Au Royaume
État actionnaire : Pour la souveraineté alimentaire, sanitaire et industrielle
Considérée comme un pilier majeur de la réforme des établissements et entreprises publics, la PAE est prise à bras-le-corps par l’Exécutif. Un chantier qui devrait être finalisé dans trois mois. Son opérationnalisation est prévue en septembre.
La 07 (PAE) est en pleine mutation. Un chantier stratégique qui a pour objectif de cadrer et de gérer ses participations dans les établissements et entreprises publics (EEP), pour lui permettre de se recentrer sur son rôle essentiel qui est de contribuer de manière plus efficace au développement socioéconomique du pays.
La réforme du secteur des établissements et entreprises publics trouve ses bases notamment dans deux textes législatifs, à savoir la loi-cadre 50-21, portant réforme des EEP, et la loi 82-20 qui, elle, concerne la création de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE). Ces textes ont été renforcés par d’autres concernant la gouvernance des EEP et l’institution de l’instance de concertation sur la politique actionnariale de l’État.
Ces fondements qui définissent les orientations globales de la politique actionnariale de l’État et ses objectifs pluriels ont pour finalité de mettre en place les assises d’un État souverain et d’assurer ainsi une souveraineté tant alimentaire, industrielle que sanitaire. Et c’est justement l’une des sept orientations stratégiques présentées devant le Roi Mohammed VI, par la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah Alaoui, en vue d’actionner cette réforme, lors du dernier Conseil des ministres, tenu le 1er juin.
Renforcer l’intégration du pays
Il s’agit également de renforcer l’intégration du pays au niveau régional et international, tout en misant sur la coopération Sud-Sud, de créer des synergies avec le secteur privé, en actionnant les PPP, mais également en faisant contribuer les entreprises innovantes. Cela, tout en soutenant des modèles économiques viables et agiles, en phase avec les exigences de régulation, l’environnement concurrentiel et les opportunités du marché.
Les objectifs de la réforme ne s’arrêtent pas là. Ils s’étendent à l’équité territoriale, au service de l’inclusion économique, sociale, financière et numérique, et ce dans le cadre de la régionalisation avancée, au respect des objectifs de développement durable avec une gestion raisonnable des ressources ainsi qu’à la valorisation optimale du patrimoine matériel et immatériel en renforçant le rôle de ces EEP en matière de gouvernance et de performance.
L’ensemble de ces objectifs qui amèneront à une politique actionnariale efficace de l’État seront déclinés dans une feuille de route que l’agence se chargera d’élaborer et de soumettre pour approbation lors du prochain Conseil des ministres. Ensuite, le projet sera adressé à l’instance de concertation, comme prévu par la loi 82-20, pour émettre un avis et introduire toute modification nécessaire destinée à valoriser les participations de l’État et les rendre plus performantes. Ce n’est qu’après cette étape que le projet sera soumis par l’autorité gouvernementale en charge des finances à l’approbation du Conseil de gouvernement. D’ici mi-septembre, le projet devra aboutir et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État sera en charge de déployer les axes de cette politique actionnariale selon la feuille de route validée.
Lors du dernier Conseil des ministres, plusieurs entreprises ont été rajoutées au sein des EEP, dont l’Agence de développement du Grand Atlas, l’Agence nationale d’aide sociale, la Haute Autorité de la santé, les Groupements sanitaires territoriaux, l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé et l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés. En revanche, l’Institut supérieur de la magistrature a été supprimé de la liste des établissements publics stratégiques.
Privatisation : 9 milliards de dirhams prévus cette année
Le portefeuille public marocain compte 227 établissements publics à fin 2023, 45 entreprises avec participation directe du Trésor et 517 filiales et participations. En 2022, le chiffre d’affaires des EEP a totalisé 332 millions de dirhams, en hausse de 16,5% en une année. Selon la LF2024, les produits de cession d’actifs et de la privatisation devraient porter sur 9 milliards de dirhams et 3 milliards pour les deux années suivantes, 2025 et 2026. Ce sont donc 15 milliards de dirhams qui devraient intégrer le compte de l’État sur les trois années à venir. Rappelons que la liste des sociétés privatisables compte Maroc Telecom, Marsa Maroc, Biopharme, Sonacos, Energie Electrique de Tahaddart et l’hôtel La Mamounia.
