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Titres de créances négociables : Une soupape qui continue de séduire

Les certificats de dépôts représentent plus des deux tiers de l’encours des TCN. Même à un taux plus élevé, les banques continuent de recourir à cet instrument financier. Les entreprises et les sociétés de crédit ne sont pas en reste.

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En plus des emprunts obligataires, les banques ont recours aux titres de créances négociables, prenant la forme de certificats de dépôts (CD). Un moyen de refinancement comme un autre et qui porte sur des montants conséquents. Selon les statistiques de Bank Al-Maghrib, l’encours des CD a totalisé 53,6 MMDH, avec des montants qui vont de 1 milliard pour le FEC à 10 milliards pour la BMCI.
Généralement, ces instruments financiers rentrent dans le cadre d’un programme global de financement renouvelable sur plusieurs années. C’est le cas par exemple du Crédit du Maroc dont le programme annoncé en 2007 portait sur un plafond d’émission de 9 MMDH et qui est renouvelé après l’écoulement de chaque période. De même pour la BMCI qui avait mis en place un programme de financement à travers les CD, en 1999, pour un montant de 11 MMDH. Les exemples ne manquent pas, tous avec le même objectif : l’optimisation des coûts de besoins en financement à court et moyen termes, sinon l’accompagnement du plan de développement. C’est du moins ce qui ressort des notes d’information concernant ces opérations. Autrement dit, ces instruments viennent comme une soupape permettant de financer la trésorerie des banques et d’avoir donc davantage d’assise pour distribuer des crédits.

Les banques toujours en quête de ressources
En fait, le recours aux certificats de dépôts n’est pas considéré comme un refinancement prioritaire. Il s’agit plutôt d’un moyen de financement complémentaire des banques après qu’elles aient «épuisé» les moyens classiques, à savoir les avances de la banque centrale ou encore le marché interbancaire. «Ce qui permet ainsi d’éviter d’exercer une pression monétaire sur le marché interbancaire et de desserrer par la même occasion les taux. Autrement, ils seraient amenés à augmenter», nous explique ce spécialiste du secteur bancaire.
Pourtant, les émissions des CD sont réalisées à des taux plus élevés que ceux pratiqués tant au niveau du financement à travers les avances de BAM que par le marché interbancaire. Notre spécialiste explique que pour certaines, le besoin de refinancement est plus important que ce que peut proposer BAM ou encore que ce qu’elles peuvent avoir au niveau du marché interbancaire. Du coup, le seul levier, de court terme, est celui des CD. «Les banques se refinancent certes à des taux plus élevés, des fois de 100 points de base. Mais, la marge d’intermédiation reste toujours intéressante, même en l’absence de répercussion complète des hausses du taux directeur», ajoute notre source. En effet, les différents certificats de dépôts sont émis à des taux variant entre 2,5% et 3,7% pour des périodes allant d’une trentaine de jours à 2 ans. Et quand on compare ce coût de refinancement au taux des crédits accordés à 5% au moins, il est clair qu’elles en sortent gagnantes. Cela, en sachant que le gros des ressources est gratuit puisqu’il est constitué de dépôts à vue qui, au final, ne coûtent rien à la banque. «Étant ainsi au maximum de leur refinancement auprès de BAM ou des banques consœurs, elles utilisent ce moyen un tantinet plus cher pour assouvir leurs besoins en ressources», conclut ce professionnel.

Facilités de caisse plus chères que les billets de trésorerie
Ce qui va pour les banques va aussi pour les sociétés commerciales et industrielles qui s’orientent, pour leur part, vers les billets de trésorerie (BT), avec un renouvellement du programme de financement. L’encours de ces BT totalise 5 MMDH, dont l’OCP accapare 70%. Ils sont émis à des taux qui oscillent entre 4,3 et 5,9%, avec comme objectifs d’optimiser les coûts de financement, de diversifier les sources et surtout de faire face aux besoins de trésorerie ponctuels générés par des variations de besoin en fonds de roulement.
Dans ce cas, «les entreprises ont tout intérêt à recourir au marché des TCN plutôt qu’aux facilités de caisse bancaire. Ces dernières sont octroyées à des taux qui peuvent atteindre jusqu’à 12%. Ce qui ne manquerait pas de plomber le coût de financement de ces entreprises», souligne notre source. D’autant que plusieurs entreprises ont atteint le plafond de ces crédits de trésorerie. Il n’y a qu’à voir l’encours de ces prêts, notamment ces deux dernières années, qui croît plus rapidement que les autres catégories de crédit. Entre juin de cette année et celui de 2021, l’encours a augmenté de 12,7% se situant à 256,6 MMDH, contre une hausse de 6,3% pour les crédits à l’équipement. Si l’on prend une année normative, soit 2019, ces deux catégories de prêts se sont renforcées presque au même rythme, de 7% et 6% respectivement. C’est dire le recours plus important des entreprises aux crédits de trésorerie pour satisfaire leur BFR et qui est complété par les billets de trésorerie. Il faut savoir que ce type d’émissions est réalisé le plus souvent à une durée entre un mois et une année, à travers des placements privés, car le ticket d’entrée est important. Fixé à 100.000 DH, il est donc réservé aux investisseurs qualifiés qui ne manquent pas de répondre présent pour y souscrire. «Jusqu’à présent et comme ce qui est le cas des émissions obligataires, aucun problème n’est venu plomber ce mode de financement : les investisseurs s’y intéressent vu la rémunération intéressante qu’il propose et les émetteurs honorent leurs engagements en matière de rémunération».


Les BSF drainent près du tiers des TCN
Les sociétés de financement s’orientent, de leur côté, aux bons de sociétés de financement (BSF) dont l’encours totalise 22,5 milliards de DH. Tout comme les banques ou les entreprises, les sociétés de financement cherchent à diversifier leurs sources de financement, mais aussi d’avoir davantage d’aisance dans la programmation du financement des particuliers. Ces instruments totalisent 27,8% de l’encours global des TCN qui, lui, se situe à 81 MMDH. Ils se positionnent en 2e place après les certificats de dépôts émis par les banques.
En effet, le gros des levées est effectué par les banques et représente plus des deux tiers de l’encours des TCN. Le reste est mis sur le compte des billets de trésorerie. Son encours s’est établi à 5,2 MMDH, avec un poids de 6,4%.