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Sonasid a les yeux rivés sur l’avenir
Les réalisations de l’exercice passé sont en berne. Toutefois, le sidérurgiste dispose d’un potentiel important compte tenu de sa politique de diversification des produits, mais aussi des opportunités de croissance sur le marché national.
Sonasid ne souhaite plus se limiter à la production d’aciers longs, notamment le rond à béton et le fil machine. Le groupe continue de se diversifier et de dénicher de nouveaux relais de croissance à forte valeur ajoutée et qui génèrent des marges intéressantes. La fibre d’acier, l’acier vert ou encore le fil précontraint représentent des niches de croissance importantes. Qui plus est, le groupe ne subit pas une grande concurrence sur ce secteur, contrairement aux produits classiques. «Si les marges se situent pour ces derniers entre 3 et 3,5%, elles peuvent atteindre jusqu’à 15% pour les fibres d’acier par exemple», explique un analyste du marché.
Le sidérurgiste est assez avancé dans sa production de fibre d’acier, dont la grande partie, soit 80%, est destinée à l’export, notamment aux États-Unis et à l’Afrique du Sud. D’ailleurs, pour ce produit, l’usine de Nador est réservée à ces produits dits de haute valeur ajoutée, quand celle de Jorf Lasfar est destinée aux produits traditionnels. Pour l’acier vert, l’objectif du groupe est d’augmenter de 25% la capacité de production.
Que de produits nouveaux
Dans une note réservée à Sonasid, BMCE Capital Global Research (BKGR) précise que le groupe mise sur le démarrage de la production de fil précontraint en 2024 et le toron précontraint en 2027, ainsi que la pénétration progressive de l’industrie automobile avec le développement des câbles en acier servant au mécanisme d’ouverture des portières et des coffres. À moyen terme, le sidérurgiste devrait lancer les socles de sièges, les barres en acier de qualité spéciale – SBQ – et les tiges d’amortisseurs. Ainsi, à l’horizon 2025, l’objectif de cette stratégie est d’élever la contribution des produits à forte valeur ajoutée à 10% du chiffre d’affaires du groupe.
Il n’en reste pas moins que l’industriel continue de développer son activité historique : les aciers longs. Et sur ce produit, 2023 aura été une année difficile. La pression exercée par les exportations chinoises, en raison de la petite forme du marché de la construction, a impacté les prix à la baisse. Ainsi, l’année précédente, le chiffre d’affaires social a augmenté de 1% seulement à 4,9 milliards de dirhams, grâce essentiellement à un effet volume, en hausse de 9%, permettant ainsi de neutraliser l’impact de la tendance baissière des prix.
Il faut dire aussi que la forte dégradation des spreads entre ferraille et rond à béton sur le marché international a eu raison du résultat d’exploitation, qui s’est contracté de 40% à 119 MDH. Et comme annoncé dans leur profit warning, le bénéfice social de l’opérateur a reculé de 34% à 79 MDH.
Les opportunités à la pelle
Néanmoins, la situation ne saurait tarder à se redresser. Nombreuses sont les nouvelles opportunités de croissance qui sont attendues au niveau national, sur tous les fronts : construction, infrastructures, BTP… À ce titre, BKGR souligne que le marché de la construction devrait être tiré notamment par le lancement de nombreux projets structurants fortement consommateurs de produits sidérurgiques, notamment les infrastructures hydrauliques prévues dans le cadre du plan d’urgence afin de faire face au stress hydrique, qui inclut le programme de construction de 18 grands et 8 petits barrages sur la période 2024-2029, ainsi que le lancement en 2024 des travaux de construction de la plus grande station de dessalement de Casablanca.
Parallèlement, la mise à niveau des infrastructures hôtelières, sportives et logistiques, afin d’accueillir la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030, devrait dynamiser la demande sur les produits sidérurgiques, de même que l’entrée en vigueur du nouveau dispositif d’aide aux logements, qui devrait induire la relance de la demande immobilière. Enfin, le programme de réhabilitation des régions touchées par le séisme d’Al Haouz, recensant 31.037 habitations effondrées partiellement et 1.603 totalement détruites, permettrait de renforcer les besoins du marché en acier et profiter ainsi à Sonasid.
Structure bilancielle saine
Au niveau bilanciel, l’exercice 2023 s’est soldé par un désendettement de 756 MDH contre 852 MDH une année auparavant. Ce qui s’explique principalement par la politique d’allocation des excédents de trésorerie en faveur des projets d’investissement créateurs de valeur. Du côté des investissements, Sonasid a mobilisé une enveloppe de 219 MDH, en progression de 54% par rapport à 2022. Elle a porté sur le renforcement de l’excellence opérationnelle et le développement de nouveaux produits à forte valeur ajoutée. Le groupe a ainsi lancé la construction d’une nouvelle unité dédiée au tréfilage d’acier pour une enveloppe de près de 100 MDH.
Au final, le groupe devrait distribuer un dividende de 21 DH au titre de l’exercice 2023 contre 30 DH en 2022. Ce qui correspondait à un pay-out de 103% et un dividend yield de 3,2% sur la base du cours à fin décembre.
Un upside estimé à 20% en Bourse
Au vu des réalisations du groupe et surtout des perspectives d’avenir du sidérurgiste, BKGR recommande d’accumuler le titre et lui prévoit un cours cible de 998 DH, soit un potentiel de hausse de 20% sur la base du cours du 7 mars de 832 DH. La cellule de recherche a revu à la hausse ses prévisions et prévoit donc des revenus consolidés en progression de 5,2% à 5,2 milliards de dirhams, soutenus par le renforcement des ventes dans un contexte de reprise escomptée de la demande nationale avec le lancement de plusieurs projets d’infrastructure et la reprise attendue de l’activité immobilière. Le RNPG, lui, devrait ressortir en croissance de 4% totalisant 67,6 MDH. En termes de rémunération, BKGR anticipe un dividende de 25 DH par action.
