Evénement
Des vertus du dialogue social
Outre les acquis, le gouvernement souligne sa détermination à poursuivre dans la même logique qui est la sienne depuis son installation. D’abord, veiller au parachèvement des engagements pris, ensuite consacrer tout l’intérêt nécessaire pour les chantiers ouverts. Avec pour mot d’ordre : l’approche participative.
Contrairement à ce qu’avancent certaines mauvaises langues, le dialogue social porte bien ses fruits en faveur autant de la classe ouvrière que des fonctionnaires de l’État, mais aussi des employés du secteur privé. Les issues de la session d’avril du dialogue social en livrent la démonstration.
En effet, suite aux réunions avec les syndicats les plus représentatifs (la CGEM et la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural), présidées par le Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, l’Exécutif a pris sur lui, dans le cadre de la mise en œuvre de ses engagements, de «poursuivre l’amélioration» des revenus dans le secteur public en procédant au versement, dès juillet prochain, de la deuxième tranche de l’augmentation générale des salaires des fonctionnaires. Et il faut dire que ce n’est pas rien, puisqu’il s’agit quand même de pas moins de 500 dirhams.
Les employés du secteur privé ne seront pas en reste, puisqu’il sera procédé à la révision à la hausse du salaire minimum garanti dans les activités non agricoles et agricoles d’un taux de 5%. Et ce n’est pas une promesse dans l’air.
En effet, cette augmentation entrera en vigueur respectivement le 1er janvier et le 1er avril 2026, avec pour objectif, en réponse aux revendications des centrales syndicales, d’aller vers l’unification progressive du salaire minimum garanti à l’horizon 2028, à travers l’étude des moyens et mesures de nature à permettre la mise en œuvre de cet engagement. L’autre sujet, et non des moindres, est relatif au traitement de ce que les syndicats qualifient de «dossiers catégoriels».
En particulier celui des fonctionnaires des collectivités territoriales. Sur ce front, il est convenu que le ministère de l’Intérieur et les syndicats concernés vont «poursuivre les discussions au sujet du statut particulier de ces fonctionnaires». L’objectif étant de parvenir à des solutions adéquates aux questions en suspens, relatives à ce statut.
Et cela concerne bien du monde, quand on sait que le dossier couvre quelque 84.000 fonctionnaires. Et il n’est pas renvoyé aux calendes grecques. En effet, une nouvelle réunion entre le département de l’Intérieur et les syndicats est prévue dans ce sens le 13 mai.
Approche participative
Dans cette même lignée, le gouvernement s’est également engagé à ouvrir le débat en lien avec la révision des statuts particuliers de certains corps, entre autres les ingénieurs, les administrateurs, les techniciens, les inspecteurs du travail… Avec pour objectif l’amélioration des conditions de travail de ces catégories. Un engagement qui satisfait une vieille revendication des syndicats, mais qui n’a jamais eu d’écho favorable.
Et ce n’est pas tout. En effet, fidèle à sa devise participative, des cadres de concertations sont attendus en ce qui concerne les législations du travail, notamment celles relatives aux organisations syndicales et à l’amendement du Code du travail. Sur ce volet, le gouvernement s’est engagé à mettre en place des commissions spécialisées comprenant des représentants de tous les partenaires, qui se pencheront sur l’élaboration de moutures consensuelles de ces textes, répondant aux attentes des partenaires sociaux et économiques.
Contrairement à ce qu’ont prétendu certains observateurs, le dossier de la réforme était bel et bien au menu de la session d’avril du dialogue social. On apprend, en fait, que ladite session a été «l’occasion d’engager un dialogue responsable autour de la réforme des régimes de retraite».
Au bout, les partenaires sociaux et économiques se sont mis d’accord pour la création d’une commission nationale pour la réforme des régimes de retraite. En voilà une autre réponse à une revendication pressante des centrales syndicales. Dans le même état d’esprit, le gouvernement indique que cette commission aura pour finalité de mettre en place «une vision consensuelle de la réforme», tout en prenant en ligne de compte «les principes fondamentaux convenus dans le cadre de l’accord social d’avril 2024».
Or, ces engagements pris dénotent bien que quand le gouvernement s’engage, c’est pour acter ses engagements. D’ailleurs, il suffit de regarder dans le rétroviseur pour se rendre à l’évidence, n’en déplaise à certains, que tous les partenaires sociaux, dans un esprit constructif, avancent bien sur la voie de la mise en œuvre de deux accords sociaux conclus en avril 2022 et avril 2024. Sur ce point, la session du dialogue d’avril 2025 a justement permis de faire le point sur les réalisations engrangées.
Notamment en ce qui concerne la revalorisation des salaires, que ce soit pour le secteur public ou le secteur privé. Et ce, «grâce à la conjugaison des efforts de l’ensemble des partenaires concernés et de leur implication positive dans la mise en œuvre des résultats des accords sociaux», tient à rappeler le gouvernement.
Or, il s’agit là de l’autre vertu d’un Exécutif qui reconnaît, en le mettant en exergue, l’apport de tous les partenaires sociaux dans le sens de la revalorisation des revenus et son corollaire l’amélioration du pouvoir d’achat de la classe des travailleurs, sans perdre de vue le renforcement de sa protection sociale.
Toujours est-il que, sans verser dans une quelconque posture du sentiment du travail accompli, le gouvernement, en compagnie des partenaires sociaux, se projette d’ores et déjà dans l’esquisse des contours de la prochaine étape qui promet bien des avancées sur les différents défis qu’ils vont devoir relever ensemble.
Laquelle étape devant être consacrée au parachèvement de la mise en application des accords sociaux. Et le gouvernement, conscient que la consécration de l’institutionnalisation du dialogue social est tributaire de la régularité du dialogue sectoriel, est déterminé à aller de l’avant dans ce sens.
D’ailleurs, l’ensemble des départements sont invités à poursuivre cette dynamique avec les partenaires sociaux et économiques dans la perspective de parvenir à des solutions efficientes et réalisables aux questions qui se posent, de telle sorte à pouvoir répondre aux aspirations des travailleurs.
C’est dans ce sens d’ailleurs qu’une circulaire du Chef du gouvernement, qui veillera au suivi des résultats de ces dialogues sectoriels, sera diffusée auprès des secteurs concernés.
Des acquis indéniables
Sauf à faire preuve de myopie ou de mauvaise foi, le dialogue social aura permis bien des réalisations. D’autant plus que l’Exécutif a veillé, à la faveur des dialogues sectoriels, à mettre en œuvre une série de mesures ayant permis d’améliorer les revenus des fonctionnaires.
Dont on citera ceux du secteur de l’Éducation nationale pour un coût global de 17 milliards de dirhams, ou encore les fonctionnaires de l’Enseignement supérieur avec une enveloppe budgétaire 2 milliards de dirhams, sans oublier ceux relevant du secteur de la Santé pour un coût d’environ 3,5 milliards de dirhams.
Résultat des courses, ces mesures, dont le coût global est de 45,7 milliards de dirhams, permettront, à l’horizon 2026, de porter la moyenne mensuelle nette des salaires dans le secteur public à 10.100 dirhams. Le différentiel est assez conséquent, quand on sait que cette moyenne n’était que de 8.237 dirhams au moment où le gouvernement a pris ses fonctions en 2021.