Au Royaume
Formation professionnelle : Un tournant vers l’employabilité
En quelques années, la formation professionnelle s’est imposée comme l’un des piliers de la politique d’emploi au Maroc : Hausse spectaculaire des effectifs, explosion de l’apprentissage, déploiement des Cités des métiers et investissements massifs…
Au Maroc, la formation professionnelle est en pleine mutation : loin d’être un simple complément à l’enseignement classique, elle se positionne aujourd’hui comme un levier stratégique d’employabilité et de réponse aux besoins du marché du travail.
Ces quatre dernières années, les chiffres confirment une dynamique forte, portée par des investissements conséquents, une croissance des effectifs et la modernisation des structures, notamment à travers les Cités des métiers et des compétences (CMC).
Selon les dernières données du ministère, près de 746.500 stagiaires sont attendus dans les établissements de formation professionnelle pour l’année 2025-2026, soit une progression de 38% par rapport à 2021-2022.
Sur ce total, 501.400 jeunes suivent une formation initiale, dont 100.000 en apprentissage, un chiffre multiplié par quatre en quatre ans, tandis que 217.400 bénéficient d’une formation qualifiante et 27.700 d’une formation continue.
Cette croissance remarquable se conjugue avec un élargissement de l’offre pédagogique : pour la rentrée 2025-2026, l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) propose plus de 418.000 places pédagogiques dans ses établissements, en nette progression, pour répondre à une demande toujours plus forte des jeunes marocains.

OFPPT : Vers un rôle renouvelé
L’OFPPT, principal opérateur public de la formation professionnelle, joue un rôle central dans cette transformation. Historiquement connu pour ses formations techniques, l’Office s’est réinventé en recentrant ses missions vers une adaptation au marché de l’emploi, une meilleure gouvernance pédagogique et une coopération accrue avec le secteur privé.
Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des places supplémentaires qui sont créées, mais aussi plus de 460 métiers qui sont couverts dans l’offre publique, avec une orientation vers des secteurs porteurs comme le digital, l’énergie, l’industrie et les services.
Parmi les projets les plus emblématiques de ces dernières années figurent les CMC, imaginées comme des plateformes multisectorielles et innovantes.
Lancé dans le cadre de la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle, ce projet prévoit la création de 12 CMC à l’échelle nationale, chacune conçue pour accueillir environ 34.000 stagiaires par an, avec des internats, des espaces d’apprentissage moderne, des ateliers spécialisés et des zones de simulation professionnelle.
Ce projet d’envergure, nécessitant un budget d’investissement estimé à 3,6 milliards de dirhams, symbolise l’ambition du Maroc de faire de la formation professionnelle un véritable moteur de compétitivité territoriale.
Certaines Cités ont déjà vu le jour ou ont entamé leurs activités : les CMC des régions Souss-Massa, l’Oriental et Laâyoune-Sakia El Hamra ont accueilli leurs premières promotions dès la rentrée 2022-2023, avec une capacité globale de 8.380 places pédagogiques, tandis que d’autres sont pleinement opérationnelles aujourd’hui dans des régions comme Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Béni Mellal-Khénifra et Casablanca-Settat.
Des indicateurs en progression
Les chiffres témoignent d’une montée en puissance du secteur: le réseau global de formation compte désormais plus de 2.388 établissements, dont 792 publics et un nombre croissant de centres privés autorisés.
Les effectifs des stagiaires ont grimpé de façon soutenue, marquant une transformation profonde du paysage éducatif professionnel : l’intérêt des jeunes s’exprime aussi dans des ratios d’accès élevés, où plusieurs candidats se disputent chaque place.
En parallèle, le Maroc mise sur l’apprentissage en entreprise comme vecteur d’insertion : en 2025, près de 39.000 emplois ont été générés dans ce cadre, soulignant l’efficience de ce dispositif en termes d’employabilité.
Au-delà des chiffres bruts, ces avancées traduisent une dynamique concrète d’ouverture vers le tissu économique.
La formation professionnelle, jadis jugée secondaire, devient un pilier de l’inclusion socioéconomique, capable de réduire les écarts entre l’offre éducative et les besoins réels du marché.
Les partenariats avec les entreprises, l’élargissement des filières et l’introduction de modules axés sur les compétences du 21ᵉ siècle contribuent à faire de ces formations des passeports vers l’emploi, pour des milliers de jeunes qui y voient désormais une véritable chance d’avenir.
