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Économie : Tous les indicateurs passent au vert

L’économie nationale s’inscrit dans une dynamique favorable et laisse entrevoir des perspectives pour le moins favorables. Agriculture, croissance économique, inflation, commerce extérieur…, l’ensemble des signaux sont encourageants.

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Les dernières pluies enregistrées à travers le pays ont ravivé l’optimisme au sein du secteur agricole, en particulier pour les cultures céréalières qui demeurent au cœur de la campagne agricole actuelle, avec une superficie envisagée par le ministère de l’Agriculture de 4 millions d’hectares.

Ces précipitations accompagnées de chutes de neige également contribuent fortement à l’augmentation du niveau des barrages, mais aussi au raffermissement de la nappe phréatique. Ainsi, le taux de remplissage national a atteint 5,4 milliards de m3 en date du 17 décembre, soit un taux de 32,2% contre 28,8% à la même période de l’année précédente.

Il faut savoir que la fréquence régulière de ces précipitations, qui se poursuivent depuis le mois d’octobre et ne devaient pas s’interrompre de sitôt, reste importante pour les différentes cultures d’automne, poussant même certains agriculteurs, ayant délaissé les céréales ces dernières années à cause de la succession des années de sécheresse, à reconsidérer leurs choix de culture.

Si ce scénario venait à se confirmer, le Maroc pourrait enregistrer une campagne agricole relativement favorable, avec des retombées positives sur l’ensemble de la filière. Ce qui pourrait permettre notamment de réduire le recours aux importations et alléger du coup la pression sur la balance commerciale.

En tout cas, Bank Al-Maghrib a maintenu, lors de son dernier conseil de cette année, tenu le 16 décembre courant, son hypothèse de la réalisation de 50 millions de quintaux, sachant que la moyenne réalisée lors d’une année agricole normale est de 75 millions de quintaux. Ainsi, la valeur ajoutée du secteur agricole devra atteindre 4% en 2026, après 5% en cette année.

Olives : Près de 2 millions de tonnes
Hormis les céréales, l’ensemble des autres cultures évoluent sous de bons auspices, notamment la filière oléicole qui a réalisé une production de 2 millions de tonnes, plus du double de l’année précédente (+106%). De son côté, la production des agrumes se renforce avec 1,9 million de tonnes, en progression de 27%. Enfin, les dattes ont affiché une production de 160.000 tonnes, en hausse de 55% par rapport à la campagne précédente.

La croissance des activités non agricoles, elle, devrait rester vigoureuse grâce à la forte dynamique d’investissement observée, pour s’établir à 4,8% en 2026, au lieu de 5% actuellement. Somme toute, la croissance économique marquerait une accélération notable, à 5% cette année, et se consolidera à 4,5% en moyenne au cours des deux prochaines années.

Le ministère des Finances, lui, prévoit un PIB en augmentation de 4,8% cette année, qui a déjà réalisé une croissance de 5,2% au terme du premier semestre dernier.

Toujours selon les projections de Bank Al-Maghrib, l’inflation devrait s’accélérer graduellement pour converger vers des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. La banque centrale a toutefois revu ses prévisions à la baisse, avec un niveau moyen autour de 0,8% contre 1% prévu initialement, avant de s’établir à 1,3% en 2026 au lieu de 1,9%, et à 1,9% en 2027.

Balance des paiements en amélioration
Sur le volet du commerce extérieur, la dynamique des échanges se poursuivrait à moyen terme, avec des exportations en amélioration de 4,5% en 2025, 8,4% en 2026 et 7,9% en 2027. Elles continueraient d’être portées par les segments des phosphates et dérivés, ainsi que de l’industrie automobile, dont les expéditions devraient s’élever respectivement à 108 et 208 milliards de dirhams.

Compte tenu des efforts d’investissement entrepris, le rythme des importations resterait soutenu, tiré essentiellement par les acquisitions de biens d’équipement et de consommation. Toutefois, la facture énergétique s’allégerait davantage en 2025 et en 2026, avant d’enregistrer une hausse en 2027 à 101 milliards de dirhams.

La balance des paiements devrait rester soutenue également par l’amélioration continue des recettes voyages et des flux des investissements directs étrangers. Les premières devraient s’élever à 155 MMDH quand les seconds engendreraient des recettes annuelles équivalentes à 3,5% du PIB.

Pour leur part, les transferts des MRE devraient s’accroître de 3,1% en moyenne annuelle entre 2025 et 2027 à 130 milliards de dirhams. Tenant compte de ces éléments mais aussi des financements extérieurs prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve se raffermiraient pour atteindre 448 milliards de dirhams à fin 2027, assurant une couverture de près de 5 mois et demi d’importations de biens et services.

En dépit de l’amélioration du paysage économique, le conseil de BAM se veut toujours «prudent» et a décidé donc de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25% pour la 3e fois consécutive.

Cette décision s’explique par un niveau d’incertitude toujours élevé, lié notamment à la persistance des tensions géoéconomiques à l’international en dépit de la fin du blocage budgétaire américain, à des conditions climatiques toujours critiques au niveau interne et à une inflation qui devrait continuer d’évoluer à des niveaux bas.


Croissance : Les scénarii vont de 3,7% à 4,6% en 2026
Les scénarii de croissance se multiplient et ne se ressemblent pas. La Loi de finances 2026 a prévu un taux de 4,6% en 2026, soit la projection la plus optimiste par rapport aux autres institutions.

En effet, le HCP et la BERD anticipent une croissance de 4%, quand le FMI escompte 4,2% et la Banque mondiale 4,5%. Pour l’OCDE, le PIB devrait afficher une progression de 4,2% l’année prochaine, alors que la BAD estime qu’il s’élèverait de 3,7%.

C’est alors la prévision la moins importante comparativement aux autres et qui représente un gap de 90 points de base par rapport à la plus élevée, celle du ministère des Finances.