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Au Royaume

50 Projets qui ont changé le Sahara (3/5)

Depuis un demi-siècle, le Royaume investit massivement dans ses provinces du Sud pour les équiper d’infrastructures de tout genre à même d’assurer à la population les conditions d’une vie digne. Industrie, culture, agriculture, transport, pêche, sport… des projets à foison ont transformé le mirage du développement en réalité. Florilège.

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21- Foum El Oued : La technopôle qui transforme le Sud

À 20 km de Laâyoune, la technopôle de Foum El Oued, lancée en 2016, constitue un projet majeur du Plan intégré de développement des provinces du Sud. S’étendant sur 600 hectares, elle mobilise un investissement global de 2 milliards de dirhams. Pilotée par la Fondation Phosboucraa, filiale du groupe OCP, la technopôle combine un pôle éducatif et de recherche avec l’Université Mohammed VI Polytechnique et un lycée d’excellence, un pôle business avec incubateur pour soutenir l’entrepreneuriat, et un pôle culturel intégrant un musée, un village commercial et des infrastructures sociales. Conçue dans une démarche bioclimatique, elle s’inspire des dunes locales, favorise la ventilation naturelle et intègre des solutions durables, comme l’énergie solaire, le recyclage des eaux et la valorisation des déchets organiques. Aujourd’hui, la technopôle crée un écosystème émergent de recherche et d’innovation, renforçant la formation supérieure, soutenant l’entrepreneuriat et offrant des perspectives d’emplois qualifiés, tout en diversifiant l’économie et en consolidant l’attractivité des provinces du Sud.

22- Pôle maraîcher qui exporte un milliard de dirhams

Dakhla s’est hissée en quelques années au rang de nouveau pôle maraîcher au Maroc, spécialisé dans la production de la tomate ronde et de la tomate cerise. Depuis les années 2000, quatre grands groupes producteurs-exportateurs y sont implantés, à savoir les Domaines agricoles, le groupe Soprofel Idyl à travers Tawarta production agricole et Mijk domaine agricole. Le groupe Maraîchage du Sahara, filiale du groupe Derham, ainsi que la société Maraissa du groupe Azura sont également de la partie. La production évaluée à près de 50.000 tonnes est destinée essentiellement à l’export, vers plusieurs destinations, dont l’Europe, la Russie ou encore les pays du Golfe. Actuellement implantée sur une superficie avoisinant 1.100 ha, la culture de la tomate devrait connaître un saut quantique avec l’aménagement de 5.200 ha irrigués par dessalement de l’eau de mer. Près de 70% de cette superficie seront destinés aux cultures maraîchères dont essentiellement la tomate, soit une production de plus de 400.000 tonnes, une valeur ajoutée de plus d’un milliard de dirhams et 10.000 emplois permanents.

23 – Le barrage Sakia El Hamra pour renforcer la résilience hydrique locale
Le barrage Sakia E Hamra de Laâyoune a ceci de particulier : il est en train d’être totalement reconstruit. Sorti de terre en 1995, l’ouvrage hydraulique avait subi de graves dégâts sous l’effet des inondations de 2016. Ainsi, après diverses expertises techniques, pas de place pour le replâtrage ! La décision a été prise de le reconstruire. Et le premier coup de pioche a été donné en avril 2018. En octobre dernier, le ministère de l’Équipement et de l’eau faisait état d’un taux d’avancement des travaux de 87%. Avec une capacité de stockage de 113 millions de mètres cubes, l’ouvrage est attendu pour jouer un rôle stratégique en matière d’approvisionnement en eau potable des populations, mais aussi sera d’un grand apport pour l’irrigation agricole dans la région dans son ensemble. De même que ce barrage, pour la réalisation duquel une enveloppe d’investissement de 650 millions de dirhams a été mobilisée, devra constituer un rempart en matière de protection contre les inondations, tout en renforçant la résilience hydrique locale. À noter que l’ouvrage, selon les prévisions du département de l’Équipement et de l’eau, devra être livré en juillet 2026. Mais, au regard de la cadence soutenue des travaux, rien n’empêche que ce délai soit réduit.

24- Un complexe industriel intégré pour les phosphates

Laâyoune-Sakia El Hamra compte sur l’échiquier national de l’écosystème des phosphates et des engrais. En effet, la région abrite la chaîne de valeur industrielle de Phosboucraa (filiale du groupe OCP), laquelle se distingue par son intégration grâce à un convoyeur de 102 km (le plus long du monde) reliant la mine de Boucraâ aux unités industrielles de Laâyoune. C’est que la mine de Boucraâ, située dans la région Laâyoune-Sakia El Hamra, représente 8% de la production totale de la roche de phosphates. Cette dernière, transportée via ce convoyeur vers l’usine de valorisation et le Wharf de Laâyoune, est ensuite exportée vers le marché international. Le complexe industriel intégré est conçu pour avoir, entre autres, une production annuelle d’un demi-million de tonnes d’acide phosphorique et d’un million de tonnes d’engrais. Il abrite plusieurs composantes industrielles : plateforme de production d’engrais, usine de lavage et flottation des phosphates, unité de séchage des phosphates destinés à l’export, parc de stockage… Pour rappel, l’édification de cette chaîne de valeur du groupe OCP dans la région est rendue possible grâce à un investissement de près de 17 MMDH.

25- Le plus long viaduc routier du Royaume sur Sakia El Hamra

Le viaduc en cours de construction au-dessus de l’oued Sakia El Hamra sera l’un des plus grands ouvrages d’art routiers jamais réalisés au Maroc et notamment le plus long viaduc routier du Royaume. D’une longueur de 1.648 mètres et d’une largeur de 21,4 mètres, pour un coût estimé à 1,38 milliard de dirhams, cet impressionnant ouvrage d’art devrait être livré en 2027. Il se compose de deux routes distinctes, de deux voies pour chacune d’entre elles, ainsi que d’un passage pour les piétons, le tout reposant sur 216 fondations, certaines atteignant jusqu’à 50 mètres de profondeur. Les retombées attendues sont multiples. Faisant partie intégrante du projet royal de la voie express Tiznit-Dakhla, et plus précisément de la voie de contournement de Laâyoune, le viaduc permettra de contourner le centre-ville pour les trajets de transit et fluidifier le trafic à destination et en provenance des provinces du Sud. Il permettra aussi de pallier le problème des coupures de circulation lors des crues capricieuses de l’oued Sakia El Hamra. Le viaduc est en effet conçu pour résister aux crues, aux vents violents, à la corrosion liée à la salinité. Il symbolise l’engagement de l’État à moderniser les infrastructures dans les provinces du Sud.

26- Un terminal d’aviation d’affaires pour faire décoller le tourisme

Depuis le 8 février 2023, l’aéroport de Dakhla abrite un terminal entièrement dédié à l’aviation d’affaires et privée. Conçu selon le concept FBO «Base d’opérations aéronautiques», cette infrastructure, financée à hauteur de 10 millions de dirhams (MDH), et s’étendant sur une superficie 424 m², se distingue par son cachet architectural moderne. L’espace VIP, doté d’une capacité de traitement de 19 passagers simultanément, est conçu pour offrir les meilleures conditions de confort et de sécurité. Le terminal dispose de ses propres facilitations en totale indépendance du terminal commercial, dont un accès côté ville, un parking d’une capacité de 20 véhicules et un drop off côté piste pour conduire les passagers de et vers le FBO.
Au-delà du renforcement des installations aéroportuaires, ce terminal dopera l’activité touristique, particulièrement le segment de l’aviation d’affaires et privée, dans une région très prisée par les touristiques, bien desservie par RAM et qui n’en finit plus de séduire de nombreuses compagnies aériennes. Au premier trimestre 2025, l’aéroport avait accueilli plus de 70.000 passagers, en progression de 14% par rapport à la même période en 2024. L’année dernière, le trafic affichait plus de 228.000 passagers. Une dynamique qui devrait se poursuivre.

27- EST Dakhla : Le nouveau vivier des talents

Le réseau des Écoles supérieures de technologie (EST) s’agrandit et Dakhla a désormais son repaire de la tech et de l’innovation : l’EST Dakhla, inaugurée en juillet 2021 sous l’égide de l’Université Ibn Zohr. Avec une capacité d’accueil d’environ 1.000 étudiants et un budget flirtant avec les 40 MDH (dont 12 millions venus du Conseil régional), l’école s’étend sur plus de 12.840 m² et brille par ses infrastructures modernes : amphithéâtre, labs dernier cri, salles de cours high-tech… et même des équipements sportifs pour décompresser entre deux projets. Côté formation, c’est du sérieux : informatique, techniques de management et génie électrique, des disciplines taillées pour répondre aux défis tech et économiques du Sud… et au-delà. Mais l’EST ne se limite pas aux bancs de l’école : elle vise aussi à devenir un vrai hub de recherche et ouvert à l’innovation.
Et ce n’est que le début ! Depuis mars 2023, l’école prend de l’ampleur avec une extension de 1.640 m² pour près de 9,74 MDH, histoire d’accueillir encore plus d’étudiants et de booster ses équipements. L’objectif est clair : faire de l’EST Dakhla le moteur incontournable de l’enseignement supérieur dans le sud du Maroc.

28- Dar Al Moukawil pour booster l’entrepreneuriat au cœur du Sahara
Inauguré le 5 novembre 2021, à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche Verte, le Centre Dar Al Moukawil d’Attijariwafa bank à Laâyoune est le 16e du réseau national. Ce dispositif gratuit et intégré soutient les très petites entreprises (TPE), les auto-entrepreneurs et les porteurs de projets, qu’ils soient clients ou non de la banque. Il offre un accompagnement personnalisé via des formations quotidiennes, des rencontres avec des experts, des conseils sur mesure et des mises en relation d’affaires.
Ce centre s’inscrit dans une dynamique partenariale avec la wilaya de Laâyoune-Sakia El Hamra, la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) et l’Agence du développement du digital (ADD). Il vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial local, en particulier pour les jeunes et les femmes, en leur fournissant les outils nécessaires à la création et au développement de leurs activités. À ce jour, les Centres Dar Al Moukawil ont accompagné plus de 365.000 entrepreneurs et petites entreprises à travers le Maroc. Cette ouverture renforce l’engagement d’Attijariwafa bank en faveur du développement économique et social des régions du sud du Maroc.

29- Un projet hydroagricole structurant pour Boujdour

C’est en 2016 qu’a démarré un projet d’envergure à Boujdour dans la commune rurale de Jrifia. Il s’agit d’un projet d’aménagement hydroagricole qui s’inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud et de la stratégie Génération Green 2020-2030. Le projet permettra d’irriguer une superficie agricole de 1.000 ha, à travers le creusement et l’équipement d’une dizaine de forages de 1.400 à 1.800 m de profondeur. Il consiste également en la mise en place d’ouvrages de stockage et de traitement des eaux, de conduites d’adduction, de réseaux d’irrigation et de pistes, d’équipements internes en irrigation localisée et d’unités de déminéralisation. Doté d’un budget de 465 MDH, ce projet devra porter la production en lait à 1.750 tonnes, celle des viandes rouges à 600 tonnes et celle de la filière maraîchère à 50.000 tonnes. Générateur d’une valeur ajoutée de 115 millions de dirhams, ce projet permettra la création de 1.000 emplois fixes. La première tranche de ce projet, couvrant 250 hectares, a été inaugurée en 2023, alors que la deuxième, portant sur la même superficie, a été lancée en octobre 2024.

30- Grand Stade de Dakhla aux normes internationales

La perle des provinces du Sud aura aussi droit à un stade moderne flambant neuf, aux meilleures normes internationales. Les travaux de cette importante infrastructure sportive ont déjà démarré suite à l’attribution, en début d’année 2025, du marché des gros œuvres à une société marocaine pour un montant de 265 millions de dirhams. Le Grand Stade de Dakhla sera construit dans un délai de 36 mois, sur une superficie de 50 hectares abritant, en plus du terrain de jeu, plusieurs importantes installations et commodités. D’une capacité de 15.000 places, dont 5.000 couvertes, il est situé au nord-est de la ville de Dakhla, au croisement entre la route nationale N1 et la route provinciale qui mène à la péninsule. Bien plus qu’un simple équipement sportif, la future arène s’inscrit dans une vision globale de développement territorial de la région, au croisement du sport, du tourisme et des infrastructures. Il s’intégrera en effet au schéma d’aménagement urbain de la ville, à proximité des nouveaux axes routiers et du futur port Dakhla Atlantique, et contribuera à renforcer son attractivité sportive et touristique. Déjà capitale mondiale du kitesurf, Dakhla pourrait ainsi devenir un centre sportif multidisciplinaire, accueillant des compétitions nationales et internationales, ainsi que des événements culturels et des concerts.