Evénement
INDH : 20 ans déjà, un modèle d’ingénierie sociale
En deux décennies et trois cycles d’évolution, l’Initiative a pu mobiliser un écosystème de près de 15.000 acteurs dans l’administration, les collectivités territoriales et le tissu associatif. Ses actions ont touché des millions de Marocains dont le vécu s’est amélioré avec le temps.
C’est une coïncidence fort significative. Au moment où l’INDH s’apprêtait à célébrer le 20e anniversaire de son lancement, le Maroc accède, pour la première fois, au rang des pays à développement humain élevé, dépassant la valeur de l’IDH du seuil de 0,700 (contre 0,631 en 2005).
L’Initiative est pour beaucoup dans cette prouesse. En vingt ans, pas une seule région, une seule province, une seule commune, voire un seul quartier, où l’INDH n’a pas laissé son empreinte. Au début de son lancement, ce programme multidimensionnel était perçu comme une réponse directe à l’extrémisme religieux.
Le Maroc, frappé par les attentats sanglants du 16 mai 2003, a vite lancé sa riposte, sécuritaire d’abord, religieuse aussi et surtout sociale. Mais, au fil des années, l’Initiative devient un véritable moteur de développement, avec une nouvelle approche de lutte contre la précarité, loin de la logique de l’assistanat social et du caritatif, une nouvelle ingénierie des projets sociaux focalisés sur la génération de revenus et surtout une nouvelle gouvernance de l’action sociale.
Depuis son lancement, l’INDH s’est, en effet, imposée comme «un modèle unique de mobilisation collective et participative, soutenant les politiques publiques sociales, les programmes des collectivités territoriales et les initiatives associatives.
Évoluant à travers trois phases distinctes, elle a su s’adapter aux nouveaux défis du développement humain avec une vision dynamique et prospective», indique-t-on auprès de la gouvernance de l’Initiative. Aujourd’hui, en célébrant 20 ans de son existence, elle réaffirme ses valeurs fondamentales : «dignité, inclusion, solidarité et citoyenneté active».
Des valeurs qu’elle a toujours tenues en ligne de mire à travers toutes les phases de son évolution. Car ce programme de développement social, et c’est aussi l’une de ses particularités qui en font d’ailleurs un cas unique, a su se renouveler à mesure que la société et ses besoins évoluent.
C’est ainsi que la première phase (2005-2010) a ciblé la réduction des disparités sociales et territoriales, en améliorant l’accès à l’eau potable, à l’électricité, au désenclavement routier et en créant des centres sociaux pour les populations vulnérables.
La deuxième phase (2011-2018) a élargi son champ d’action à de nouvelles catégories et territoires, consolidant les acquis initiaux. Quant à la troisième phase, initiée en 2019, elle a mis l’accent sur le développement du capital humain des jeunes générations, tout en renforçant les progrès antérieurs. Et ce, à travers un programme concret : le soutien de l’enseignement préscolaire.
Laboratoire d’innovation
«Ces trois phases ont permis des avancées notables dans des domaines clés : rattrapage infrastructurel, développement de la petite enfance, soutien à l’éducation, inclusion économique des jeunes, accès aux soins de santé et lutte contre la précarité.
Ces efforts ont significativement amélioré les indicateurs de développement humain au Maroc», est-il précisé. Mais au-delà de ses réalisations concrètes, chiffrées et dûment budgétisées, l’INDH s’est distinguée comme un laboratoire d’innovation pour le développement humain.
Parmi ses initiatives phares, note-t-on, un modèle de préscolaire gratuit et de qualité en milieu rural, un système de santé communautaire améliorant les indicateurs de santé maternelle et infantile, une stratégie de communication pour promouvoir des pratiques saines en matière de santé et de nutrition, l’expérimentation de la méthode TaRL (Teaching at the Right Level) pour la remédiation scolaire (ensuite généralisée dans l’enseignement), la création de plateformes jeunesse pour l’écoute et l’accompagnement, ainsi que l’adoption d’un financement basé sur les résultats pour optimiser l’efficacité.
«Ces réussites s’appuient sur des approches rigoureuses : ciblage précis, diagnostics participatifs, planification à long terme et suivi-évaluation. La mise en œuvre repose sur des principes tels que la standardisation, l’approche collaborative “faire-faire” et une agilité adaptée aux contextes locaux», indique-t-on.
La gouvernance territorialisée de l’INDH, reconnue pour son efficacité, mobilise un écosystème de près de 15.000 acteurs issus de l’administration déconcentrée, des collectivités territoriales et du tissu associatif. Cette structure favorise la convergence des actions et une prise de décision collective aux niveaux régional, provincial et local. L’INDH est aussi un modèle qui a su séduire les bailleurs de fonds et les acteurs associatifs internationaux.
Tourné vers l’international, l’INDH a, en effet, noué des partenariats avec des acteurs mondiaux du développement humain, bénéficiant ainsi d’un appui technique et financier d’organismes internationaux. Ces collaborations renforcent ses capacités et amplifient son rayonnement à l’échelle globale.

