Evénement
PLF 2026: La voie du Maroc émergent
Le projet de Budget pour l’année 2026 pose les jalons d’une nouvelle étape de développement, marquée par le lancement d’une génération inédite de programmes et de réformes. Objectif : accélérer la dynamique du Maroc émergent.
Il était très attendu, il n’a pas déçu. Élaboré en droite ligne des orientations royales, le projet de Loi de finances pour l’année 2026 marque un véritable tournant en faveur de l’accélération du processus de développement multidimensionnel du Royaume.
«Le PLF trace les contours d’une nouvelle phase où croissance économique, justice sociale et équité territoriale s’articulent pleinement», a résumé Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, lors de son exposé devant les deux Chambres du Parlement.
Une ambition d’émergence confortée par la dynamique de croissance soutenue et régulière que connaît le Royaume ces dernières années et qui devrait se maintenir l’an prochain (voir encadré).
Consolider les acquis économiques
Pour atteindre ses objectifs, le PLF 2026 s’appuie sur quatre piliers majeurs. La consolidation des acquis économiques pour conforter la place du Maroc parmi les nations émergentes est le premier d’entre eux. Cela passe d’abord par l’accélération du déploiement des chantiers structurels et des stratégies sectorielles.
Sur ce volet, le gouvernement s’érige encore une fois en locomotive de l’investissement avec une enveloppe d’investissement public avoisinant les 380 milliards de dirhams. Un record ! Le gouvernement orientera cet effort d’investissement vers le financement de projets d’infrastructures prioritaires.
La ministre a cité notamment les projets d’infrastructures de transport (LGV, routes et autoroutes, ports de Dakhla et Nador, extension des aéroports, etc.), ainsi que les mesures visant à garantir l’approvisionnement en eau potable.
Sur ce volet, Fouzi Lekjaâ, ministre du Budget, a précisé en Commission des finances que 16 MMDH seront consacrés aux programmes hydriques, dont la construction de 16 barrages. Une attention particulière est par ailleurs accordée à l’accélération de la mise en œuvre des stratégies sectorielles, en particulier l’agriculture, l’industrie, le tourisme, le numérique, ainsi que la transition vers les énergies vertes.
En parallèle, le gouvernement compte dynamiser davantage l’investissement privé à travers plusieurs leviers, notamment l’amélioration du climat des affaires, la consolidation du rôle du Fonds Mohammed VI pour l’investissement ou encore la réforme du secteur financier.
Développement territorial intégré
L’une des grandes nouveautés de ce PLF est le lancement d’une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, avec l’objectif d’assurer un impact tangible des investissements publics sur la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Fouzi Lekjaâ a annoncé dans ce sens la création d’un fonds de développement doté de 20 MMDH. Dès 2026, des actions prioritaires à fort impact social et territorial seront déployées, ciblant en priorité les territoires vulnérables, comme les zones montagneuses.
L’objectif est d’améliorer rapidement les services essentiels, notamment ceux d’accès à la santé et à l’éducation, mais aussi ceux d’infrastructures de base. Un intérêt particulier sera accordé au déploiement du Programme national de développement intégré des centres ruraux émergents, ciblant 36 centres pilotes pour une enveloppe globale de 2,8 MMDH.
La création d’emplois pérennes est au cœur de ces nouveaux programmes : 2 MMDH sont budgétisés pour le soutien aux TPME, tandis que 1,4 MMDH et 1 MMDH sont prévus pour améliorer respectivement les mécanismes de médiation et le système de formation.
L’effort budgétaire destiné aux secteurs de la santé et de l’éducation nationale est, quant à lui, renforcé pour atteindre une enveloppe totale de 140 MMDH (42,4 MMDH pour la santé et 97,1 MMDH pour l’éducation), soit une hausse combinée de 21 MMDH par rapport à 2025, en plus de la création de plus de 27.000 postes budgétaires en faveur des deux secteurs.
Consolidation des piliers de l’État social
Dans un contexte marqué par des défis économiques, climatiques et sociaux majeurs, le gouvernement poursuivra la consolidation des piliers de l’État social. La généralisation de la protection sociale se trouve au cœur de cette démarche. En 2026, l’État prendra en charge les cotisations de près de 11 millions de citoyens issus des catégories démunies, pour un montant de 10,5 MMDH.
Côté action sociale et aide aux ménages, l’Exécutif veillera à la continuité de ses efforts pour soutenir le pouvoir d’achat et garantir la stabilité des prix des produits de base en allouant 14 MMDH à la compensation (gaz butane, sucre et blé tendre).
Le programme d’aide au logement mobilisera, lui, 9,6 MMDH. Par ailleurs, la mise en œuvre des dispositions du dialogue social se poursuivra, pour un effort budgétaire cumulé qui s’élèvera à 49,25 milliards de dirhams à l’horizon 2027.
Préservation des équilibres des finances publiques
Cet ancrage des piliers de l’État social sera mené de pair avec la poursuite des grandes réformes structurelles, notamment celles relatives à la justice, l’Administration, les établissements publics et de la régionalisation avancée, ainsi que la préservation des équilibres des finances publiques.
Sur ce point, les efforts engagés ont déjà permis une réduction progressive du déficit budgétaire qui devrait s’établir à 3,5% du PIB en 2025, conformément aux prévisions initiales. Cette amélioration a permis au Royaume de consolider sa crédibilité financière et sa position sur les marchés internationaux.
En témoigne le reclassement de la dette souveraine du Maroc dans la catégorie «Investment Grade» par Standard & Poor’s. L’assainissement budgétaire devrait encore se poursuivre en 2026, avec un déficit budgétaire de 3% du PIB attendu en 2026, grâce notamment à l’amélioration notable des recettes fiscales qui devraient culminer à 376 MMDH en 2026 (contre 359 MMDH en 2025 et 207 MMDH en 2020).
La dette du Trésor suivrait la même tendance que le déficit budgétaire, passant de 67,7% du PIB en 2024 à 67,4% en 2025 et 65,9% en 2026.
Une dynamique de croissance confirmée
Les performances de l’économie nationale sont bien orientées, portées par le dynamisme des activités non agricoles. Après 4,8% en 2025, la croissance devrait rester vigoureuse en 2026 avec un taux projeté de 4,6%.
Ces projections se basent sur un ensemble d’hypothèses portant sur l’environnement national mais aussi sur des éléments d’incertitude qui pèsent encore sur l’évolution de la conjoncture chez les principaux partenaires commerciaux du Maroc, notamment en Europe.
Ainsi, le PLF a été élaboré sur la base d’une production céréalière à 70 millions de quintaux, d’un cours moyen du gaz butane à 500 dollars la tonne, d’une inflation moyenne de 2%, d’une parité euro/dollar à 1,110 et d’une demande extérieure adressée au Maroc en hausse de 2,3%.
