Au Royaume
50 Projets qui ont changé le Sahara (4/5)
Depuis un demi-siècle, le Royaume investit massivement dans ses provinces du Sud pour les équiper d’infrastructures de tout genre à même d’assurer à la population les conditions d’une vie digne. Industrie, culture, agriculture, transport, pêche, sport… des projets à foison ont transformé le mirage du développement en réalité. Florilège.
31- Le Moussem de Tan-Tan ou le galop des traditions
Sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le Moussem de Tan-Tan, inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2008, réunit chaque année plus de trente tribus nomades du Sahara dans une explosion de traditions et de fraternité. Ce rassemblement agropastoral, né en 1963, se tient fin août à Tan-Tan, oasis du sud-ouest marocain, attirant un million de visiteurs. Au programme : une fantasia équestre grandiose, où des milliers de cavaliers en djellabas blanches chargent au galop, fusils en l’air, dans un ballet de poussière et de cris. Courses de dromadaires, spectacles de gnaoua et danses hassaniennes animent les tentes bédouines, tandis que la foire expose artisanat, bétail et produits du terroir. C’est un kaléidoscope culturel : échanges diplomatiques discrets entre tribus, marchés où se négocient chameaux et tapis, et moments de recueillement spirituel autour de feux de camp.
Le Moussem transcende le folklore ; c’est un pilier économique pour la région, générant des emplois saisonniers et boostant le tourisme saharien. Cette année, des éditions écoresponsables ont intégré des ateliers sur la préservation des oasis. Des délégations internationales y voient un modèle de cohésion tribale. Tan-Tan, porte du désert, revit pendant une semaine son âme nomade. Le Moussem n’est pas qu’un événement : c’est le pouls du Maroc saharien, où traditions millénaires dialoguent avec le monde moderne, rappelant que dans le sable, les liens humains sont éternels.
32- Les grandes enseignes s’installent au Sud
Une ville en plein développement se reconnait aussi aux nombreuses enseignes commerciales qui s’y installent, qu’elles soient nationales ou internationales. Laâyoune est de ce point de vue un cas d’école. En plein essor, la ville a connu ces dernières années plusieurs implantations, participant à la dynamique de développement économique et social que connaît la région. Dès 2017, le premier restaurant McDonald’s a ouvert ses portes dans la capitale des provinces du Sud. Plus récemment, c’est le géant marocain de la distribution, Marjane, qui a inauguré son premier hypermarché sur une superficie de 12.500 m². BIM n’est pas en reste. L’enseigne turque de Hard Discount a, elle aussi, jeté son dévolu sur Laâyoune en y ouvrant deux magasins. Mieux encore : début 2025, Mazeej Mall, retail park nouvelle génération de Marjane Group, a ouvert ses portes sur l’avenue Mohammed V. Fruit d’un investissement de 250 millions de dirhams, Mazeej Mall s’étend sur 60.000 m2, dont 30.000 m2 de surface couverte. L’offre commerciale de Mazeej Mall réunit des enseignes locales, nationales et internationales, comme Electroplanet, Kounouz, Marwa, Celio, Yves Rocher, Alain Afflelou, Lee Cooper et tant d’autres. À la clé : la création de 1.000 emplois directs. Enfin, en avril dernier, la chaîne de magasins d’articles de sport multimarque Planet Sport a inauguré son premier magasin premium, toujours à Laâyoune.
33- Une voie ouverte vers le Sahel
Fin septembre, le ministre de l’Équipement annonçait l’ouverture imminente du nouvel axe routier Smara-Bir Moghrein, en Mauritanie, en passant par Amgala. Le Maroc et la Mauritanie renforcent ainsi leur interconnexion frontalière terrestre avec l’ouverture du poste d’Amgala, le deuxième après El Guerguerat. Le projet de 93 km qui a mobilisé un montant global de 49,72 millions de dirhams se compose de quatre tronçons. Ce deuxième corridor terrestre entre les deux pays revêt une dimension stratégique puisqu’il s’inscrit dans le cadre de l’Initiative atlantique pour les pays du Sahel. Une initiative lancée par le Souverain et qui a connu l’adhésion des quatre pays concernés, en plus de la Mauritanie, et a été saluée par plusieurs États influents, le dernier étant la Russie. Cette voie, dont les travaux de construction ont été lancés en février 2024, revêt une importance particulière pour l’intégration régionale. Il offrira un nouvel accès logistique vers la Mauritanie et, au-delà, vers le Mali, renforçant la vocation du Maroc à positionner ses provinces du Sud comme plateformes d’échanges avec le Sahel. De même qu’elle relie les gisements de fer de Zouerate, non loin de Bir Moghrein, au nouveau port de Dakhla Atlantic, mais aussi au projet de production de l’acier vert prévu dans les provinces du Sud.
34- Un centre pour tisser l’avenir de l’art traditionnel
Dans le cœur animé de Laâyoune, le Centre de qualification professionnelle des arts traditionnels (CQPAT) se dresse comme un bastion vivant de l’héritage sahraoui. Ce centre public accueille des jeunes âgés de 15 à 30 ans en quête de formation qualifiante. Fondé pour préserver et transmettre les savoir-faire ancestraux, il propose des programmes en tissage, broderie, vannerie et travail du cuir, inspirés des motifs nomades du Sahara. Chaque année, une centaine d’apprentis y acquièrent non seulement des compétences techniques, mais aussi un diplôme reconnu, ouvrant les portes à l’entrepreneuriat artisanal.
En novembre 2024, il a fusionné ses efforts avec l’Institut spécialisé des arts traditionnels, fraîchement ouvert sous le patronage de SM le Roi, pour élargir son offre à des formations résidentielles intensives. Ces initiatives visent à contrer la désertification culturelle en valorisant l’artisanat comme levier économique. Les ateliers bourdonnent de couleurs vives : tapis aux géométries hypnotiques, bijoux en argent ciselé évoquant les caravanes d’antan. Les formateurs, souvent des maîtres artisans issus des tribus hassaniennes, transmettent une passion intacte. Au-delà de la technique, le Centre favorise l’insertion professionnelle. Des partenariats avec des coopératives locales permettent aux diplômés de commercialiser leurs créations sur les marchés de Tan-Tan ou Dakhla. Laâyoune affirme ainsi son rôle de gardienne des traditions sahariennes, invitant chaque visiteur à toucher du doigt l’âme du désert.
35- Laprophan : Une succursale pour servir de hub pour l’Afrique
Le laboratoire a inauguré en décembre 2022 sa succursale à Laâyoune. Cette implantation s’est imposée naturellement, car l’industriel pharmaceutique a toujours eu pour vocation d’accompagner l’évolution des besoins en médicaments du pays, d’une part, et d’autre part, il est convaincu du potentiel de Laâyoune comme véritable hub pour l’Afrique. Cet investissement vise à contribuer à la santé publique et à la dynamique socioéconomique en cours dans les provinces du Sud. Par ailleurs, cette ouverture s’inscrit également dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Une coopération qui porte aussi sur la recherche biomédicale préclinique et clinique. Deux conventions ont été signées avec la Faculté Ibn Zohr et la Faculté de médecine de Laâyoune pour développer l’innovation scientifique. L’ouverture de cette filiale, qui s’inscrit dans le cadre d’un programme d’investissement externe de 750 millions de dirhams lancé par Laprophan, permettra de renforcer le leadership du Maroc dans la construction de la souveraineté sanitaire du continent africain.
36- Un conservatoire de musique pour suivre le rythme du vent
Là où les vents atlantiques portent les échos du Sahara, le Conservatoire régional de la musique et des arts chorégraphiques de Dakhla s’impose comme un laboratoire des sons hassaniens. Inauguré en 2024, ce bastion culturel s’étend sur 2.060 m2, pour un investissement de 14,4 MDH. Niché à l’avenue El Walae, il fusionne modernité et tradition, avec des salles insonorisées, un auditorium de 200 places et des studios dédiés à la danse. Ouvert à tous, de 6 à 30 ans, le conservatoire propose un cursus riche : initiation à l’oud, au guembri et au bendir pour les rythmes nomades ; cours de danse classique, moderne et hassanie. Des modules sur la musique andalouse et amazighe enrichissent l’offre, tandis que des ateliers collectifs forment des orchestres juvéniles. Sa première promotion de 150 élèves a brillé lors d’un gala inaugural, mêlant fusions jazz-saharien et chorégraphies contemporaines sur la lagune. Ce lieu n’est pas qu’une école, c’est l’âme sonore de Dakhla. Ici, la musique tisse l’identité marocaine du Sud, contre l’oubli des caravanes chantantes.
37- Le port de pêche de Laâyoune en pleine extension
Plus grand, plus efficient et plus facile d’accès : le port de pêche de Laâyoune, plus important port de pêche maritime du Royaume, fait l’objet, depuis novembre 2024, d’importants travaux d’extension. D’un montant de 210 millions de dirhams, ce projet, piloté par l’Agence nationale des ports (ANP), vise à augmenter significativement la capacité d’accueil du port de pêche et booster le développement des activités de la pêche côtière et artisanale. L’extension a également pour objectif d’améliorer et fluidifier le trafic des différents navires de pêche, tout en offrant de meilleures conditions de sécurité aux pêcheurs, contribuant ainsi à renforcer le rôle socioéconomique de cette infrastructure vitale de la région. Les travaux actuellement menés comprennent notamment la construction d’un nouveau quai de pêche de 350 mètres de longueur et de 5 mètres de profondeur et d’un retour de quai d’une longueur de 100 mètres. La mise en place de passerelles d’accès de 112 mètres est également au programme. La fin des travaux est prévue pour l’été 2026.
38- Aérodrome pour connecter Es-Smara à l’aviation civile
L’aérodrome d’Es-Smara devrait bientôt accueillir ses premiers vols commerciaux. Depuis l’année dernière, l’Office national des aéroports (ONDA) a lancé plusieurs projets pour moderniser et étendre ce site basé dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra. Les travaux avaient atteint un niveau d’avancement de 50% en septembre, selon les autorités locales. L’un des chantiers phares, c’est la construction d’une tour de contrôle pour un investissement global de 8,4 millions de dirhams (MDH). D’importants ouvrages y ont également été lancés l’été dernier, notamment la construction d’un poste de contrôle de la Gendarmerie royale de 115 m², pour 350.000 dirhams, sur une durée de trois mois. La plateforme aéroportuaire sera aussi connectée au réseau d’assainissement liquide dans le cadre d’un projet environnemental de 800.000 dirhams, réalisé en partenariat avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Un ensemble d’infrastructures qui permettront de consolider et diversifier l’économie locale, de favoriser l’activité touristique et de générer de nouveaux emplois.
39- Centre fédéral de football : Pépinière de nouveaux talents
Le chef-lieu du Sahara marocain abritera bientôt une infrastructure sportive emblématique : un centre fédéral de formation en football. Érigé sur 12 hectares, dont une surface bâtie d’environ 7.000 m2, l’ouvrage devrait être officiellement inauguré bientôt. Ce joyau, dont les travaux ont nécessité une enveloppe de 160 millions de dirhams (MDH) est doté de nombreuses infrastructures qui vont ravir les passionnés du ballon rond. À commencer par les six terrains de football. Les 120 stagiaires (dont 40 filles) qui y séjourneront auront aussi à leur disposition une aile dédiée à la santé et au sport, et une autre à l’enseignement et la formation. Plus qu’un simple site dédié à l’entraînement physique, le Centre fédéral de formation en football se veut une véritable pépinière des futurs talents de la région, qui contribueront davantage au rayonnement du football marocain. L’infrastructure s’ajoute aux 90 terrains de proximité gazonnés, cinq piscines municipales et une piscine olympique déjà fonctionnels à Laâyoune.
40- ISMAC Dakhla : Un phare créatif de l’audiovisuel et du cinéma
Au bord des vagues infinies de l’Atlantique, l’annexe de Dakhla de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC) émerge comme un phare créatif dans le Sahara marocain. Inaugurée en février, cette structure régionale marque un tournant pour la formation aux métiers du 7e art dans les provinces du Sud. Avec ses salles high-tech et studios immersifs, elle forme 200 apprentis par an, une jeunesse avide de raconter les récits sahariens à l’écran. L’ISMAC de Dakhla propose un cursus triennal en production, réalisation, son, image et post-production, adapté aux réalités locales. Les étudiants, sélectionnés via un concours rigoureux, explorent la narration nomade, les paysages arides et les voix plurilingues du Sahara. Des modules sur le documentaire ethnographique ou le cinéma environnemental mettent en lumière les défis climatiques de la région, comme la désertification côtière. Les professeurs, issus de la scène marocaine et internationale, collaborent avec des festivals comme celui de Marrakech pour des masterclass exclusives. Cette année, les premiers courts-métrages produits par les élèves ont été primés au Festival du film arabe de Fameck, prouvant le potentiel narratif du Sud.
