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Jour de l’An amazigh : Les Marocains y prennent goût

Un peu partout dans le Royaume, les célébrations du Jour de l’An amazigh ont été organisées durant plusieurs jours. En parallèle, des actions concrètes ont été prises par le gouvernement pour la promotion de l’utilisation de la langue amazighe dans la vie publique.

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Pour la deuxième année consécutive, le Nouvel An amazigh est célébré par l’ensemble des Marocains en tant que jour férié national officiel. Des célébrations qui se sont étendues sur plusieurs jours ont eu lieu sur l’ensemble du territoire marocain, du nord au sud, mais également à l’étranger, à Paris, Tarragone et ailleurs.

Cet événement historique est désormais célébré par les différentes institutions et administrations, y compris à l’étranger, comme l’a d’ailleurs noté le recteur de l’IRCAM, Ahmed Boukous.

«La célébration du Nouvel An amazigh est une occasion de mettre en avant un patrimoine culturel porté par tous les Marocains», affirme Aziz Akhannouch, qui a participé aux festivités organisées à l’occasion, à Agadir, où le programme des festivités lancées le 10 courant couvre 12 lieux, notamment les places publiques, les jardins…

Le chef du gouvernement a aussi fait part de «sa profonde gratitude à SM le Roi Mohammed VI qui a décidé d’instaurer le 14 janvier, correspondant au premier jour de l’année amazighe, comme jour férié officiel du Maroc, dans le cadre de la consécration constitutionnelle de l’amazigh». Cela tout en soulignant que le gouvernement «est engagé en faveur du renforcement de la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe».

Le 14 janvier, Akhannouch présidait, cette fois à Rabat, une cérémonie de signature de deux conventions entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et plusieurs départements gouvernementaux et institutions publiques.

Il s’agit d’une convention-cadre du programme gouvernemental relatif à la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh et d’une convention visant à renforcer les services d’accueil, d’orientation et de conseil en cette langue.

Le Jour de l’An est certes un moment de célébration, mais également, quelque part, une occasion pour faire le point sur l’avancement du chantier de l’officialisation de la langue amazighe, à travers notamment la généralisation de son enseignement et de son utilisation dans l’administration publique.

À ce propos, justement, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Saad Berrada, a souligné, lundi dernier, lors de son passage à la Chambre des représentants, dans le cadre de la séance hebdomadaire des questions orales, que «plus de 3.000 enseignants du primaire en classe bilingue bénéficieront d’une formation en vue d’accélérer la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe».

Le ministre a également indiqué qu’un total de 650.936 élèves suivent actuellement des cours d’amazigh dans 3.400 écoles primaires. «Ce chiffre représente un taux de couverture de 40% sur l’ensemble des établissements d’enseignement primaire, et le nombre d’enseignants dispensant des cours d’amazigh se chiffre à 3.400», explique-t-il.

Le nombre des enseignants de la langue amazighe, a-t-il rappelé, est passé de 200 en 2021 à 600 en 2022, puis à 1.200 l’année suivante, pour atteindre 1.850 en 2024.

Un pas en avant
La même tendance a été observée au sein de l’administration publique. La ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, avait souligné, à ce propos, que «la promotion de l’amazigh constitue une responsabilité nationale et collective, assurant que le gouvernement accorde une importance majeure à la mise en œuvre des dispositions de la Loi organique ainsi qu’aux modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique».

Plusieurs mesures concrètes ont ainsi été entreprises, notamment la mise à disposition de 464 agents amazighophones dans les administrations du Royaume, garantissant ainsi une meilleure communication avec les citoyens. Cela en plus de la mobilisation de 69 agents amazighophones dans 10 centres d’appels.

De même, le ministère a veillé à l’intégration de la langue amazighe dans 3.000 écriteaux et panneaux signalétiques pour consacrer cette langue dans l’identité visuelle des administrations publiques. «Une étape significative pour conforter la place de l’amazigh dans l’espace public», relève la ministre, tout en rappelant qu’une étude est en cours pour évaluer son niveau d’intégration dans les sites web officiels de 158 administrations publiques.

Le processus continue, puisqu’en 2025 le ministère projette le recrutement de 1.684 agents amazighophones pour l’accueil et l’orientation dans 19 départements ministériels. Cela, en plus de l’accompagnement des collectivités territoriales dans l’intégration de l’amazigh, avec un projet pilote impliquant 40 communes lancé en ce sens.

Cela dénote, relève la ministre, de «l’engagement sérieux et de la coopération continue de toutes les administrations publiques pour la mise en œuvre de ce chantier important, comme en témoigne la signature de plusieurs conventions de partenariat destinées à renforcer l’intégration de la langue amazighe dans divers domaines».

L’élaboration de modules de formation répondant aux attentes des départements ministériels a, soit dit en passant, été réalisée avec la contribution de l’IRCAM. Le chantier de la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe «connaît une dynamique au niveau de l’ensemble des administrations publiques, comme en témoignent l’engagement et la coopération continus des différents départements», relève-t-on auprès de cette institution.

C’est que le gouvernement, estime la ministre, «accorde une priorité majeure à la mise en œuvre des dispositions de la Loi organique fixant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique».


Les communes s’y mettent aussi
Plusieurs initiatives ont été prises au niveau des communes situées dans les régions fortement amazighophones pour la promotion de la langue et la culture amazighes.

C’est ainsi que la langue et la graphie amazighes ont pris leur place dans la signalisation et l’affichage publics, y compris dans les panneaux de signalisation. C’est un constat qui date de plusieurs années déjà. Aujourd’hui, d’autres collectivités territoriales suivent la tendance.

Dans la ville de Tanger, par exemple, le Conseil communal a annoncé une série de mesures visant à promouvoir l’utilisation de l’amazigh dans les services administratifs de la Commune. Le Conseil a, dans ce sens, affirmé le renforcement des services d’accueil en langue amazighe au sein des services administratifs de la commune, ainsi que l’adoption progressive de la langue amazighe dans les panneaux de signalisation et d’affichage de la ville.

Il a également été décidé d’inclure la langue amazighe dans les plateformes et sites électroniques de la Commune, dans le but de faciliter l’accès à l’information et aux services.