Au Royaume
Développement des infrastructures: Le pari payant du Maroc
Le Royaume a fait de la modernisation de ses infrastructures un point cardinal de sa stratégie de développement économique et social, mais aussi de son positionnement en tant que hub logistique, commercial et financier en Afrique.
Avec ses 2.000 km d’autoroutes, ses 19 aéroports internationaux, son réseau de chemin de fer dense complété par la première ligne à grande vitesse d’Afrique, ses gares modernes, ses zones logistiques et industrielles, ses centrales solaires ou encore ses nombreux ports, dont le premier d’Afrique et de Méditerranée…, le Maroc a construit en une vingtaine d’années, sous l’impulsion d’un Roi bâtisseur, des infrastructures world class, parmi les plus développées du continent, qui lui valent d’être régulièrement bien classé dans les rapports internationaux et cité en exemple par les grands de ce monde. C’est le cas de Christine Lagarde, qui disait encore récemment, lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale (BM) et du FMI tenues à Marrakech en octobre dernier, que «le Maroc est un bon exemple en matière de développement des infrastructures. Il a investi presque plus de 30% de son produit intérieur brut (PIB) au cours des deux dernières décennies uniquement dans les infrastructures». Et l’ancienne patronne du FMI et actuelle présidente de la BCE d’expliquer : «Si les pays investissent massivement dans les infrastructures au fil du temps, cela change leur situation économique et leur production». Il est vrai qu’au cours des vingt dernières années, le Maroc, et plus particulièrement l’État, a considérablement investi dans son hardware. On parle d’un montant de 40 milliards de dollars investis en 20 ans, rien que dans les infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires. Il faut dire que le Royaume a fait de la modernisation de ses infrastructures un point cardinal de sa stratégie de développement économique et social, mais aussi de son positionnement en tant que hub logistique, commercial et financier en Afrique.
réduction des obstacles au développement
Des investissements colossaux, dont les impacts positifs sur les plans économique et social sont empiriquement démontrés. Dans un rapport consacré aux infrastructures du Royaume, la Banque mondiale note ainsi que «ces investissements ont constitué un moteur important de la croissance économique et de la compétitivité du pays. Ils ont permis de créer des chaînes d’approvisionnement plus fiables et d’améliorer l’accès aux marchés et aux services de base».
Mieux encore, poursuit la même source, ces investissements dans les infrastructures ont également «amélioré la qualité de vie en réduisant les obstacles au développement national : la pauvreté, le chômage, les déséquilibres régionaux et la qualité du capital humain».
En termes de croissance, toujours selon la Banque mondiale, en 30 ans, le secteur des infrastructures a ajouté environ 1 point de pourcentage à la croissance du PIB par habitant. «Par rapport aux autres pays du Maghreb, le Maroc fait mieux que la Tunisie et l’Algérie en ce qui concerne les effets des infrastructures sur la croissance, même s’il reste en deçà de la performance des pays asiatiques, tels que la Corée du Sud (1,7%) ou la Malaisie (1,6%)», note le rapport.
L’effet d’entraînement positif sur les investissements étrangers est aussi palpable. Le développement d’infrastructures fiables et modernes a en effet permis au Royaume de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales.De quoi attirer les grands donneurs d’ordre mondiaux, que ce soit dans le domaine de l’industrie automobile, l’aéronautique, l’agriculture, le tourisme, les énergies renouvelables, etc. Lorsqu’on leur demande pourquoi ils ont fait le choix d’investir au Maroc, la qualité des infrastructures et la compétitivité qu’elle leur procure reviennent souvent en tête des réponses, juste derrière la stabilité dont jouit le Royaume.
Une nouvelle génération de projets
Conforté dans ses choix, l’État stratège a bien l’intention de maintenir son effort d’investissement dans les infrastructures, voire de le décupler, puisqu’une nouvelle génération de grands projets structurants est déjà engagée. Des projets qui changeront profondément la face du Maroc au cours des prochaines années. La liste est longue : nouveaux ports de Nador et Dakhla, extension du réseau autoroutier et de la ligne à grande vitesse, nouvelles gares, modernisation et extension des aéroports, nouvelles centrales solaires et éoliennes, infrastructures gazières, usines de dessalement, barrages, etc.
La perspective de l’organisation du Mondial 2030 avec l’Espagne et le Portugal joue à l’évidence un rôle de catalyseur. Les investissements devraient connaître un nouvel élan en matière de renforcement du réseau de transports, d’hôtellerie et de communications numériques, notamment le passage à la 5G. Sans parler des infrastructures sportives, avec la construction du Grand Stade de Benslimane.
Reste la question du financement. Les investissements colossaux de ces dernières années ont été principalement portés par l’État et les établissements et entreprises publics (EEP), occasionnant pour ces derniers un niveau d’endettement important et une réduction de la marge de manœuvre budgétaire. Un recours accru au partenariat public-privé (PPP) est ainsi préconisé par la Banque mondiale (un modèle qui a déjà fait ses preuves pour le port Tanger Med). Dans cette recherche de fonds privés pour massifier les investissements, l’opérationnalisation prochaine du Fonds Mohammed VI pour l’investissement tombe à pic. L’une de ses principales missions, telles que définies par le Souverain, est justement de soutenir les grands projets d’infrastructure par le biais de partenariats public-privé. De grands bailleurs de fonds, comme la BAD, la BEI ou encore la SFI (filiale du groupe de la Banque mondiale) ont d’ailleurs déjà manifesté leur intention d’en faire partie.
