Au Royaume
Agadir réunit l’élite mondiale de la recherche sur les crocodiliens
Une première en Afrique du Nord. Plus de 300 experts venus des cinq continents débattront lors de ce congrès des enjeux de conservation et de recherche des crocodiles. L’événement renforce le rayonnement scientifique de Crocoparc et de la destination Agadir.
La capitale du Souss est entrée ce matin dans une autre dimension, celle d’une ville hôte d’un rendez-vous scientifique mondial. Pour la première fois en Afrique du Nord, le Congrès mondial du Groupe des spécialistes des crocodiles de l’Union internationale pour la conservation de la nature s’ouvre dans la capitale du Souss, confirmant à la fois la montée en puissance de Crocoparc et le positionnement croissant d’Agadir dans les réseaux internationaux liés à la biodiversité. Plus de 300 experts, chercheurs et scientifiques venus des cinq continents prennent part à cette 28e édition consacrée aux enjeux de conservation, de gestion et de recherche autour des crocodiliens.
Dans son allocution d’ouverture, le wali de la région Souss-Massa, Saaïd Amzazi, a souligné la portée de cette rencontre, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a insisté sur la signification particulière d’un congrès mondial accueilli pour la première fois en Afrique du Nord, y voyant le signe d’une reconnaissance de l’engagement du Royaume en faveur de la préservation de la biodiversité, du développement durable et de la valorisation du patrimoine naturel. Il a également mis en avant la capacité d’accueil de la région et la qualité de ses infrastructures, qui ont contribué à faire d’Agadir une destination crédible pour ce type de rendez-vous international.
Le choix d’Agadir n’a en effet rien d’anecdotique. Il consacre d’abord la crédibilité acquise par Crocoparc, devenu au fil des années bien plus qu’un parc zoologique de loisirs. Ouvert en 2015 à Drarga, il s’est imposé comme un site de sensibilisation, de médiation scientifique et d’accueil d’événements d’envergure. Il abrite aujourd’hui plus de 325 crocodiles du Nil, ce qui en fait un équipement unique au Maroc et l’un des points d’ancrage les plus singuliers de la région dans le champ de la biodiversité.
Le thème retenu cette année, « Les crocodiliens dans un monde anthropisé : conservation, défis et solutions », place d’emblée les débats de ce congrès au cœur des tensions contemporaines entre activités humaines et équilibres écologiques. Durant plusieurs jours, les travaux doivent permettre d’actualiser les connaissances, de confronter les expériences de terrain et d’identifier des réponses adaptées aux pressions qui pèsent sur les habitats et les espèces. Le programme comprend notamment une journée vétérinaire, des conférences plénières, des ateliers spécialisés, des sessions de posters et des temps d’échange destinés à encourager les collaborations internationales.
Pour Agadir et le Souss-Massa, l’événement dépasse la seule portée scientifique. Il agit comme une vitrine. Dans son intervention, le wali a rappelé la richesse écologique de la région, située au croisement d’influences atlantiques, méditerranéennes et sahariennes, et forte de plusieurs parcs nationaux de référence. À travers ce congrès, Agadir ne se contente donc pas d’accueillir un rassemblement d’experts. Elle affirme aussi une ambition : celle d’inscrire son territoire dans les grands débats internationaux sur la protection du vivant.
Avec cette ouverture, la ville franchit un cap supplémentaire. Elle confirme qu’au-delà de son attractivité touristique, elle peut aussi devenir un lieu de rencontre pour les savoirs, la recherche et la diplomatie environnementale.