BTP : L’état du secteur est déplorable… mais à quel point ?

La Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) a organisé, ce jeudi à Rabat, une conférence sur l’état des lieux du secteur pour présenter ses doléances, invitant le gouvernement à reconduire la circulaire destinée à alléger la situation des entreprises pour 6 mois encore.

Le secteur du BTP continue de souffrir des effets conjugués de la pandémie et de la guerre en Ukraine. Les entreprises ont tellement bataillé et supporté que «plusieurs d’entre elles ont soit mis la clef sous le paillasson, soit enduré les affres des redressements judiciaires, sans parler des mesures coercitives, telles que l’exclusion des marchés publics, la perte des qualifications et des classes qu’elles méritent», a déploré Mohamed Mahboub, président de la FNBTP. Il n’a toutefois pas fourni de précisions sur l’ampleur des dégâts, que ce soit sur le chiffre d’affaires ou sur les pertes d’emplois, encore moins sur l’état actuel des entreprises du secteur, comme si les remontées de terrain, à elles seules, suffisaient pour établir ce constat.

Par ailleurs, la Fédération estime que les mesures énoncées par le gouvernement, le 18 avril 2022, destinées à sortir le secteur de sa léthargie, n’ont pas été appliquées à la lettre par les donneurs d’ordre. Elles concernent, entre autres, la résiliation des marchés en cours sans confiscation des garanties pécuniaires, la régularisation, par avenant, des délais d’exécution des marchés en cours et l’absence de retour ou le refus des requêtes visant la revue des modalités de la révision des prix. Des pratiques qui, toujours selon les membres de la Fédération, nuisent à la santé financière des entreprises du BTP et contribuent au déséquilibre des relations avec les maitres d’ouvrage.

Avec la persistance du contexte économique inflationniste, la FNBTP souhaite la reconduction de la durée de validité de ladite circulaire pour une durée de 6 mois et pour pousser le bouchon plus loin, demande une subvention relative au gasoil «comme cela a été accordé aux transporteurs», suggère l’un des membres.

Dernier point, le décret des marchés publics. Quatre jours après son entrée en vigueur, la Fédération n’aura eu aucun avis à donner sur ses effets. Il serait toujours en cours d’étude pour analyser sa contenance !