Au Royaume
Aide au logement : Dispositif au cœur de la stratégie sociale de l’État
Accès au logement, relance du secteur immobilier, lutte contre l’habitat insalubre…, le programme d’aide directe au logement s’affirme comme un outil structurant de la politique publique, avec des résultats tangibles enregistrés depuis son lancement en 2024.
Le renforcement de la capacité des ménages pour accéder à un logement décent constitue l’un des piliers de l’État social auquel s’est attelé le gouvernement.
Des milliers de Marocains ont pu bénéficier de biens immobiliers grâce au déploiement du programme d’aide directe au logement, venu en substitution de l’ancien mécanisme dont l’objectif était d’offrir des incitations fiscales afin de mettre en place des logements sociaux à 250.000DH et à faible valeur immobilière totale de 140.000 DH.
Le nouveau dispositif mis en place en 2024, qui devra s’étendre jusqu’à 2028, permet, sur le plan social, de faciliter l’accès au logement pour les classes sociales à faible revenu ainsi que pour la classe moyenne. Il permet également de réduire le déficit en logements et d’accélérer l’achèvement du programme «Villes sans bidonvilles».
Sur le plan économique, il contribue fortement à accroître l’offre en logement, à redynamiser le secteur de l’habitat et à dynamiser le secteur privé à travers l’implication des promoteurs privés qui ont démontré une adhésion globale.
Deux ans après son entrée en vigueur, ce programme continue de faire ses preuves. Ce sont 96.948 personnes qui ont bénéficié de ce programme au 13 avril dernier, sur environ 200.000 demandes déposées.
«Le logement ne constitue pas un luxe, mais la base de la stabilité sociale et un fondement pour la dignité humaine», a précisé Aziz Akhannouch, chef du gouvernement. Le nombre moyen de bénéficiaires s’est établi à 3.850 par mois en 2025, contre 2.400 en 2024.
Il est à savoir qu’à fin octobre 2025, la classe moyenne représente 62% des bénéficiaires, les femmes 46% et les jeunes de moins de 40 ans 54%, alors que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) en constituent 24%.
Du côté des montants, 63% des bénéficiaires ont obtenu une subvention de 70.000 DH
et 37% ont bénéficié de l’aide de 100.000 DH.
70% des acquéreurs satisfaits
Sur un autre volet, la valeur des logements acquis dans le cadre de ce programme s’élève à 29,8 milliards de dirhams, dont 5,9 milliards en tant que contribution de l’État.
Et plus de 70% des bénéficiaires se sont déclarés satisfaits de la qualité architecturale des logements acquis. Il faut dire aussi que ce programme a eu des conséquences économiques significatives, ne serait-ce qu’au niveau des crédits à l’habitat ou ceux accordés aux promoteurs.
En effet, l’encours des crédits accordés aux acquéreurs a augmenté de 3% à 255 milliards de dirhams en 2025, alors que celui destiné aux professionnels du secteur s’est apprécié de 3,3% à 59,7 milliards de dirhams.
L’adhésion des acquéreurs est tellement importante que le gouvernement a vu bon dans la Loi de finances de cette année d’apporter certaines modifications bénéfiques au secteur.
Des ajustements introduits
Dans un souci d’équité sociale, les conditions d’éligibilité au dispositif d’aide directe au logement ont été élargies.
Elles devraient inclure, à partir de cette année, les propriétaires de biens immobiliers en situation d’indivision, notamment les héritiers qui jusqu’à date ne pouvaient prétendre à la subvention publique.
Afin d’harmoniser les règles fiscales notamment, le gouvernement a relevé la durée minimale d’occupation des lieux à cinq ans, au lieu de quatre auparavant, soit la même période prévue afin de bénéficier de l’exonération du profit foncier applicable à la revente d’une résidence principale.
En même temps, dans un objectif de renforcement de l’occupation des lieux et afin d’éviter les éventuelles spéculations qui pourraient survenir après l’acquisition d’un bien, dans le cadre de ce dispositif, un autre ajustement majeur a été introduit.
Il s’agit de la restitution intégrale du montant de l’aide perçue en cas de cession intervenant avant cinq années d’occupation effective des lieux. À cela s’ajoutera le paiement de l’impôt sur le revenu ou du profit foncier équivalent.
VSB, des mécanismes de suivi
Le programme d’aide au logement a également beaucoup bénéficié aux ménages issus des bidonvilles.
Le nombre de ménages concernés par le programme «Villes sans bidonvilles» est passé de 270.000 en 2004 à 496.000 selon les derniers chiffres. Parmi eux 370.000 ont vu leur situation régularisée.
Notons que dans le cadre du programme quinquennal 2024-2028, les données de 120.000 ménages ont été actualisées au niveau de toutes les villes marocaines sans exception aucune.
Ainsi, grâce à l’approche gouvernementale dans la lutte contre l’habitat insalubre, passant d’une logique de relogement à une logique de recasement, 62 villes et centres urbains sont déclarés désormais sans bidonville.
D’ailleurs, des mécanismes de suivi ont été mis en place par l’autorité de tutelle afin d’éviter toute apparition de bidonvilles à l’avenir, et ce, dès l’arrivée à échéance de ce programme.
La location-accession à la propriété, projet en cours
Une attention particulière est attribuée à la classe moyenne qui, souvent, bute contre les prix excessifs des biens immobiliers, notamment dans les grandes villes.
Pour pallier cette contrainte, le ministère de l’Habitat planche sur une étude qui vise à établir une formule de location résidentielle à un prix inférieur à environ 20% des prix actuels du marché.
Non seulement cela, la formule intègre la possibilité de comptabiliser une partie du montant du loyer comme acompte pour l’acquisition du logement à la fin du contrat, notant que les résultats préliminaires de cette étude seront publiés en mars.

