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Système de santé : Une révolution en douceur

Dès le mois de septembre prochain, la réforme de la santé sera déployée, à travers ses quatre piliers, à Tanger-Tétouan-Al Hoceima. La région verra l’entrée en fonction du premier groupement sanitaire territorial (GST), l’application du nouveau cadre des RH, la réalisation des centres hospitaliers et la digitalisation de tout le système.

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Lundi 7 juillet, à Casablanca-Settat, le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a présidé le lancement des services d’une dizaine de centres de santé urbains et ruraux dans les préfectures et provinces de la région. Cela va des centres de diagnostic et de traitement des maladies respiratoires aux centres hospitaliers du premier et deuxième niveau, urbains et ruraux.

Ces établissements de santé de nouvelle génération fourniront des services médicaux et thérapeutiques à une population cible de plus de 821.000 habitants. Ils sont tous dotés de matériels et dispositifs médicaux avancés ainsi que de ressources humaines nécessaires – au moins un médecin et deux infirmiers – pour un fonctionnement normal dès leur mise en service.

Ce n’est pas extraordinaire, cela est même devenu une activité routinière pour le ministre. Et c’est la réalité sur le terrain. La même réalité exposée, ce jour-là par le chef du gouvernement devant les députés de la première Chambre dans le cadre d’une séance plénière de questions de politique générale.

Une nouvelle réalité que les Marocains, un peu partout dans le Royaume, commencent à constater de visu. Il y a un temps, rappelle le chef du gouvernement, le Maroc disposait d’à peine quatre CHU. Aujourd’hui, presque toutes les régions disposent d’un centre hospitalier universitaire, certains sont déjà ouverts, d’autres en cours et d’autres encore en stade de prélancement des travaux de construction.

Qui plus est, dans certaines villes, deux CHU peuvent se côtoyer, un public et un promu par des investisseurs privés. À Rabat, quatre CHU sont actuellement en chantier, dont deux en phase d’achèvement. En parallèle, les ressources humaines seront fournies par les facultés de médecine publiques (une dans chaque région) et privées.

C’est que pour la première fois de l’histoire du Maroc, des acteurs privés du secteur de la santé s’aventurent aussi loin des grands pôles urbains. La carte sanitaire n’a jamais été aussi élargie en perspective de l’entrée en fonction des GST, dont le premier vient tout juste d’être lancé à Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

La réforme n’est ni à ses débuts ni totalement achevée. On est quelque part au milieu d’un processus qui s’améliore chemin faisant. Et c’est tellement normal que le secteur privé attire plus de patients. À terme, on devrait arriver à un équilibre entre les deux offres, et même un avantage pour le secteur public.

Certaines pratiques sont amenées à disparaître, les médecins du secteur public seront plus prompts à réaliser de plus en plus des interventions dans l’hôpital public, parce que leurs indemnités seront bonifiées selon le nombre d’actes pratiqués. Pour le patient, le problème ne se pose plus.

Avec son identifiant fourni par la CNSS, qui va centraliser tout le processus, il pourra s’adresser à l’établissement de soins de son choix, qu’il soit public au privé, avec la garantie de recevoir le même traitement et la même qualité de soins. Dans son programme, le gouvernement avait promis, entre autres, de réhabiliter pas moins de 1.400 centres hospitaliers et établissements de santé pour une enveloppe de 6,4 milliards de dirhams.

Aujourd’hui, 949 établissements ont été réhabilités. À fin 2025, le programme de réhabilitation des 1.400 centres hospitaliers sera totalement achevé, soit une année avant l’échéance initiale. Évidemment, tout le monde devrait être couvert par l’AMO.

Le gouvernement ne peut pas prétendre à sa généralisation totale en imposant aux citoyens d’y adhérer, mais il a mis en place tous les dispositifs possibles et imaginables pour que toutes les catégories sociales, quelle que soit leur situation, puissent en bénéficier. Ce qui a été accompli dans le secteur relève, à tous les égards, de l’inédit.

Piliers de la réforme
Pour la première fois dans notre pays, la réforme de la santé répond à une vision claire. Pour la première fois aussi, on a une feuille de route claire, basée sur quatre piliers : la gouvernance, les ressources humaines, l’infrastructure et la digitalisation.

En termes de gouvernance, on est passé de l’élaboration des textes juridiques (cinq projets de loi structurants et réglementaires) à leur mise en œuvre sur le terrain avec la mise en place, à travers les GST, d’une nouvelle configuration de la politique sanitaire.

En matière des ressources humaines, un nouveau statut de la fonction sanitaire a été adopté, les salaires ont été revalorisés avec une composante indexée sur le rendement de chacun. Les ressources humaines, c’est aussi une problématique d’effectifs qui pouvait être évitée si, dix ans plutôt, une politique sérieuse avait été engagée.

Il fallait donc rattraper ce retard. Et le gouvernement y travaille. En 2020, le Maroc comptait 1,7 professionnel de la santé pour 1.000 habitants. Cinq ans plus tard, on est à 2,05. Et selon les engagements actuels, on va atteindre 2,5 à compter de 2026. En 2030, on va répondre pleinement aux normes de l’OMS.

En termes plus concrets, dans une région comme Guelmim, où peu de médecins fraîchement diplômés postulent généralement, la première promotion de la faculté de médecine va sortir en 2029. À partir de cette année, et durant les années qui suivent, 100 médecins, issus de cette région, vont ainsi y être affectés.

Pour ce qui est des infrastructures, chaque région dispose d’un CHU, dont certains encore en projets, en plus de la réhabilitation des Centres hospitaliers régionaux et l’ouverture des hôpitaux provinciaux.

S’agissant de la digitalisation, chantier stratégique qui va changer la configuration du système de santé, une première expérience sera déployée à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, prise comme région pilote pour les GST. Elle consiste en l’interconnexion dans un réseau du CHU des centres hospitaliers régionaux et provinciaux, des hôpitaux de spécialités et des centres de santé du premier et deuxième niveau.

Tout comme pour le GST et le nouveau statut des fonctionnaires, notamment dans son volet rémunération mobile, la digitalisation du système de santé sera effective à compter du mois de septembre prochain. Tout cela a pu être réalisé en moins de quatre un. C’est, pour reprendre les termes du chef du gouvernement, une révolution en douceur dans le système de la santé à laquelle on assiste aujourd’hui.

 


Des médicaments «100% made in Morocco»
L’Agence des médicaments, récemment créée, vient tout juste de tenir son premier conseil d’administration. Elle est officiellement entrée en service. Sa mission principale est de contribuer à la souveraineté sanitaire en matière de médicaments.

Pour ce faire, le terrain est déjà balisé. Le Maroc produit actuellement près de 70% de ses besoins. Le Royaume a également développé une industrie des médicaments génériques qui couvre 40% de la consommation nationale, offrant ainsi aux citoyens des traitements efficaces à des prix abordables.

Le gouvernement a élaboré une feuille de route ambitieuse qui comporte, entre autres, des incitations accordées aux investisseurs. Ce qui a permis la création de 53 unités industrielles spécialisées qui viennent s’ajouter à l’usine de production de vaccins de Benslimane, entrée aujourd’hui en activité.

Ce projet ambitieux permettra au Maroc de répondre à une part importante de ses besoins nationaux et ceux du continent africain, programmés dans le calendrier national de vaccination. Environ 5,5 millions de doses devraient être produites au cours des années 2025 et 2026.