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DGSN : La métamorphose qui redessine la sécurité

Entre modernisation technologique, stratégie de proximité, infrastructures nouvelle génération et communication assumée avec les citoyens, la police marocaine construit progressivement une image plus ouverte et plus digitale.

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Longtemps perçue comme une institution essentiellement régalienne, opérant loin des regards, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) est entrée depuis plusieurs années dans une nouvelle phase de son histoire : celle de la transformation visible.

Entre modernisation technologique, stratégie de proximité, infrastructures nouvelle génération et communication assumée avec les citoyens, la police marocaine construit progressivement une image plus ouverte, plus digitale et davantage tournée vers l’expérience usager.

Cette mutation vient de franchir un cap symbolique majeur avec l’inauguration de son nouveau siège central à Rabat, un projet d’envergure qui accompagne une vision plus large : celle d’une police pensée comme une administration moderne, performante et intégrée.

Cette inauguration, organisée à l’occasion du 70e anniversaire de la DGSN, marque l’aboutissement d’un chantier lancé en 2019. À première vue, il ne s’agit que d’un bâtiment administratif. Mais en réalité, le nouveau siège de la DGSN raconte davantage qu’une histoire d’architecture.

Situé à Rabat, dans le quartier Riad, le complexe se veut un écosystème complet destiné à centraliser plusieurs fonctions essentielles de l’institution.
Lancé sous l’impulsion royale en avril 2019, le chantier représente un investissement estimé à près de 2 milliards de dirhams.

Le projet comprend notamment un musée de la Sûreté nationale retraçant l’histoire de l’institution, un centre d’archives, un pôle informatique, des installations sportives, un espace dédié à la production des documents d’identité, ainsi qu’un centre destiné aux forces de réserve.

La DGSN semble suivre une trajectoire adaptée à sa mission spécifique : améliorer la coordination, accélérer la circulation de l’information et créer un environnement plus efficace pour ses équipes. Cette inauguration ne relève donc pas uniquement du symbole. Elle matérialise une philosophie : faire de l’infrastructure un levier stratégique.

L’ère des transformations
Difficile d’évoquer l’évolution récente de la DGSN sans parler du rôle d’Abdellatif Hammouchi. Sous sa direction, l’institution a engagé plusieurs chantiers de modernisation qui ont progressivement redéfini son fonctionnement. Ces dernières années, plusieurs axes se sont imposés. D’abord, la numérisation.

Les procédures administratives ont connu une accélération notable : modernisation des services d’identité, digitalisation des démarches, nouveaux outils d’investigation et recours accru aux technologies de traitement des données.

Parmi les projets emblématiques figure notamment le système «e-Fourrière», qui permet aux citoyens de localiser instantanément le lieu de mise en fourrière de leurs véhicules en renseignant simplement leur numéro d’immatriculation.

Une innovation qui réduit considérablement les délais de recherche et simplifie les démarches. La DGSN a également développé de nouveaux services numériques permettant de suivre à distance certaines procédures administratives, notamment le traitement des certificats de résidence, dans une logique visant à renforcer la transparence et réduire les délais.

Cette transformation numérique s’étend aussi à l’interconnexion des documents administratifs. Les citoyens peuvent désormais introduire certaines demandes liées à la Carte nationale d’identité électronique (CNIE) à travers des plateformes dédiées, avec possibilité de transmission électronique des données et paiement numérique des frais associés.

Au-delà du digital, l’investissement dans les infrastructures territoriales constitue un autre chantier majeur. Nouveaux commissariats, centres spécialisés et équipements techniques ont progressivement renforcé les capacités opérationnelles de la police marocaine.

Les ressources humaines représentent également un axe stratégique. La DGSN a multiplié les formations spécialisées destinées à renforcer les compétences techniques, scientifiques et numériques de ses agents.

Enfin, l’institution a fait de la coopération internationale un levier important de son développement. Le Maroc s’est progressivement imposé comme un acteur reconnu dans plusieurs dossiers sécuritaires régionaux et internationaux.

La sécurité, aujourd’hui, ne se joue plus seulement sur le terrain mais aussi dans les bases de données, les réseaux internationaux et la capacité d’anticipation.

Une institution qui se montre
L’un des changements les plus visibles reste pourtant ailleurs. Pendant longtemps, les institutions sécuritaires communiquaient peu. Elles agissaient davantage qu’elles ne racontaient.

La DGSN a progressivement pris une direction différente. Cette stratégie d’ouverture trouve sa meilleure illustration dans les Journées portes ouvertes.

L’idée peut paraître simple : permettre aux citoyens d’entrer dans l’univers policier. Mais derrière cette opération se cache une véritable stratégie de communication institutionnelle.

Lancée pour la première fois à Casablanca en 2017, l’initiative est devenue un rendez-vous annuel. Au fil des années, les villes hôtes se sont succédé : Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès, Agadir, El-Jadida, puis Rabat.

L’édition 2026, organisée dans la capitale, marque la 7e édition de cet événement devenu incontournable. Parmi les espaces les plus remarqués figure le «Pôle technologique», véritable vitrine des innovations récemment intégrées par la DGSN.

Pour cette année, les nouveaux dispositifs embarqués dans les véhicules intelligents «Amane» et «Madar», basés notamment sur l’intelligence artificielle pour soutenir les patrouilles sur le terrain, ont suscité un vif intérêt auprès des visiteurs.

Ces innovations illustrent une évolution plus profonde : l’intégration progressive de l’automatisation, de l’analyse prédictive et de l’intelligence artificielle dans les mécanismes de surveillance et de réponse opérationnelle.

L’événement attire désormais des centaines de milliers de visiteurs, curieux de découvrir les coulisses d’un univers habituellement inaccessible. Au programme également : démonstrations des brigades spécialisées, présentations technologiques, espaces interactifs, expositions sur la police scientifique et rencontres directes avec les agents.

L’objectif est clair : rapprocher l’institution du citoyen. Ce qui relevait autrefois d’une logique de communication exceptionnelle semble désormais intégré dans l’ADN même de l’organisation. Le changement le plus intéressant n’est peut-être pas technologique, il est culturel.

Les grandes administrations publiques mondiales travaillent aujourd’hui leur image avec des codes autrefois réservés aux entreprises : identité visuelle, communication, expérience citoyenne, transparence ou proximité.

La DGSN semble progressivement emprunter cette voie. Son nouveau siège agit comme un symbole architectural, ses Journées portes ouvertes deviennent une vitrine publique, ses plateformes numériques renforcent l’expérience usager et ses investissements traduisent une logique de long terme.


Neuf ans d’innovations
D’année en année, les Journées portes ouvertes de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) deviennent bien plus qu’un simple exercice de communication institutionnelle.

Depuis leur lancement en 2017, elles sont devenues une s cène où se dévoilent les transformations d’une police marocaine en pleine mutation, entre proximité citoyenne, innovation technologique et modernisation des outils de sécurité.

À Casablanca, lors de la première édition, le ton est donné : une police davantage tournée vers le citoyen, plus accessible et plus transparente. L’événement met alors en lumière la police de proximité, la réorganisation des services et une nouvelle approche axée sur l’ouverture de l’institution.

Deux ans plus tard, à Tanger, le curseur se déplace vers les capacités opérationnelles. Unités spécialisées, police scientifique, démonstrations d’intervention et équipements modernisés illustrent une montée en puissance technologique et une professionnalisation accrue des dispositifs sécuritaires.

En 2023, à Fès, la DGSN franchit une nouvelle étape avec une accélération de sa transformation numérique. Services administratifs digitalisés, développement de l’identité numérique et solutions d’identification sécurisée témoignent d’une institution qui intègre progressivement les outils du numérique à son fonctionnement.

Puis, à Agadir, l’innovation prend une dimension futuriste avec la présentation du «Ghiath Smart Patrol», une nouvelle génération de véhicules de patrouille intelligents embarquant drone intégré et caméras à reconnaissance faciale. Une illustration de plus de l’évolution d’une police qui mise désormais sur les technologies avancées pour réinventer ses missions et son rapport à la sécurité.