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Au Royaume

Enseignement : Une rentrée sur fond de réformes

Le train de la réforme de l’enseignement, tous niveaux confondus, est en marche. L’année scolaire et universitaire démarre, comme à chaque rentrée depuis la prise de fonction du gouvernement Akhannouch, avec son lot de nouveautés.

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L’année scolaire 2025-2026 démarre sous le signe de la continuité, portée par la dynamique de réformes telle que déclinée par la feuille de route 2022-2026. D’ailleurs, au département de l’Éducation nationale, les priorités sur ce front sont d’ores et déjà tracées. Avec pour socle d’action, l’accélération de la mise en œuvre de cette même feuille de route. Les leviers arrêtés étant le renforcement de la qualité des apprentissages ainsi que la lutte contre le décrochage scolaire.

Dans la foulée, l’importance de moderniser l’environnement scolaire, notamment par le truchement de la réhabilitation des établissements, sans perdre de vue, non plus, la centralité de l’élément humain dans cet effort d’envergure, tendant à «bâtir une école publique marocaine équitable, inclusive, attractive et résolument tournée vers l’avenir, au service du développement humain durable du pays».

C’est dans ce sens d’ailleurs que l’année scolaire qui s’ouvre verra l’extension du réseau des écoles pionnières avec 2.000 nouveaux établissements qui viendront essaimer l’offre qui, au cours de l’année passée, comptait quelque 2.026 établissements avec une capacité d’accueil de 1,3 million d’élèves.

Dans cette même dynamique, qui se renforce depuis le lancement de la mise en œuvre de la feuille de route, le niveau collégial n’est pas en reste. L’on se rappelle, sur ce chapitre, que l’année scolaire 2024-2025 a connu le lancement du projet expérimental des collèges pionniers, et ce, avec une première fournée de 232 établissements accueillant 200.000 élèves. Pour l’année qui démarre, l’objectif escompté est que cette expérience puisse couvrir 500 nouveaux collèges. On imagine déjà ce que ce grand chantier, conjugué au présent tout en s’inscrivant dans l’avenir, devra mobiliser en termes de ressources financières pour le mener à bon port. D’autant plus qu’il est question de «l’intégration stratégique du numérique éducatif».

Or, tout cela exige le renforcement d’un pilotage basé sur les résultats, devant se traduire par «la mise en place et l’amélioration des systèmes d’information et de tableaux de bord» de nature «à permettre un suivi rigoureux et régulier des indicateurs clés de performance». Et à ce niveau, le gouvernement n’est pas dans l’ambition, mais dans l’action.

Ceci étant dit, tous ces efforts font partie de la charpente à même de construire, sur des socles solides, les fondements du nouveau modèle de l’école publique de demain. Les contours de la grande réforme ayant d’ores et déjà été tracés, le gouvernement est en voie de transformer l’essai, par les actes, sur le terrain. Un nouveau modèle où il s’agit notamment d’accompagner les enfants depuis leur jeune âge, du préscolaire, en voie de généralisation, jusqu’à la fin de leur scolarité obligatoire à 16 ans. Un projet de loi, dont l’examen sera entamé dès la prochaine session parlementaire, vient mettre en place un cadre juridique de la nouvelle école publique.

Une révolution en la matière
Toujours est-il qu’un intérêt particulier est accordé à l’élément humain pour que les ressources en présence puissent s’acquitter convenablement de leur mission, notamment le corps enseignant. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’on a assisté à la révision à la hausse des émoluments des enseignants. Un nouveau signal vient d’être donné par le gouvernement allant dans le sens de mobiliser les troupes. En effet, lors du Conseil de gouvernement du 28 août dernier, un projet de décret a été adopté portant sur une revalorisation conséquente des indemnités pour les heures supplémentaires accordées au personnel enseignant.

Voilà avec quoi satisfaire une revendication syndicale qui remonte à des années. Il a fallu attendre le volontarisme d’un gouvernement qui transforme la parole donnée en acte concret.

Ça bouge dans le supérieur aussi
Par ailleurs, dans cette grande dynamique réformiste menée par le gouvernement Akhannouch, l’enseignement supérieur n’est pas en reste. Deux faits majeurs sont à retenir dans ce chapitre. Un arrêté ministériel, publié dans le BO à la mi-août, apportant une réforme profonde du système pédagogique des licences et masters dans les universités, a été acté. Selon les termes du texte, plus de place pour la démarche jusque-là en vigueur, basée sur une présélection axée sur des épreuves écrites et orales. Celle-ci n’est plus de mise.

Concrètement, l’admission en master se fera dorénavant, et uniquement, sur étude de dossier, suivant les critères définis dans la fiche descriptive de chaque parcours. L’idée derrière est d’en finir, plus ou moins, avec «les marges de subjectivité» qui marquaient l’ancien système. Aussi, la «licence d’excellence» est d’ores et déjà reconnue comme une passerelle vers le master, de même qu’on retiendra que la réforme impose de produire un mémoire de fin d’études en liaison avec l’environnement socioéconomique ou une entreprise de recherche.

Du nouveau aussi, il y en a eu au niveau législatif. En effet, lors du Conseil de gouvernement du 28 août, un nouveau projet de loi relatif à l’enseignement supérieur a été adopté. Avec pour socle le principe de «la performance». Cette réforme, inspirée de la démarche en vigueur dans le secteur privé, tend en fait à rendre l’université plus réactive, mais aussi plus efficiente en termes d’allocations des ressources. Elle vise aussi à en finir avec des filières que l’on désigne souvent «d’usines à produire de futurs chômeurs».

Avec un intérêt particulier qui devra être accordé à des cursus de formation professionnalisants conçus en étroite coordination avec le tissu productif national. D’où l’importance de la mise en place d’un conseil d’administration qui comptera, outre des universitaires, des acteurs externes, dont des représentants du secteur économique ou encore des autorités, voire des personnalités de la société civile. L’objectif ultime étant de faire de l’université un levier qui sert les priorités nationales, orientée vers des secteurs stratégiques comme la transition énergétique, l’eau ou encore la digitalisation, l’IA, etc. De même que la recherche et développement a aussi sa place dans la réforme.

En effet, le projet ambitionne de faire des laboratoires universitaires, largement sous-exploités actuellement, de réelles pépinières de l’innovation. Or, il va sans dire que dans une telle perspective, il sera nécessaire de procéder au renforcement de partenariats public-privé. En définitive, l’idée est de faire de l’université un «acteur économique» à part entière.

Toujours est-il qu’à peine passé en Conseil de gouvernement, le projet fait d’ores et déjà l’objet de contestations. Sans surprise, c’est le Syndicat de l’enseignement supérieur, dominé par l’USFP (opposition), qui a lancé la première salve.

Maintenant, tout en prenant acte des «critiques», l’Exécutif avance dans ses efforts de refonte du système éducatif. Avec du volontarisme et une vision claire.


Repenser le réseau

Actuellement, le maillage universitaire couvre la totalité du territoire certes, mais il y a un hic. Chaque région dispose d’une seule université. Bien entendu, ces dernières années ont connu la création d’institutions de l’enseignement supérieur plus spécialisées relevant de ces universités et qui s’étendent de plus en plus sur le territoire national. Mais, ne serait-il pas opportun de repenser le maillage en optant, par exemple, pour le principe «une université pour chaque ville» ? L’idée n’a rien d’anecdotique, mais revêt une importance capitale dans le cadre de la nouvelle ingénierie pédagogique liée aux priorités économiques, mais aussi adossée aux évolutions que connaissent les territoires et leurs modes de gestion. Et le projet de réforme de l’enseignement supérieur pourrait bien constituer un prélude dans ce sens. Avec en toile de fond une étroite collaboration entre les opérateurs économiques et les institutions publiques de l’enseignement supérieur.
Le tout au service du développement socioéconomique du pays.