Evénement
CAN 2025 : Au-delà d’une «simple» compétition sportive
Tout le monde s’accorde sur ce point. Le football est plus qu’une compétition et du show dans les stades. C’est un redoutable instrument de soft power. Le Maroc a su en tirer un grand profit. Une épopée qui se poursuit depuis 2022.
Des centaines de millions de spectateurs à travers le monde ont sans doute suivi l’ouverture, dimanche 21 décembre, de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations. C’est une première en effet, puisque les droits de diffusion de cette édition marocaine (un collector de records et de premières) ont été acquis dans les quatre coins de la planète.
Entre la Chine, le Japon, l’Inde, ou encore la Russie et les États-Unis et bien sûr plusieurs pays de l’Europe (30 au total) et l’Afrique tout entière, le nombre de téléspectateurs se compte en milliards.
Un grand nombre d’entre eux découvre pour la première fois le Maroc et l’Afrique. On comprend évidemment l’enjeu de cette CAN hors norme et son énorme potentiel en termes d’image et de soft power, non pas d’un pays mais d’un continent tout entier.
Ce qui frappe encore plus les esprits, c’est cette savante mise en avant du Royaume et de ses institutions, qui s’activent en tandem, dans un seul but: donner à voir au monde entier un Maroc qui se construit et se développe, un pays qui émerge.
L’image du coup d’envoi du match d’ouverture donné par le Prince Héritier Moulay El Hassan, sous une pluie battante, restera dans tous les esprits.
Cette CAN ne se limite pas à mettre en avant – au-delà des performances mêmes de son équipe et la pertinence de sa politique sportive – la qualité et l’importance des infrastructures et des capacités d’organisation du Maroc.
Le Royaume fait montre aussi de son désormais incontestable savoir-faire sécuritaire. L’inauguration à Salé, quelques jours auparavant, du Centre de coopération policière africaine, conçu avec l’appui d’Interpol, vient conforter cette vocation.
Le centre comprend des représentants de services de sécurité des différents pays participant à la CAN, des délégués de la FIFA, de la CAF et de l’Interpol, en plus des représentants des services de sécurité des États du Qatar, du Portugal et de l’Espagne.
Dans le sillage du lancement de ce centre, un dispositif sécuritaire musclé a été mis en place. Déjà plusieurs mois avant, toutes les villes accueillant les rencontres de la CAN ont été dotées d’un système de caméras de surveillance sophistiqué.
Le jour «J», le dispositif est entièrement déployé. La DGSN, apprend-on, a aussi mis en place des protocoles de sécurité et de sûreté spécifiques à chaque match. Cela en «prenant en considération le nombre du public et la nature de la rencontre footballistique».
Elle a également mobilisé des moyens de sécurité au niveau des différents espaces devant accueillir les supporters dans les différentes villes, «afin de garantir les plus hautes normes de sécurité et de sûreté requises».
De son côté, le ministère de la Justice a ouvert des bureaux judiciaires dans les stades concernés. Cette initiative, explique-t-on, «introduit un mécanisme institutionnel inédit, destiné à la gestion immédiate des affaires susceptibles d’être soumises au ministère public en lien avec d’éventuelles infractions commises à l’occasion des matchs».
Elle répond surtout à une «logique d’anticipation et de modernisation de l’action judiciaire en milieu sportif».
Une image de marque
Tout cela montre clairement que le Royaume met tous les moyens, qu’ils soient d’ailleurs sécuritaires, diplomatiques ou technologiques, pour faire de cette Coupe une réussite et une démonstration de ce dont le pays est déjà capable, quatre ans avant le Mondial de 2030.
C’est que, en plus de la dimension sécuritaire, le volet diplomatique est également très présent. C’est justement dans ce cadre que s’inscrit l’ouverture officielle, en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Fan Zone AMCI, dédiée aux étudiants et lauréats internationaux de la Coopération du Maroc, ouverte à plus de 50.000 visiteurs, dont des ressortissants de 47 pays africains, qui illustre clairement la vision africaine du Royaume.
La manifestation sportive étant l’occasion d’en relever le principe qui veut que «le développement du continent ne peut être envisagé que dans le cadre d’un développement partagé, fondé sur la coopération, les synergies économiques et la solidarité entre les pays africains».
Cela d’autant que l’événement donne une autre image du continent. La preuve, sur une chaîne néerlandaise, le plateau TV est 100% marocain : le décor, les habits et l’ambiance intérieure.
Outre Atlantique, le maire fraîchement élu de New York, qui débarque dans un restaurant marocain et se fait volontiers filmer juste après le coup d’envoi du match d’ouverture… est parmi des situations inédites et fort symboliques.
On peut multiplier à souhait ce genre d’exemples, dont les retombées sont certaines aussi bien sur l’image du Royaume que sur l’activité touristique par exemple, et même les investissements.
La principale préoccupation de l’investisseur étranger étant par ailleurs la sécurité, la stabilité et la qualité des infrastructures. Ce dont le Maroc vient de donner un aperçu à travers cette CAN 2025.
En effet, ce qui retiendra aussi l’attention d’un grand monde, c’est que malgré qu’il ait plu des cordes pendant plusieurs heures, cela n’a eu aucun impact ni sur la cérémonie d’ouverture et encore moins sur le déroulement de la première rencontre.
Et quand on sait qu’à peine quelques jours plus tôt, et à quelques milliers de kilomètres plus loin, il aura fallu une demi-heure de pluie sur un stade qui a pourtant déjà abrité la Coupe du Monde en 2022, pour que le match de classement de la Coupe arabe qui s’y déroulait soit interrompu à cause de l’état du gazon, on peut en déduire une idée sur la qualité des infrastructures sportives marocaines.
Derrière, que ce soit le stade ou la pelouse, ce sont des entreprises marocaines qui étaient à l’œuvre. Il n’y a pas de meilleur argument pour mettre en avant l’expertise des entreprises marocaines dans le domaine.
Cela au moment où, pour garder les mêmes standards d’organisation, le Maroc, soit dit au passage, ayant placé la barre très haut, la perspective de faire appel à cette expertise par les organisateurs des futures éditions n’est pas exclue.
Les entreprises marocaines étant, du reste, bien implantées dans le continent dans bien des secteurs, y compris les BTP. C’est dire qu’au-delà des rentrées touristiques, de l’impact généré par la modernisation des infrastructures sportives et de transport, les retombées économiques vont sans doute se faire sentir pendant bien des années encore après cette 35e édition.