergies renouvelables.

Le site de Chbika, près de Tan-Tan, a ainsi été retenu dans le cadre de l’Offre Maroc d’hydrogène vert pour accueillir des projets combinant énergie solaire, énergie éolienne, dessalement d’eau de mer et production d’hydrogène vert destiné à l’exportation.

La région attire déjà de grands groupes nationaux et internationaux. Les consortiums spécialisés dans l’hydrogène vert, les infrastructures énergétiques et les industries innovantes multiplient les annonces d’investissement. Cette dynamique contribue à la création d’un véritable écosystème industriel tourné vers les technologies de demain.

Pour accompagner cette transformation, les infrastructures se modernisent rapidement. Les aéroports de Guelmim et Tan-Tan renforcent la connectivité du territoire.

Le port de Tan-Tan fait l’objet d’un important programme de modernisation, tandis qu’un nouveau port destiné à soutenir les exportations liées aux énergies renouvelables est à l’étude. Les stations de dessalement de Sidi Ifni, Guelmim et Tan-Tan viennent également sécuriser les ressources en eau nécessaires au développement économique.

La région mise également sur le capital humain. Universités, instituts spécialisés, établissements de formation professionnelle et future cité des métiers et des compétences préparent les compétences dont auront besoin les secteurs émergents.

Les formations couvrent déjà les domaines du tourisme, de la pêche, de l’économie bleue, des technologies, des mines, de l’énergie et de la logistique.
Pour Mohamed Assouss, directeur général du Centre régional d’investissement de Guelmim-Oued Noun, cette dynamique confirme l’entrée de la région dans une nouvelle phase de son développement.

«Nous n’attendons pas l’avenir : nous le construisons, projet par projet, avec celles et ceux qui croient au potentiel de ce territoire d’exception», affirme-t-il. En 2025, près de 15,4 milliards de dirhams d’investissements ont ainsi été validés, représentant plus de 6.700 emplois programmés.

À travers cette transformation multidimensionnelle, Guelmim-Oued Noun ne cherche plus seulement à valoriser ses ressources naturelles ou son patrimoine.

La région ambitionne désormais de devenir une plateforme de connexion entre le Maroc, l’Afrique et les grandes transitions économiques mondiales.

Un territoire où se rencontrent histoire et innovation, traditions et technologies, désert et océan, et qui, plus que jamais, regarde vers l’avenir.