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Evénement

Maroc-Banque mondiale : 15 milliards de dollars pour un nouveau cadre de partenariat

Le nouveau cadre de partenariat prévoit une enveloppe indicative de l’ordre de 15 milliards de dollars sur une période de dix ans. La Banque mondiale mise sur ce nouveau cadre pour aider le Maroc à réussir le passage d’un modèle de croissance, tiré par l’investissement public, vers une économie plus solide, portée par le secteur privé. Éclairage.

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Le partenariat solide entre le Maroc et la Banque mondiale, qui dure depuis 65 ans, ne cesse de se renforcer. Pour preuve, l’institution de Bretton Woods et le gouvernement ont annoncé récemment l’adoption d’un nouveau cadre de partenariat, dont la présentation officielle est prévue le 16 juillet.

Il vise l’accélération de la prochaine phase de croissance et de création d’emplois du pays, tout en soutenant les priorités de développement ambitieuses du Royaume ainsi que sa vision d’une économie plus inclusive, compétitive et résiliente. «Ce nouveau cadre de partenariat marque une étape décisive pour le Maroc.

Ce qui le distingue, c’est sa nature structurante: il aligne ainsi financements publics et privés, connaissances et réformes autour d’une vision commune pour l’avenir du Royaume», déclare en substance Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances. Et d’ajouter :
«La création d’emplois est au cœur de cette ambition partagée. Avec un partenaire qui nous aide à bâtir les fondations de demain, le Maroc va de l’avant».

Trois axes moteurs
Le cadre de partenariat-pays (ou CPF selon l’acronyme en anglais), lequel ouvre un nouveau chapitre de collaboration, est parfaitement aligné sur le Nouveau modèle de développement (NMD) du Maroc, la feuille de route du Royaume pour une économie plus dynamique, plus équitable et plus résiliente.

«Il traduit une ambition commune d’accompagner le Maroc dans sa transition d’un modèle de croissance, tiré par l’investissement public, vers une économie plus solide, portée par le secteur privé, qui génère davantage d’emplois et de meilleure qualité, en particulier pour les jeunes et les femmes», explique la Banque basée à Washington.

Ceci dit, l’objectif central et transversal du nouveau CPF est de créer plus d’emplois de meilleure qualité pour tous. Et pour l’atteindre, le partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale avec le Maroc s’articulera autour de trois axes.

Le premier consiste à accroître la compétitivité des entreprises en réduisant les obstacles réglementaires, en renforçant la concurrence sur les marchés et en élargissant l’accès au financement pour les PME.

Le deuxième ambitionne de développer des villes et des territoires mieux connectés et plus inclusifs, en réduisant les disparités géographiques et en améliorant l’accès aux marchés et aux services dans les zones urbaines et rurales.

Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement du capital humain. Il passe par l’appui aux réformes de l’éducation, à la couverture sanitaire universelle et à l’extension du système de protection sociale. Il importe de préciser que ce nouveau mécanisme de partenariat repose sur un engagement à produire des résultats visibles, mesurables et tangibles pour la population marocaine.

«Le suivi des progrès réalisés se fera à l’aide d’indicateurs concrets : les emplois créés, les investissements privés mobilisés, l’accès accru aux soins de santé et à une éducation de qualité, et la meilleure protection des communautés vulnérables face aux chocs climatiques», est-il indiqué.

À noter que la Banque mondiale mettra en œuvre cette stratégie en combinant trois leviers d’action : prêts, expertise technique et mobilisation de capitaux privés.

15 milliards de dollars sur 10 ans
Côté méthodologie, l’implémentation du CPF va dans la droite ligne de l’approche «One WBG» (Groupe de la Banque mondiale unifié), caractérisée par des interventions séquencées et mutuellement bénéfiques de la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement), de l’IFC (Société financière internationale) et de la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements).

Concernant le financement, le nouveau cadre de partenariat prévoit une enveloppe indicative de la BIRD de l’ordre de 15 milliards de dollars sur une période de dix ans, reflétant le renforcement de l’engagement de l’institution au Maroc.

Pour leur part, l’IFC et la MIGA mobiliseront des investissements privés à grande échelle et fourniront des garanties, notamment des assurances contre les risques politiques et des instruments relevant de la plateforme de garanties du Groupe de la Banque mondiale.

L’objectif étant de réduire les risques des projets et d’attirer des capitaux privés grâce à des interventions conjointes dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. Dans le même ordre d’idées, le développement continu du marché des capitaux marocain jouera également un rôle crucial.

«Des partenariats stratégiques avec d’autres institutions financières internationales et des bailleurs de fonds bilatéraux amplifieront l’impact grâce à une coordination du séquençage des réformes, du financement et du partage des connaissances, ainsi qu’à une délimitation plus claire des rôles, afin de favoriser le passage à l’échelle et d’éviter les doubles emplois», assure la Banque mondiale.

Réussir la mise en œuvre
D’après le Groupe qui fédère 189 États membres, lors de la mise en œuvre du CPF, l’accent sera mis sur la clarté, la coordination et la facilité d’accès à ses instruments par le biais d’interventions conjointes, de consultations sectorielles et de modèles d’implémentation plus agiles.

«Un dialogue structuré avec les acteurs du secteur privé et de la société civile orientera la mise en œuvre, facilitera les ajustements nécessaires et renforcera l’appropriation ainsi que les résultats», renseigne-t-on.

Concrètement, la mise en œuvre du CPF s’appuiera sur une démarche de planification opérationnelle annuelle (ABPE), assortie d’examens annuels visant à évaluer les progrès, à ajuster les priorités et à renforcer l’efficacité de la mise en pratique.

Ces examens s’appuieront sur la performance du portefeuille, les travaux d’analyse (ASA), l’évolution du pipeline de projets de l’IFC et de la MIGA, ainsi que sur les retours d’information structurés émanant des citoyens, des acteurs du secteur privé et des partenaires de développement.

Last but not least, le CPF intégrera une gestion adaptative fondée sur des données et des éléments probants actualisés en temps réel. «Cet objectif sera atteint grâce à un partage accru des données, à l’interopérabilité des systèmes et à une utilisation plus large de sources de données alternatives et ouvertes, afin de renforcer le suivi et la redevabilité», peut-on lire dans le document du Groupe bancaire.


Atténuer les multiples risques
La Banque mondiale est formelle : les risques liés au cadre macroéconomique, aux parties prenantes et aux capacités institutionnelles sont jugés substantiels sur l’horizon du CPF (dix ans). A contrario, les risques à court terme demeurent, selon elle, modérés en raison de la relative stabilité des fondamentaux macroéconomiques du Maroc.

La hausse des dépenses récurrentes, notamment dans les secteurs sociaux et les infrastructures, conjuguée aux besoins élevés en dépenses publiques liés à des événements internationaux majeurs et à des réformes prioritaires, ainsi qu’aux chocs externes potentiels, pourrait restreindre la marge de manœuvre budgétaire et peser sur la croissance.

«Le CPF atténuera ces risques grâce à un suivi macroéconomique étroit, à un soutien aux réformes et à un financement flexible et bien séquencé, ainsi qu’à un dialogue politique soutenu», rassure l’institution de Bretton Woods.