Au Royaume
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Sous le règne de SM le Roi, le Royaume s’est complètement métamorphosé. Retour sur les moments forts et les thématiques phares d’une majestueuse épopée marocaine. Les 5 thématiques choisies ici sont : La culture, la religion, la Moudawana, l’associatif et l’amazigh.
CULTURE
Des premières notes à la scène mondiale
Il y a quelques années encore, le Royaume ne comptait que quelques festivals, presque sur les doigts d’une main. Depuis, des dizaines ont vu le jour, couvrant tout le territoire national. Ces événements ne sont pas seulement des moments de joie collective. Qu’ils soient thématiques ou régionaux, ils jouent aussi un rôle crucial dans la préservation du patrimoine immatériel des zones où ils se déroulent. Musique, danse, costumes, ils consolident les identités locales et assurent la pérennité de ces expressions artistiques.
Une nouvelle génération de manifestations culturelles, à la fois locales et universelles, a également émergé. Parmi elles, quatre événements majeurs symbolisent l’ouverture du Royaume sur le monde : Mawazine à Rabat, Gnaoua à Essaouira, Timitar à Agadir et le Festival des Arts populaires, doyen des festivals, de Marrakech. Sans oublier les rendez-vous cinématographiques, dont le Festival international du film de Marrakech (FIFM), véritable locomotive du secteur. Une dynamique solidement établie a su conquérir le public au fil des éditions, comme en témoignent les foules toujours plus nombreuses. Dans le même temps, le développement des infrastructures joue un rôle clé pour renforcer l’attractivité de ces événements. À titre illustratif, l’inauguration prochaine des Grands théâtres de Casablanca et Rabat vient souligner cette approche globale qui embrasse toutes les formes d’expression artistique.
RELIGION
De la réforme locale à l’exportation du modèle
Il y a quelques années, le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a lancé une réforme majeure dans le domaine religieux, débutant par la refonte de la formation à travers l’École d’études islamiques de la capitale. Cette institution forme non seulement des imams, mais aussi des mourchidines et des mourchidates, répondant ainsi aux besoins locaux face à la montée d’influences extérieures et pour contrer les idéologies extrémistes, tout en promouvant un Islam modéré et ouvert. Ce modèle s’est rapidement imposé comme une référence, suscitant l’intérêt de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne et même européens. En Afrique, le Maroc a également joué un rôle de partage en créant deux initiatives clés : l’Institut des Oulémas africains à Rabat, formant les futurs leaders religieux de plusieurs nations africaines, et la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, établie en 2015 et dotée de plusieurs antennes sur le continent. Cette Fondation vise à lutter contre l’idéologie djihadiste et la radicalisation. Ainsi, le modèle marocain, une composante du soft power national, se déploie à l’international en raison de son caractère exemplaire.
MOUDAWANA
De la réforme pionnière aux défis contemporains
À la demande du Roi Mohammed VI, les Oulémas sont sur le point de rendre leur copie sur plusieurs sujets «délicats» concernant la réforme du Code de la famille. Cette initiative vise à harmoniser la législation avec les principes de l’Islam tout en tenant compte des évolutions de la société marocaine. Avant 2004, le Code du statut Personnel présentait des lacunes significatives en matière de protection des droits des femmes. Pour remédier à cela, une réforme en profondeur a été entreprise, débouchant sur une législation familiale plus équitable. Cette avancée a été saluée comme une révolution juridique, mettant fin à des inégalités flagrantes en matière de tutelle, de garde des enfants, d’héritage, de mariage précoce, de partage des biens et de polygamie. La Moudawana a aboli la répudiation unilatérale, encadré la polygamie, régulé l’avortement, fixé des restrictions sur le mariage des mineurs et défini les règles de partage des biens acquis pendant le mariage. Bien que largement saluées au début du millénaire, ces mesures ont été critiquées vingt ans plus tard en raison de nombreux dysfonctionnements dans leur application. La volonté royale manifestée dès le début du règne de promouvoir l’émancipation des femmes et l’égalité des sexes s’est concrétisée au cours des 25 dernières années. Cela se reflète dans la présence croissante des femmes dans divers secteurs économiques et leur engagement significatif dans le domaine social. Cette nouvelle réforme, qui réaffirme l’engagement royal en faveur de l’émancipation des femmes et de l’égalité des sexes, devrait renforcer davantage le rôle des femmes pour une société moderne et équilibrée.
ASSOCIATIF
Des débuts modestes ont la participation citoyenne
Des associations, on en compte pas moins de 236.000 au Maroc, soit 340 associations pour 100.000 habitants. Ces données attestent de l’évolution du tissu associatif qui ne comptait à la fin des années 1990 que 30.000 unités. Une évolution qui s’explique, d’une part, par l’ouverture vers le financement à l’international et les partenariats avec les agences internationales et, d’autre part, par le lancement de l’Initiative nationale du développement humain (INDH). Les associations de proximité, qui jouent un rôle essentiel dans le développement des compétences individuelles et collectives, ainsi que dans le renforcement de la cohésion sociale et de la résilience de la société, ont ainsi vu leur nombre exploser en l’espace de quelques décennies. Dans le détail, 40% des associations interviennent dans le social, 20% sont dans l’environnement et le développement durable et 19% s’activent sur le terrain du sport et loisirs. Environ 5% sont actives dans les champs politique, religieux et des droits humains. Au cours de la dernière décennie, le ralentissement de l’activité associative a rendu indispensable une réforme du secteur. Actuellement en projet, cette réforme vise à revitaliser le paysage associatif en favorisant davantage l’engagement citoyen.
AMAZIGH
De la marginalisation à l’universalité
Autre temps, autres us. Au début des années 1980, un avocat a été écroué pour avoir accroché une pancarte en tifinagh à l’entrée de son bureau. Cet alphabet antique vieux de 4000 ans trône aujourd’hui fièrement sur les devantures de toutes les administrations publiques… y compris les tribunaux. Une révolution profonde a été menée depuis le discours d’Ajdir de 2001 jusqu’au programme de généralisation de l’amazigh à l’école et dans l’administration, en passant par la constitutionnalisation en 2011. La création de l’Ircam a été un acte majeur puisqu’une fois en place, l’institut a entamé un processus de standardisation de la langue, qui vient d’ailleurs d’être intégrée dans Google traduction avec une forte contribution marocaine. Cette démarche d’unification s’est renforcée avec l’instauration du Jour de l’An amazigh comme fête nationale. Un véritable symbole qui bat en brèche les tentatives politiques de segmentation de cette culture, une et unie, en trois composantes, tachelhit, tamazight et tarifit. Les initiatives entreprises par le Souverain depuis près de 25 ans sont en passe d’en finir avec cette compartimentation et le résultat est là : l’identité marocaine est unique et indivisible et la langue amazighe, dans ses différentes variantes, en fait partie intégrante.