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Maroc–États-Unis : Une nouvelle ère commence

L’investiture, le 20 janvier, du Président Trump signifie beaucoup pour le Maroc, aussi bien sur le plan politique, économique que géopolitique. Le partenariat stratégique entre les deux pays est appelé à connaître un bond en avant.

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Le 20 janvier, Aimee Cutrona a pris officiellement ses fonctions en tant que Chargée d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Rabat. Elle succède à l’ambassadeur Puneet Talwar, dont le mandat s’est achevé le 19 janvier, en attendant la nomination de son successeur.

Le changement est rapide. Voilà la première incidence directe de l’arrivée du 47e Président à la Maison-Blanche. Autre signal, fort significatif, quelques heures à peine avant son investiture, la CIA met à jour sa carte officielle confirmant ainsi la reconnaissance du Sahara comme partie intégrante du territoire national.

Marco Rubio, officiellement confirmé en tant que secrétaire d’État, a loué le développement économique du Maroc et sa contribution à la lutte antiterroriste durant sa confirmation au Sénat.

Le nouveau chef de la diplomatie américaine a notamment déclaré : «Si vous regardez vers l’ouest de l’Afrique, il y a de réelles opportunités, pas juste sur l’antiterrorisme, mais sur le développement économique. Je pense au Maroc, où nous avons fait beaucoup de progrès, grâce aux Accords (d’Abraham), mais aussi grâce à une relation bilatérale qui continue de se développer».

Sa position semble marquer la continuité avec la décision de 2020 de l’administration Trump de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara et surtout sa détermination à mettre en exécution l’ensemble des points de la déclaration tripartite. C’est l’un des proches collaborateurs du Président réélu qui s’est ouvertement déclaré en faveur du Maroc et de ses intérêts.

Il s’est fait connaître auprès des Marocains pour avoir, alors sénateur de Floride, adressé, il y a deux ans, une lettre à son prédécesseur l’appelant à imposer des sanctions à l’Algérie. Il n’est sans doute pas le seul proche collaborateur du Président Trump sur lequel le Royaume peut compter pour redynamiser les relations entre les deux pays.

La nomination de Richard Grenell – l’architecte de la reconnaissance historique par les États-Unis de la marocanité du Sahara– au poste d’Envoyé personnel du Président américain, pour «les missions spéciales», n’a pas été assez commentée.

Pourtant Grenell avait proposé de retirer définitivement la question du Sahara marocain de l’agenda de la Quatrième Commission des Nations unies. Promoteur des Accords d’Abraham, il a activement soutenu la conclusion des Accords d’Abraham, il ne ménagera sans doute pas d’effort pour les remettre à nouveau sur orbite.

Plus vaste collaboration stratégique
Selon certaines sources, «il s’était personnellement déplacé au Maroc en septembre 2020 pour un entretien avec le Roi Mohammed VI, sans expliciter la raison précise de sa visite». Conseiller en politique étrangère sous Donald Trump, Richard Grenell a été un ardent défenseur de la marocanité du Sahara.

«Grâce à son influence et à ses efforts diplomatiques, les États-Unis ont pris la décision historique, en décembre 2020, de reconnaître officiellement la souveraineté marocaine sur le Sahara», rappelle-t-on. Des propos qui font penser à un autre proche du Président américain, son propre gendre Jared Kushner, qui «conseillera de loin» le président, affirme-t-on.

Selon les médias, il reste impliqué en coulisses, conseillant Trump sur sa stratégie au Moyen-Orient, aidant à sélectionner les personnes nommées et guidant certains membres du cabinet pendant la transition. Il est notamment «très, très proche» de la nouvelle cheffe de cabinet de Trump, Susie Wiles.

D’aucuns affirment sans l’ombre d’un doute que le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche marque un tournant dans la politique étrangère américaine et «une occasion en or pour le Maroc». Et pour cause, après quatre ans de progrès limités sous Biden, pour ne pas dire du surplace, tout porte à croire que le partenariat entre les deux pays sera revitalisé, à divers niveaux.

On pourrait même s’attendre à un remodelage complet des paysages économiques et géopolitiques de la région. Les relations entre les États-Unis et le Maroc sont sur le point d’atteindre des niveaux encore plus élevés, confirmant la position du Maroc en tant qu’acteur régional clé et principal allié des États-Unis en Afrique.

Et la reprise commence déjà bien. «J’ai eu l’honneur d’assister aujourd’hui à la cérémonie de prière pour la nation, qui a suivi l’investiture du Président Donald Trump. Ce fut un privilège de rencontrer Mike Johnson, le président de la Chambre des représentants, et plusieurs personnalités clés de la nouvelle administration.

Ce moment renforce la force de l’alliance historique entre le Maroc et les États-Unis alors que nous envisageons d’approfondir notre partenariat dans les années à venir», commente Youssef Amrani, ambassadeur du Royaume à Washington. Ensemble, s’enthousiasme-t-il, «nous sommes impatients d’explorer des horizons encore plus vastes de collaboration stratégique».


Impact économique
Le retour de Donald Trump aura sans doute un impact économique sur le Maroc. À la signature de la déclaration tripartie, en 2020, il avait été question de 3 milliards de dollars d’investissements pour le Maroc dans des secteurs tels que l’hôtellerie, les énergies renouvelables et la banque.

Avec sa réélection, tout porte à croire que la promesse sera finalement tenue. Cela d’autant plus que des projets comme le port Dakhla Atlantique et ceux relatifs à d’hydrogène vert pourraient bénéficier d’un financement américain important, à travers notamment l’International Development Finance Corporation (DFC), un fonds souverain, qui a annoncé récemment l’ouverture d’une antenne au Maroc.

Par ailleurs, la politique de renforcement de la production du pétrole et du gaz prônée par Trump est susceptible de faire baisser les cours mondiaux, de réduire les coûts de la facture énergétique pour le Royaume. Un dollar américain fort pourrait aussi rendre l’économie marocaine stable et axée sur la croissance, encore plus attrayante pour les investisseurs américains. Enfin, le retour de Trump pourrait signifier également l’augmentation des aides au développement pour le Maroc.