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Les Marocains, qui sont-ils, comment vivent-ils ?

Les résultats détaillés du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) mettent l’accent sur l’évolution de la démographie marocaine sur bien des aspects. Tour d’horizon des points saillants.

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Il est un constat à tirer des données approfondies du recensement, telles que publiées par le Haut-commissaire au plan, Chakib Benmoussa: c’est l’essoufflement de la progression de la population marocaine, la baisse de la fécondité, la réduction de la taille des ménages et l’accélération du vieillissement.

En effet, alors qu’il a augmenté de 1,25% entre 2004 et 2014, la population légale au Maroc ne s’est accrue que de 0,85% dix années plus tard, pour atteindre 36,8 millions d’habitants. «Le pays ne devrait atteindre son pic démographique que vers 2048 ou 2050, où la population pourrait compter 40 millions de personnes», avait commenté Benmoussa.

Il faut dire que la baisse du taux d’accroissement de la population s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par la diminution continue de la fécondité. L’Indice synthétique de la fécondité (ISF), exprimé en nombre moyen d’enfants par femme, s’est situé à 1,97, alors qu’il était à 2,2 en 2014 et 2,5 en 2004. Il est donc nettement inférieur au seuil de remplacement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme.

Cette baisse de la fécondité intervient même si l’âge moyen des femmes au premier mariage a diminué de 25,7 ans à 24,6 ans, résultat d’une utilisation plus large des moyens contraceptifs. Le corollaire de ces résultats est l’accélération du vieillissement de la population.

La pyramide des âges enregistre, en effet, un inversement marqué par la baisse de la part des jeunes de moins de 15 ans, passant de 28,2 à 26,5% et de celle en âge d’activité entre 15 et 59 ans, à 59,7% contre 62,4%. En revanche, la part des personnes âgées d’au moins 60 ans s’est accrue de manière spectaculaire, de 4,6%, atteignant 5 millions.

Leur proportion dans la population globale pointe à 13,8%, en hausse de 4,4 points. Cette situation pose des défis importants en matière de prise en charge des besoins spécifiques des personnes âgées, notamment dans les domaines de la santé, de la protection sociale et des infrastructures sociales adaptées.

Qu’en est-il alors du nombre de ménages ? Avec une hausse de 2,4%, plus importante que celle de la population, notons-le, les ménages ont totalisé 9,2 millions. Dans cette conjoncture, la taille moyenne des ménages, exprimée par le nombre de personnes moyen par ménage, a diminué de 4,6 personnes en 2014 à 3,9 en 2024.

Ce qui a impacté la structure des ménages qui sont actuellement davantage composés d’une à trois personnes. Ainsi, la part de ceux composés d’une seule personne a gagné près de 4 points à 11,1% et le poids des familles constituées de deux à trois personnes a pris 5,6 points à 31,7%.

En revanche, la proportion des ménages constitués de quatre personnes ou plus s’est réduite de 9,5 points à 57,2%. Dans ce sillage, les femmes dirigeant des ménages sont de plus en plus nombreuses, compte tenu de leur part qui a augmenté, passant de 16,2 à 19,2%.

Cette augmentation reflète des évolutions significatives dans les rôles sociaux et économiques des femmes, ainsi que dans la dynamique familiale.

Les habitations se modernisent
Les Marocains sont toujours portés sur l’acquisition, comme l’atteste la part des ménages propriétaires de leur logement qui a stagné à 61%. Toutefois, la tendance est à l’occupation d’un bien moins spacieux.

Le RGPH révèle alors que la part des ménages urbains occupant des logements de 1 à 2 pièces a augmenté de 35,7% à 43,5%, tandis que celle occupant des logements d’au moins 3 pièces a baissé dans les mêmes proportions à 56,5%.

Ces habitations occupées sont pour plus de deux tiers constitués de maisons marocaines modernes (65,4%). Elles sont suivies par les appartements avec une part de 24,4%, les maisons traditionnelles avec 2,6% et les villas avec 2,7%. La bonne nouvelle est la baisse des logements sommaires ou bidonvilles en milieu urbain.

Leur proportion a baissé de 5,2 à 3,3%. Ce qui témoigne des efforts du gouvernement dans l’éradication de ce type d’habitat, déclarant, selon les dernières statistiques, 61 villes sans bidonvilles. De même, la proportion des logements de type rural ou local non destinés à l’habitation n’est plus que de 1,7%, contre 2,4% auparavant.

Il faut savoir aussi que le parc de logements a tendance à se rajeunir, comme l’atteste la part des biens immobiliers de plus de 50 ans qui a fortement diminué, passant de 20,3 à 13,3%.

Ainsi, la répartition des ménages selon l’ancienneté du logement montre que 22% occupent un logement âgé de moins de 10 ans, contre 20,1% auparavant. En parallèle, la part des logements de 10 à 49 ans a augmenté durant la même période de 59,6 à 64,7%.

Ce portrait détaillé de la population marocaine démontre un changement structurel dans l’évolution de la démographie nationale, de sa composition, de ses modes d’habitation et de sa modernisation.


L’utilisation d’internet bien ancrée
Les Marocains restent bien équipés en moyens numériques. 56,5% de la population âgée de 15 ans et plus utilise internet. Notons à ce stade que 22,2% des personnes sans aucun niveau d’étude naviguent sur la toile virtuelle.

Globalement, ce sont 84,4% qui possèdent un téléphone personnel et 8,8% qui détiennent un ordinateur ou une tablette. Par région, l’utilisation d’Internet dépasse la moyenne nationale dans les régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab (83,6%), Laâyoune-Sakia El Hamra (75,3%) et Casablanca-Settat (65,8).

En revanche, cette proportion est la plus faible dans les régions de Drâa-Tafilalt (51,5%), Fès-Meknès (51,7%), Béni Mellal-Khénifra (52,3%) et Marrakech-Safi (54,4%).