Au Royaume
Automobile : Les batteries marocaines sortent des chaînes
Les premières batteries fabriquées dans l’usine de Gotion High Tech de Kénitra équiperont des véhicules électriques en 2026. Cette prouesse est la résultante d’une stratégie industrielle gagnante.
L’année 2026 entrera dans les annales de l’histoire de l’écosystème de l’industrie automobile : la première batterie électrique marocaine émergera des lignes de production du chinois Gotion High Tech dans la région de Kénitra.
Sans conteste, ce projet industriel hautement structurant pour l’industrie automobile de demain positionne le Royaume comme un hub de la mobilité électrique au niveau mondial. D’ailleurs, la première cellule qui sortira de l’unité industrielle de Kénitra, en 2026, a même déjà été commandée par le groupe automobile Renault.
Il y a lieu de rappeler que l’unité industrielle qui consacrera le Maroc en tant que haut lieu de la mobilité électrique au niveau mondial démarrera avec une capacité de production de 20 GWh. L’usine montera progressivement en charge pour atteindre 100 GWh.
Concrètement, la production initiale permettra de livrer des batteries à près de 400.000 voitures. Cette première phase mobilisera un investissement de près de 1,3 milliard de dollars.
Autre atout de la future base industrielle : en plus des batteries, la plus grande gigafactory de la région et du continent produira également des cathodes et des anodes, en vue d’exporter la majeure partie vers l’Europe.
Il est opportun d’indiquer que si la batterie pèse à elle seule pour 40% des coûts d’une voiture électrique, la cathode représente, elle, 40% de la valeur d’une batterie. C’est dire la centralité de ce composant dans la chaîne de valeur de la production des batteries destinées aux véhicules électriques.
Des pas de géant
Au-delà de cette gigafactory, le Royaume a réalisé un tour de force remarquable, en bâtissant un large écosystème de la batterie. Pour preuve, aujourd’hui, la première cathode 100% marocaine est bien une réalité, avec notamment l’inauguration, en fin juin 2025, de l’usine Cobco à Jorf Lasfar.
Première unité industrielle marocaine du genre et fruit du partenariat entre Al Mada et le groupe chinois CNGR, l’usine a, dans la phase I, une capacité de 40.000 tonnes de NMC (précurseurs de cathodes à base de nickel, manganèse, cobalt).
Dans la même veine, l’année 2026 marquera un tournant pour la consolidation de la chaîne de valeur de la batterie électrique, puisque les deux usines de production d’anodes et de cathodes du chinois BTR New Material Group à Tanger Tech devraient être opérationnelles.
Rappelons que les deux projets qui ont mobilisé un volume total de 750 millions de dollars (6,9 MMDH) ont pour objectif de satisfaire près de 500.000 véhicules électriques par an.
En définitive, la concrétisation, en 2026, des projets en lien avec la chaîne de valeur de la batterie (lithium-ion), permettra au Maroc d’être bien outillé pour gagner des parts d’un marché juteux estimé à quelque 700 milliards de dollars d’ici 2030.

