Evénement
Gouvernement Akhannouch : Quand la politique passe des promesses aux réalisations
En un peu moins de cinq ans, le gouvernement a montré qu’il peut relever les défis, quelle qu’en soit la nature. Il est aussi capable de transformer les crises en opportunités. La preuve par le bilan.
Aziz Akhannouch pousse la transparence et le sens du devoir envers les citoyens jusqu’au bout. Il consacre, par la même occasion, une «coutume constitutionnelle».
Le chef du gouvernement avait déjà présenté son bilan de mi-parcours, et aujourd’hui refait le même exercice quelques mois avant la fin de son mandat. L’article 101 de la Constitution prévoit, certes, cet exercice, mais ne le rend pas obligatoire.
«Cette équipe gouvernementale a érigé la précision et la clarté en mode d’action, et l’efficience et l’impact concret en critères d’évaluation, puisque le citoyen ne mesure pas les intentions, mais bien les résultats qui se répercutent sur sa vie quotidienne», a déclaré Akhannouch au début de sa longue intervention (un peu plus de deux heures), mercredi 15 avril, devant les deux Chambres du Parlement réunies.
Chemin faisant, en s’adressant aux élus, et à travers eux aux citoyens, le chef du gouvernement donne également corps à une nouvelle logique démocratique : la «légitimité des réalisations», qui vient renforcer et pérenniser dans le temps celle des urnes. «La légitimité démocratique ne s’acquiert pas juste le jour du scrutin, mais doit être préservée chaque jour par l’action sérieuse et par les résultats concrets», lance-t-il.
Et en termes de réalisations et de «résultats concrets», les (presque) cinq années écoulées du mandat du gouvernement n’en manquent pas. C’est tout le contraire. Les plus importants sont ceux que les citoyens, en tout cas nombre d’entre eux, peuvent littéralement toucher : les aides sociales directes.
«Le total des sommes servies au profit des bénéficiaires de l’aide a atteint à fin janvier 2026 environ 52 milliards de dirhams, dont 33 milliards de dirhams dédiés aux aides orientées vers la protection de l’enfance et 19 milliards de dirhams au titre des aides forfaitaires», a affirmé le chef du gouvernement.
Et de préciser : «Cette aide concerne, à titre d’exemple, 5,5 millions d’enfants et plus de 396.000 veuves, dont 308.000 sans enfants». Cela sans oublier plus d’un million de bénéficiaires âgés de plus de 60 ans également.
Dans son programme, le gouvernement avait promis, rappelons-le, de créer un million de postes d’emploi. Près de cinq ans plus tard – avec une succession d’années de sécheresse qui ont décimé l’emploi rural –, le gouvernement annonce la création de 850.000 emplois nets entre 2021 et 2025. Soit une moyenne annuelle de 170.000 emplois.
Le compte est bon, en tenant en compte une saison agricole prometteuse et une série de projets validés par la Commission nationale des investissements.
Le chef du gouvernement a rappelé à ce propos que «la Commission nationale des investissements a ainsi approuvé 381 projets pour un montant global de 581 milliards de dirhams, visant la création de 245.000 postes d’emploi directs et indirects».
Parmi eux, poursuit-il, «297 projets ont été approuvés depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Charte de l’investissement, pour un montant de 513 milliards de dirhams, devant contribuer à la création d’environ 201.000 postes d’emploi directs et indirects».
La nouvelle Charte a non seulement drainé davantage d’investissements, mais elle en assure aussi la répartition équitable entre les régions.
Et dans le souci de renforcer l’équité territoriale, le gouvernement a veillé à renforcer la part des collectivités territoriales dans la TVA, qui est passée de 30 à 32%. Tout comme il a porté les transferts de crédits aux régions de 10 MMDH annuellement à 12 MMDH.
«Une démarche qui peut paraître technique, mais qui se traduit dans la pratique par des projets de développement, des services de base, des routes et des écoles dans les différentes régions du Maroc», souligne Akhannouch, relevant qu’«une région sans ressources financières demeure une région à la capacité de prise de décision et d’action limitées».
Autre exemple, tout aussi concret, le programme de soutien direct au logement qui a permis à plus de 96.000 familles d’accéder à un logement décent. Cela, «parce que le logement ne constitue pas un luxe, mais la base de la stabilité sociale et un fondement pour la dignité humaine», affirme le chef du gouvernement.
Tous les voyants au vert
On peut multiplier les exemples de réalisations concrètes que le citoyen a pu percevoir et vu se réaliser. Les différentes sessions du dialogue social, désormais institutionnalisé, se sont traduites par une nette amélioration du pouvoir d’achat et du niveau de vie de différentes couches sociales.
La réforme de la santé et de l’enseignement avance à vue d’œil. «Il ne saurait y avoir de différence dans l’accès aux soins entre un citoyen qui vit dans un centre urbain et un autre dans une région éloignée.
C’est un engagement clair que nous prenons devant les citoyens en toute responsabilité», souligne Akhannouch, en commentant l’avancement du chantier de la réforme de la Santé. Cela, tout en assurant avoir fait de la question de l’éducation et de la formation un pilier essentiel de l’édification de l’avenir du pays.
«Un État déficient en matière d’éducation de ses enfants réduit ses capacités à faire face aux défis futurs», a-t-il affirmé en ce sens.
Difficile de ne pas évoquer les réalisations dans le volet économique, notamment en termes de santé des finances publiques et de maintien des équilibres budgétaires mais aussi de l’envolée des investissements publics et, en général, de la résilience de l’économie face aux chocs extérieurs.
De même que certains pans de l’économie ont prospéré au cours des cinq dernières années, le tourisme et l’industrie en sont des exemples les plus saillants.
Un indicateur clé : les exportations industrielles ont atteint 408 MMDH en 2025, en progression globale de 44,5% par rapport au début du mandat. Elles sont portées par la performance notable des métiers mondiaux du Maroc, à leur tête l’industrie automobile et l’aéronautique.
De même, le Maroc a pu accueillir environ 19,8 millions de touristes, en augmentation de 53,5% par rapport à l’année 2019.
En définitive, comme l’a souligné le chef du gouvernement, les réalisations d’aujourd’hui sont aussi les fondements de la prospérité de demain. Mais aussi des réalisations qui ont contribué à l’avancement du pays, qui «a pu redessiner son positionnement sur la scène économique internationale pour devenir un acteur agissant et non plus seulement le réceptacle de ce qui se passe dans son environnement».
Ce bilan gouvernemental, conclut le chef de l’Exécutif, «a produit la preuve qu’il n’a pas été juste une réponse conjoncturelle à des contraintes et des crises, mais une station qui a permis de mettre en place des fondements structurels basés sur l’efficience et la rentabilité, ainsi qu’une épreuve réelle pour la sincérité de l’appartenance à cette nation et pour la portée de l’esprit de responsabilité à l’égard de son avenir».
