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Au Royaume

Ces indices de développement humain ajustés

Une panoplie de sous-indices et indicateurs composent ensemble une grille de lecture multidimensionnelle. Ils rappellent que le développement humain ne se résume ni à la croissance économique ni à l’amélioration de quelques indicateurs sociaux.

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L’IDHI : Quand les inégalités rognent les acquis
L’IDH offre une vision synthétique des progrès, mais il ne dit rien de leur répartition. C’est là qu’intervient l’Indice de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI), qui mesure la «perte» en développement due aux disparités internes.

Pour le Maroc, l’IDHI révèle une perte de 27,2% en 2023, faisant passer l’IDH de 0,710 à 0,517. Ce différentiel important souligne que les bénéfices du développement ne sont pas distribués de manière homogène.

Les inégalités touchent les trois dimensions fondamentales : santé, éducation et niveau de vie. Elles s’expriment à travers des écarts territoriaux persistants entre zones urbaines et rurales, des disparités régionales marquées et des différences socioéconomiques profondes.

Autrement dit, si le Maroc progresse en moyenne, une partie significative de la population reste en retrait. L’IDHI agit comme un révélateur: il montre que l’amélioration des indicateurs globaux doit désormais s’accompagner d’une réduction ciblée des inégalités.

Genre : Des avancées mesurées et des écarts persistants
La question de l’égalité femmes-hommes constitue un autre prisme d’analyse essentiel.L’Indice d’inégalité de genre (GII) du Maroc s’établit à 0,438 en 2023, plaçant le pays au 113e rang sur 172.

Cet indice mesure les écarts dans trois domaines: santé reproductive, autonomisation et participation au marché du travail. Bien qu’une tendance à l’amélioration soit observée, le classement du Maroc révèle l’ampleur des efforts restant à accomplir.

L’Indice de développement de genre (GDI) confirme ces disparités.
En 2023, l’IDH des femmes s’élève à 0,642, contre 0,748 pour les hommes, soit un GDI de 0,859. Les femmes affichent ainsi des niveaux de développement humain inférieurs, notamment en matière de revenus et de participation économique.

Les écarts de genre s’enracinent autant dans des facteurs économiques que dans des normes sociales persistantes. L’Indice des normes sociales de genre (GSNI), avec un score de 93,67 pour le Maroc en 2023, met en évidence le poids des croyances et stéréotypes qui freinent l’égalité réelle.

Pauvreté multidimensionnelle: Au-delà du revenu
La lutte contre la pauvreté ne peut plus se limiter au critère monétaire. L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) offre une lecture plus fine des privations cumulées.

En 2024, le Maroc affiche un IPM de 0,027, le classant parmi les pays à faible incidence de pauvreté multidimensionnelle. La prévalence touche 6,4% de la population, soit environ 2,37 millions de personnes.

À cela s’ajoute une population vulnérable représentant 10,9%, soit plus de 4 millions de personnes. L’intensité des privations atteint 42%, ce qui signifie que les personnes concernées cumulent des déficits importants dans plusieurs dimensions essentielles.

Le constat est clair : même si la pauvreté monétaire recule, une frange de la population reste exposée à des privations multiples. Le décalage entre pauvreté monétaire et pauvreté multidimensionnelle (cette dernière étant supérieure de cinq points) montre que le développement humain doit être appréhendé dans toute sa complexité.

Accès à l’éducation, aux soins, à un logement décent, autant de facteurs déterminants pour sortir durablement de la précarité.

Le défi environnemental : Vers un développement soutenable
La dimension environnementale s’impose désormais comme un critère incontournable. L’Indice de développement humain ajusté aux pressions planétaires (PHDI) intègre les émissions de CO₂ et l’empreinte matérielle dans l’évaluation du bien-être.

Pour le Maroc, le PHDI s’établit à 0,679 en 2023, contre un IDH de 0,710. L’écart de 0,031 reflète le coût écologique du développement. Bien que cet écart soit inférieur à celui observé dans des économies fortement industrialisées, il souligne une pression environnementale réelle.

La valeur du PHDI marocain se rapproche de la moyenne mondiale de l’IDH (0,680), indiquant que le pays se situe à un point d’inflexion stratégique. L’enjeu consiste désormais à concilier croissance économique, inclusion sociale et durabilité écologique.

La transition énergétique engagée par le Royaume, notamment dans les énergies renouvelables, constitue un atout majeur. Mais elle doit s’accompagner d’une gestion plus efficiente des ressources naturelles et d’une réduction de l’empreinte carbone.