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Rabat-Paris : Un partenariat d’exception tourné vers l’avenir

Le Maroc et la France ouvrent un nouveau chapitre dans le narratif d’une relation d’exception. Ce lundi 28 octobre, le Roi Mohammed VI accueille le président français Emmanuel Macron à l’aéroport de Rabat. Accueil solennel comme seul le Royaume sait le faire.

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Lndi 28 octobre, en fin d’après-midi, les projecteurs se tournent vers le Mechouar. La symbolique et l’émotion se conjuguent au passé millénaire, au présent et au futur d’une relation d’exception entre Paris et Rabat.

La capitale s’est ornée des drapeaux de deux pays qui ont une histoire en partage et un avenir en commun. Sur invitation du Souverain, le locataire de l’Élysée est au Maroc pour une visite d’État de trois jours.

Un couronnement d’un processus de relance et de consécration d’un partenariat d’exception. Certains observateurs évoquent une inflexion. Les plus avisés adoptent le terme «partenariat d’exception renforcé». La déclaration, signée, ce lundi soir au Palais royal, par les deux Chefs d’État, est sans ambages.

Le Roi Mohammed VI et le président Macron «ont décidé (…) d’écrire un nouveau chapitre dans la longue histoire entre la France et le Maroc, en portant la relation entre les deux pays au niveau d’un “Partenariat d’exception renforcé”». En matière politique, les analystes auraient saisi la portée stratégique de l’énoncé ainsi formulé.

Plus encore, les deux Chefs d’État marquent «leur ambition commune» que ce partenariat «reflète la profondeur des relations entre les deux pays», «leur volonté partagée de construire sur les acquis et les complémentarités du partenariat pour le projeter de manière irréversible vers une nouvelle phase, dans des secteurs stratégiques répondant aux transformations des deux pays comme aux bouleversements du contexte régional et international».

Il ne faut pas être devin pour comprendre que, à ce niveau, on sort du purement bilatéral pour entrer dans des dimensions «extra-bilatérales». Plus encore, la déclaration relève la résolution des deux Chefs d’État à «agir en tant que partenaires stratégiques dans tous les domaines, notamment du dialogue politique, le partenariat économique et les échanges humains».

La Déclaration va encore plus loin lorsqu’elle met en exergue que les deux Chefs d’État réaffirment que «l’action conjointe de leurs pays sur les plans bilatéral et international resterait fondée sur les principes suivants : la relation d’État à État, l’égalité souveraine, la non-ingérence dans les affaires internes, et les choix de politique étrangère, le respect des engagements pris, la confiance, la transparence, la consultation précoce, la solidarité et la responsabilité de chacun envers l’autre».

Le chemin est ainsi balisé pour ce «Partenariat d’exception renforcé» qui devra impulser une forte dynamique à la relation Maroc-France qui se voit, également, apporter un grand coup de boost par le truchement de la signature de 22 accords économiques.

Opportunité historique
En effet, ce même lundi, plusieurs accords ont été signés. Une vingtaine en somme portant sur pas moins de 10 milliards d’euros. Et qui concernent les secteurs prioritaires pour le Royaume, dont la transition énergétique, l’éducation et la formation, l’aéronautique, l’industrie culturelle et créative, le transport ferroviaire, ainsi que l’infrastructure portuaire.

Autant dire le caractère multidimensionnel de la coopération maroco-française historiquement ancrée. Outre l’économique, mardi 29 octobre a constitué un nouveau marqueur.

Le président français était au pupitre du Parlement marocain. En effet, dans un discours livré devant les membres des deux Chambres du Parlement, Emmanuel Macron a réaffirmé la position de la France sur la question du Sahara marocain. Les éléments du discours sont on ne peut plus clairs, tranchés et ne prêtent à aucune interprétation : «Pour la France, le présent et l’avenir de ce territoire s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine.

L’autonomie sous souveraineté marocaine est le cadre dans lequel cette question doit être réglée». Soulignant son propos, le président français insistera que le plan d’autonomie, proposé par le Royaume en 2007, est «la seule base de discussion pour une solution durable et négociée, en adéquation avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies».

Dans cette même veine, Macron soulignera que Paris s’engage à «accompagner le Maroc dans les instances internationales». Aujourd’hui, c’est une fenêtre d’opportunités que les deux pays ouvrent vers l’avenir.

Et comme l’a souligné le Chef d’État français devant les élus, «c’est une opportunité historique, oui, je dirais même un devoir stratégique, de construire entre nos deux pays, mais aussi entre l’Union européenne et le Maghreb, et au-delà, l’Afrique, un projet qui offre à nos peuples, à nos économies, la possibilité d’une prospérité, d’une sécurité, d’un horizon absolument nouveau».

Le Maroc et la France «ont aujourd’hui vocation à jeter les fondations d’un partenariat d’exception renforcé entre nos deux pays et proposer aux générations des 25 prochaines années ce nouveau livre lucide, lucide sur le passé, mais tourné vers l’avenir».


Une vision «win-win»
Le volet économique vient sceller l’engagement politique. Sur les 22 accords, d’une valeur de plus de 10 milliards d’euros, qui ont été signés à l’occasion de cette visite, une demi-douzaine au moins épousent la nouvelle dynamique économique du Royaume.

Dans les infrastructures, l’ONCF a signé avec Alstom pour la fourniture de 18 rames pour la nouvelle ligne LGV Kénitra-Marrakech. La compagnie maritime CMA CGM crée avec Marsa Maroc une joint-venture pour l’exploitation de la moitié du terminal conteneur de Nador West Med.

Pour renforcer sa politique de décabonation, le groupe OCP s’est associé à l’AFD et à BpiFrance. Dans le même sillage,
TotalEnergies ouvre le bal pour la nouvelle ère énergétique, avec la signature du premier contrat préliminaire pour la production de l’hydrogène vert. Quant au groupe Safran, il renforce sa présence au Maroc avec la création d’un atelier de maintenance à Casablanca pour le moteur LEAP.

Cela au moment où le groupe Véolia a signé un protocole d’accord pour un projet de dessalement d’eau de mer qui sera le plus grand d’Afrique et le deuxième plus grand au monde.