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Développement industriel : Le Maroc passe à la vitesse supérieure

Label «Made in Morocco», reconduction du programme Tatwir-R&D et Innovation, fabrication locale d’intrants pharmaceutiques, plateforme dédiée à l’industrie ferroviaire… Autant d’annonces majeures faites lors de la 3e édition de la Journée nationale de l’industrie. Round-up.

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La marque “Made in Morocco” s’affirme aujourd’hui comme un levier stratégique, renforçant la position du Royaume en tant que destination industrielle compétitive à l’échelle régionale et internationale».

Cette déclaration du chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de la grand-messe de l’industrie marocaine, co-organisée les 3 et 4 novembre à Rabat, par le ministère de l’Industrie et la CGEM, résume à elle seule la nouvelle trajectoire de ce secteur stratégique au cours des dernières années.

Les exemples font florès, principalement dans l’automobile et l’aéronautique, deux filières à forte valeur ajoutée, comme l’a d’ailleurs rappelé le Chef du gouvernement dans son intervention à l’occasion.

Représentant environ 40% des exportations industrielles nationales, l’automobile est également le premier employeur, avec près de 25% des emplois globaux du secteur industriel. Mieux, le Royaume est devenu le premier producteur de voitures particulières en Afrique et le premier exportateur de véhicules à moteur thermique vers l’Union européenne.

Le Maroc met également les gaz dans l’aéronautique, comme nous l’avons largement décrypté dans un récent dossier (voir édition n° 5.298). Pour preuve : En 2024, la filière a enregistré 26,4 MMDH d’exportations, soit une hausse de 14,9% sur un an et de 242,9% en dix ans.

Son écosystème, polarisant actuellement plus de 150 acteurs industriels, ne cesse de s’élargir et d’attirer des géants du secteur. Le lancement du complexe industriel de fabrication de moteurs d’avions de Safran, le 13 octobre dernier, par SM le Roi MohammedVI à Nouaceur, confirme cet engouement grandissant.

Valoriser les produits industriels
Ce développement industriel s’accompagne de création d’emplois. «Cette dynamique a été accompagnée par la création de 46.000 emplois nets dans le secteur industriel en 2024, contre 7.000 l’année précédente, portant le total des employés à plus de 985.000, soit près du double de ce qu’il était il y a dix ans», affirme Akhannouch.

Cette croissance du secteur se reflète également sur les exportations industrielles qui ont augmenté d’environ 64% depuis 2019, passant de 243 MMDH à plus de 398 MMDH en 2024, a-t-il souligné.

Pour autant, l’industrie nationale ne compte point s’endormir sur ses lauriers. La thématique centrale de ce rendez-vous annuel majeur, «Le Made in Morocco : gage de qualité, de compétitivité et levier de développement intégré des territoires», donne déjà un aperçu sur le nouveau cap que compte franchir le secteur.

Une ambition confirmée par les cinq conventions signées. La première a été paraphée par Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, le président de la CGEM, Chakib Alj, et Abderrahim Taibi, directeur de l’Institut marocain de normalisation (Imanor).

Il s’agit d’un accord-cadre visant à établir un cadre de coopération stratégique entre les acteurs institutionnels et économiques afin de promouvoir la marque «Made in Morocco». Objectif : valoriser les produits industriels nationaux.

900 MDH pour soutenir davantage l’innovation
La deuxième convention porte sur la reconduction du programme de soutien à l’innovation Tatwir-R&D et Innovation pour la période 2026-2028, avec l’intégration des start-up et des entreprises évoluant dans le secteur du gaming.

Un financement supplémentaire de 900 MDH, à raison de 300 MDH par an, sera également alloué à ce fonds. Le partenariat associe le ministère de l’Industrie, le ministère chargé du Budget, l’Agence nationale de promotion des PME (MarocPME) et la CGEM.

Le Maroc compte également booster la fabrication de machines et d’équipements industriels. D’où le nouveau contrat-programme entre l’État et le cluster «Machinery Tooling & Automation» (MTA).

Étalée sur cinq ans, cette convention définit le soutien financier apporté par le gouvernement à ce pôle dans le cadre du Fonds de soutien aux pôles de compétitivité et d’innovation, et fixe également les engagements du MTA en matière de projets collaboratifs qui contribueront au développement de cette filière.

L’industrie pharmaceutique devrait aussi amorcer un nouveau virage, grâce au partenariat entre les ministères de la Santé et de l’Industrie, la CGEM, l’Agence marocaine des médicaments, la Fédération marocaine de l’industrie pharmaceutique et de l’innovation industrielle, la Fédération de la chimie et de la parachimie, l’UM6P et InnovX.

Objectifs: développer la fabrication locale d’intrants pharmaceutiques, réduire la dépendance aux importations et sécuriser les chaînes d’approvisionnement en produits de santé.

Production de plus de 5 GW d’électricité verte
La cinquième convention prévoit la réalisation d’une plateforme technique d’essais et de développement dédiée à l’industrie ferroviaire entre le ministère de l’Industrie, l’ONCF, le cluster MTI et le Centre d’études et de recherches des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques (Cerimme).

La transition énergétique figure aussi parmi les priorités du gouvernement. En atteste la signature, le 4 novembre, d’une convention tripartite avec Masen, l’ONEE et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), pour l’accélération de la mise à disposition de plus de 5 gigawatts d’électricité verte supplémentaires d’ici 2030.


Les mesures fortes du gouvernement pour soutenir les entreprises industrielles
Lors de son discours à l’occasion de la 3e édition de la Journée nationale de l’industrie, Aziz Akhannouch a énuméré les mesures prises par l’Exécutif pour soutenir le secteur industriel.

«Le gouvernement a œuvré à la mise en œuvre des réformes incluses dans la feuille de route d’amélioration du climat des affaires 2023-2026, afin d’améliorer les conditions structurelles de l’investissement et de l’entrepreneuriat, de soutenir la compétitivité nationale et de développer un environnement propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation», a-t-il déclaré.

Parmi les principales réformes structurelles figure la réduction des délais de paiement, ayant contribué à renforcer la liquidité des entreprises et à réduire leurs dettes de manière significative.

Le Chef du gouvernement a aussi cité la réforme et l’amélioration du système des marchés publics, «considérées comme un levier fondamental pour le développement du secteur industriel et un stimulant pour l’émergence de filières industrielles prometteuses».

Il a rappelé les mesures concrètes pour accroître la liquidité des entreprises, «en veillant à son injection directe dans le tissu productif et en soutenant leur capacité d’investissement».