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Amyra Hormotallah : «Dakhla représente un véritable modèle de réussite économique»

En un demi-siècle, Dakhla est passée d’un centre rural isolé à un pôle stratégique. La région est une véritable success-story grâce à des investissements massifs et à un secteur privé en plein essor. Le point avec la présidente de la CGEM de la région Dakhla-Oued Eddahab.

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La région Dakhla-Oued Eddahab a connu une transformation remarquable en 50 ans, avec un PIB multiplié par 12 et un taux de croissance de plus de 10% en 2023.

La pêche, l’agriculture durable, les énergies renouvelables, le tourisme et la logistique sont les moteurs de développement.

Les grands projets combinés au dynamisme du secteur privé renforcent l’attractivité, mais il reste à améliorer la formation, l’accès aux marchés et les infrastructures.

Comment évaluez-vous la trajectoire économique de la région Dakhla-Oued Eddahab durant les 50 dernières années ?
La région de Dakhla-Oued Eddahab a connu une évolution très remarquable, passant d’une zone à faible activité économique à un véritable pôle de développement, qui est reconnu aussi bien au niveau national qu’international. En quelques décennies, le PIB régional a été multiplié par plus de 12.

Dakhla figure désormais parmi les trois premières régions du pays en matière de croissance, avec un taux de plus de 10% en 2023, selon le HCP.

Cette progression s’explique par le lancement de grands projets, comme la voie express qui relie Dakhla à Tiznit ou encore le Port Atlantique dont l’investissement dépasse 12 MMDH.

Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé par SM le Roi Mohammed VI et qui mobilise des investissements d’un budget de plus de 77 MMDH.

Aujourd’hui, Dakhla représente un véritable modèle de réussite. Elle incarne une vision royale ambitieuse, traduite par un développement durable fondé sur des infrastructures modernes, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, et par une ouverture accrue sur le monde.

Comment le secteur privé local accompagne-t-il cette dynamique ?
Le secteur privé local accompagne pleinement la dynamique de développement que connait la région de Dakhla. Il est même devenu, ces dernières années, un véritable partenaîre des grands projets comme ceux cités précédemment.

Le CRI a ainsi enregistré plus de 1.700 nouvelles entreprises créées à fin mai 2025, ce qui représente une hausse de 38% par rapport à 2024.

Plusieurs secteurs sont concernés, comme l’agriculture, la pêche, le tourisme, la promotion immobilière et le transport.

C’est une preuve de dynamisme entrepreneurial et d’un esprit d’initiative provenant des jeunes notamment.

Il faut savoir que le secteur privé ne se contente plus de suivre une politique publique, mais contribue activement sur le terrain, et ce, grâce à l’amélioration du climat des affaires, à la numérisation des services, à la mise en place de la plateforme investdakhla, mais aussi au lancement de plusieurs programmes de financement et de formation qui soutiennent les PME, notamment celles portées par les jeunes et les femmes.

Il reste toutefois des défis à relever. À mon avis, il faudra renforcer davantage les capacités des PME pour mieux intégrer les chaînes de valeur locales et encourager également la production et l’exportation. Dans l’ensemble, le secteur privé à Dakhla vit un vrai tournant. D’un acteur de soutien, il s’impose aujourd’hui plus comme un moteur de développement régional.

Quels sont les secteurs d’activité les plus dynamiques qui tirent la croissance et ceux à fort potentiel ?
La région de Dakhla s’affirme comme un modèle économique exemplaire, porté par une dynamique de transformation profonde. Sa force réside dans la diversité de ses secteurs productifs.

Le premier est le secteur de la pêche maritime et de l’aquaculture qui constitue le pilier historique et stratégique de l’économie de Dakhla. Présent depuis les premières phases de développement de la région, il demeure aujourd’hui l’un de ses principaux moteurs.

Cette activité génère un nombre considérable d’emplois, tant pour les locaux que pour ceux provenant d’autres régions du Royaume.

Elle joue également un rôle déterminant dans les exportations nationales, s’inscrivant pleinement dans la stratégie du Maroc visant à promouvoir une économie bleue durable et compétitive.

Le deuxième secteur clé est celui de l’agriculture durable, qui connaît une remarquable progression ces dernières années, portée notamment par le projet de dessalement de l’eau de mer, projet alimenté par les énergies renouvelables.

Dans des zones comme celle de Bir Anzaran, ces initiatives permettent de relever le défi de la gestion des ressources en eau tout en préservant l’environnement.

Le troisième secteur stratégique est celui des énergies renouvelables qui est un axe majeur pour l’avenir de Dakhla et du Maroc. La région connaît un essor remarquable dans ce domaine, porté par la volonté de produire une énergie 100% durable et propre.

Des projets ambitieux voient le jour dans l’éolien, le solaire et l’hydrogène vert, faisant de Dakhla un futur pôle énergétique de référence, à la fois pour le Royaume et pour le continent africain.

Le tourisme représente le quatrième secteur le plus important. Il connaît une croissance spectaculaire, notamment dans les segments du tourisme écologique et du tourisme sportif (kitesurf, windsurf, planche à voile…).

Enfin, le secteur du transport maritime et de la logistique représente une opportunité majeure pour la région, avec le Port Atlantique de Dakhla, actuellement en construction et le projet de Gazoduc Maroc–Nigéria, destiné à renforcer l’intégration énergétique et économique du continent.

Grâce à ces initiatives, Dakhla est appelée à devenir un véritable hub énergétique et commercial, au service du développement du Maroc et de son ouverture vers l’Afrique.

Plusieurs projets structurants ont été déployés ou sont en cours de réalisation dans la région. Quelles sont leurs retombées concrètes sur l’activité économique ?
Un solide coup de pouce est donné au développement régional grâce aux grands projets déployés dans la région, permettant ainsi l’attractivité des investissements dans la région.

Le Port atlantique, par exemple, joue un rôle central dans la région. Il ambitionne de positionner Dakhla comme une plateforme maritime majeure, devenant ainsi un centre stratégique pour le commerce et le transport maritime vers le continent.

Parallèlement, la voie express Tiznit-Dakhla aura également un impact considérable visant à réduire les coûts de transport et à faciliter la circulation des biens et des personnes.

Sans oublier le projet de dessalement de l’eau de mer qui est l’un des plus marquants sur le plan agricole, permettant de promouvoir une agriculture durable et de renforcer la stabilité du secteur.

Tous ces projets combinés auront un effet tangible sur l’emploi avec la création de milliers de postes directs et indirects. De plus, ils renforcent l’attractivité de la région pour les investisseurs des quatre coins du monde.

Cela contribue alors à consolider la position de Dakhla en tant que porte d’entrée stratégique sur l’Atlantique.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du climat des affaires ? Que faut-il améliorer selon vous ?
Dans la région, le climat des affaires s’est nettement amélioré grâce aux réformes récentes qui ont modernisé le cadre réglementaire de l’investissement.

L’aménagement d’une nouvelle zone industrielle et la simplification des démarches administratives, via le CRI, ont contribué à instaurer un environnement particulièrement attractif pour les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers.

D’ailleurs, la création de plus de 1.700 nouvelles entreprises témoigne de la vitalité économique et de l’esprit entrepreneurial croissant dans la région.

Il reste par ailleurs des axes à améliorer. Il est ainsi essentiel d’accélérer davantage les procédures administratives en luttant contre la bureaucratie, qui demeure un problème présent dans tout le Maroc.

Il est nécessaire aussi de renforcer la formation et la qualification des compétences locales pour qu’elles puissent répondre aux besoins des grands projets, surtout dans le secteur des énergies renouvelables, de la logistique et des industries de transformation, comme les conserveries.

Il faudra aussi garantir un meilleur accès des entreprises locales aux opportunités de partenariats d’investissement et améliorer les infrastructures logistiques internes et externes. Il s’agit d’un point très important qui permettrait l’accès aux marchés africains.

Si toutes ces réformes sont menées à bien en renforçant la durabilité et la transparence, Dakhla pourra devenir un modèle en matière de climat des affaires très compétitif et intégré, dans le sens où il va allier l’attractivité des investisseurs et l’équité territoriale.

Quelles sont les actions à entreprendre pour dynamiser davantage le tissu économique local ?
Il ne suffit pas de se limiter à des décisions techniques ou à des chiffres sur le papier. Il est essentiel de cultiver une solidarité véritable, fondée sur une vision collective portée par un amour sincère pour notre terre, notre région et notre Maroc.

Cette responsabilité est partagée entre l’État, le secteur privé et la société civile, et doit reposer sur une volonté d’innovation et un profond respect de notre territoire, qui, en à peine 50 ans, est passé d’un centre rural au cœur du désert à une ville vivante, riche en opportunités.

Investir dans l’humain demeure une priorité : former les jeunes, renforcer l’autonomisation des femmes et ouvrir de nouvelles perspectives pour les PME, en particulier les TPE. Ce sont ces entrepreneurs qui constituent le cœur de l’économie locale et le moteur de cette dynamique.

Parallèlement, il est crucial de préserver l’attractivité de Dakhla, joyau de l’Atlantique, tout en soutenant et en valorisant les projets structurants, véritables leviers pour améliorer les conditions de vie et l’emploi dans la région.

Attirer les investissements ne suffit pas. Il faut également nourrir la confiance dans chaque initiative locale et l’encourager, car chaque projet représente une vision et un rêve à concrétiser.