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Al-Haouz : Deux ans après, la reconstruction presque achevée

Au lendemain du séisme du 8 septembre 2023, le Maroc a sonné la mobilisation. Non seulement pour être au chevet des victimes, mais pour tout rebâtir sur de nouvelles bases.

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Célérité et efficience. Ce sont là les mots d’ordre qui ont prévalu, qui prévalent toujours, dans les opérations de reconstruction des logements sinistrés par le tremblement de terre qui a secoué la province d’Al-Haouz en septembre 2023. C’est ce qui balise la voie dans le sens de l’accélération du processus. Et c’est cette «philosophie traduite en actions» qui trouve son écho dans toutes les réunions du comité interministériel que préside le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

Avec en toile de fond une mobilisation tous azimuts des intervenants. Et les efforts consentis sont en train de donner leurs fruits au niveau de toutes les zones touchées.

Aux dernières nouvelles du front, l’état d’avancement des travaux de reconstruction et de réhabilitation, notamment au niveau de la province d’Al-Haouz, frôlait, au 7 septembre, les 92%, à la faveur de la reconstruction de pas moins de 24.000 logements. «Et toutes les tentes qui avaient été installées après le séisme pour accueillir les sinistrés ont été définitivement démontées», indique-t-on. Mais ce n’est pas pour autant que les différents intervenants sur le terrain s’endorment sur leurs lauriers. Bien au contraire. Les efforts se poursuivent à un rythme soutenu au point qu’on annonce que ce taux d’avancement devrait atteindre 93% vers fin septembre, puis passer à 96% dans les deux mois qui suivent. C’est dire qu’on est en «mode d’accélération» pour être dans les temps, puisqu’on s’était fixé, au début, l’horizon 2029 pour l’achèvement du programme.

On apprend, par la même occasion, que seulement 4% des sinistrés n’ont pas encore entamé la reconstruction de leurs habitations. Et ce, pour diverses raisons ayant notamment trait aux litiges entre héritiers ou avec des familles qui n’ont pas été réactifs pour procéder à la construction de leurs maisons bien qu’ils ont perçu la première tranche de l’aide financière de l’État.
Or, pour dépasser cet état de fait, on indique que des «mesures légales ont été prises à leur encontre».

Partout, les chantiers avancent bien

Par ailleurs, au niveau de Marrakech, les travaux de reconstruction et de réhabilitation des logements endommagés partiellement ou totalement, amorcés en février 2024, enregistrent un taux d’avancement de près de 85%, après la construction et la réhabilitation d’environ 2.620 habitations, dans le respect strict des normes antisismiques. Là encore, la cadence de la mise en œuvre du programme arrêté va s’accélérant, puisque le taux devrait atteindre les 90% à fin septembre, voire 96% dans les deux mois à venir.

Dans cette dynamique de reconstruction, la province de Chichaoua n’est pas en reste. Mieux encore, elle affiche le taux d’avancement le plus élevé avec 97% des habitations reconstruites avec quelque 7.810 logements.

En outre, du côté de Taroudant, nonobstant les contraintes objectives et les difficultés que représentent les reliefs escarpés, le processus de reconstruction progresse à un rythme soutenu. On apprend ainsi que pas moins de 11.450 logements ont été livrés sur un total de 15.100 bénéficiaires recensés. Ce qui représente 76% du programme arrêté.

Toujours est-il que les efforts consentis ne se réduisent pas uniquement à la reconstruction et à la réhabilitation des logements, mais s’étendent aussi au réseau routier dont la remise en l’état figurait au fronton des priorités. Pour ce faire, une enveloppe conséquente de plus de 890 millions de dirhams a été allouée pour le financement des plans d’action 2024-2025, dont plus de 875 millions de dirhams affectés aux infrastructures routières, en particulier la route nationale N7 reliant Tahanaout à Taroudant.

Outre ces domaines, un intérêt tout particulier est également accordé aux infrastructures sanitaires et autres établissements scolaires qui ont été lourdement touchés par le séisme. Sur ces deux fronts aussi, la mobilisation bat son plein. On apprend que dans toutes les zones sinistrées, plusieurs nouveaux centres de santé ont été construits. Et ce, au moment où, sur le plan des établissements scolaires, on sort progressivement du cadre des classes provisoires du préfabriqué à la faveur de la reconstruction des unités qui ont été entièrement détruites ou la restauration des écoles qui ont été partiellement endommagées. Avec à la clé de nouveaux établissements entièrement renouvelés, construits selon les normes antisismiques, offrant ainsi des espaces d’apprentissage sécurisés et modernisés, comprenant notamment des bibliothèques, des terrains de sport et des équipements numériques.

Maintenant, n’en déplaise aux mauvaises langues, on voit bien que le processus de reconstruction est sur les bons rails. La vie reprend son cours normal pour des milliers de familles qui ont rejoint leurs logements et autres enfants qui ont regagné les bancs de l’école. Le tout dans un nouveau cadre de vie entièrement renouvelé. Comme quoi, le Royaume sait transformer les crises en opportunités. Et ça lui réussit.


Pression sur la main-d’œuvre
Du fait que le Royaume est dans une dynamique de développement sans précédent, marquée notamment par le lancement de plusieurs chantiers structurants où il est question de mobiliser des milliers de mains-d’œuvre, il va sans dire que cela constitue une pression sur la disponibilité. D’ailleurs, le problème est évoqué du côté des promoteurs immobiliers qui parlent même de «pénurie» autant dans leur secteur que dans celui du BTP. Résultat : la main-d’œuvre se fait rare et chère aussi. Encore faut-il la trouver ! Ce qui n’a pas manqué d’influer sur l’avancement des travaux de construction des logements. Il en est de même pour les matériaux de construction dont les coûts ont également augmenté considérablement. Or, cette tendance n’est d’ailleurs pas près de s’estomper. Puisqu’il y a plus encore à bâtir.