Au Royaume
Agriculture : Les fermes de Dakhla en irrigation 2.0
Avec l’entrée en service cette année de l’irrigation par dessalement des 5.200 ha de Dakhla, le Maroc accélère sa transition agricole en s’appuyant sur des solutions hydriques innovantes et une gestion intelligente de l’eau.
À 130 km de Dakhla, vers la commune de Bir Anzarane, 5.200 hectares (ha) seront, dès cette année, irrigués à travers la station de dessalement alimentée entièrement avec l’énergie éolienne. Une profonde mutation va donc s’opérer dans le secteur agricole dans la région.
Cette superficie est subdivisée en 219 lots que l’État met à la disposition d’investisseurs agricoles à travers des contrats de location allant jusqu’à 40 ans. Ces lots sont à leur tour répartis en fonction de la superficie demandée. Ainsi,
100 lots sont d’une superficie allant de 5 à 10 ha, 79 lots vont de 10 à 40 ha et 34 lots disposent d’une superficie allant de 40 à 100 ha. Cette vision est le socle même de la souveraineté alimentaire au Maroc où de nouvelles techniques d’irrigation continuent de voir le jour.
D’ailleurs, dans la région de Chaouïa, une superficie de 250.000 ha verra son mode d’irrigation se métamorphoser, grâce aux importants volumes d’eau qui seront dégagés à partir des projets d’interconnexion des bassins Sebou-Bouregreg, Laou-Loukkos et Sebou-Oum Er Rbia, mais aussi des stations de dessalement de Casablanca et Rabat.
Cap alors sur une irrigation de complément à grande échelle, destinée aussi bien aux céréales qu’aux cultures fourragères ou encore les rotations stratégiques prévues dans la stratégie Génération Green.
Ainsi, trois zones seront identifiées, à savoir la Haute Chaouia (Settat-Ben Ahmed), avec un potentiel d’extension sur 140.000 ha, la Basse Chaouia-Nappe de Berrechid, avec 50.000 ha à sauvegarder et renforcer, ainsi que la Basse Chaouia (El Gara-Nfifikh), avec un potentiel
de 60.000 ha d’extension.
À côté de cela, un projet d’aménagement hydroagricole verra le jour dans la plaine du Gharb, pour une superficie totale de 30.000 ha via l’installation des techniques d’irrigation peu consommatrices en eau comme le goutte-à-goutte.
En outre, le Nord bénéficie d’un projet d’interconnexion entre les barrages Oued El-Makhazine et Dar Khrofa, en vue d’approvisionner le périmètre de ce dernier en eau d’irrigation sur une superficie de 21.000 ha.
Enfin, à Boujdour, et précisément dans la commune rurale de Jrifia, un projet d’aménagement hydroagricole est prévu, qui permettra l’irrigation d’une superficie de 1.000 ha, à travers le creusement et l’équipement d’une dizaine de forages de 1.400 à 1.800 m de profondeur.
Doté d’un budget de 465 MDH, ce projet devra porter la production en lait à 1.750 tonnes, celle des viandes rouges à 600 tonnes et celle de la filière maraîchère à 50.000 tonnes. Alors que la première tranche de ce projet, couvrant 250 ha, a été inaugurée en 2023, la deuxième, portant sur la même superficie, a été lancée en octobre 2024.
Du sud à Boujdour jusqu’aux plaines du Gharb, en passant par la Chaouia et le Nord, le Maroc pose les jalons d’une agriculture plus résiliente et pleinement adaptée aux défis climatiques !

