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SGTM lève le voile sur une stratégie ambitieuse
Elle franchit une nouvelle étape de son développement, à travers une introduction en Bourse. À un prix variant entre 340 et 420 DH, la société compte, entre autres, optimiser les coûts de financement et accroître sa notoriété.
Attendue depuis plusieurs mois, SGTM entre enfin en Bourse. L’opération d’un montant maximal de 5 milliards de dirhams (MMDH) sera réalisée par voie de cession de 12 millions d’actions, et ce, pour un prix d’introduction compris entre 340 et 420 DH, sur la base d’une valeur nominale de 20 DH. La part du capital libérée en Bourse correspondra alors à un flottant de 20%.
Quatre types d’ordres ont ainsi été définis. Le premier est celui des salariés de l’entreprise et retraités éligibles pour lesquels une décote de 19% est accordée, soit un prix de 340 DH. Le deuxième concerne les personnes physiques et morales sans minimum de souscription qui peuvent acquérir les titres SGTM à un prix de 380 DH, en décote de 9,5%.
Le troisième est relatif aux personnes physiques et morales, qui répondent à une souscription minimale de 11.905 actions par compte, soit 5 MDH. Le dernier type d’ordre porte sur les investisseurs étrangers ainsi que les OPCVM à l’exception des fonds monétaires et obligataires de court terme.
Le prix de souscription de ces deux derniers types d’ordre est le prix de marché de 420DH. À noter que la période de souscription s’étendra du 1er au 8 décembre prochain, pour une première cotation prévue le 16 du même mois.
Cette IPO a été motivée notamment par la taille et les perspectives de croissance de l’entreprise, notamment dans un secteur en développement continu, compte tenu des différents chantiers lancés.
SGTM a, depuis plus d’une cinquantaine d’années, laissé une trace dans le secteur du BTP et de la construction, en remportant de nombreux projets, à l’instar du Grand Stade Hassan II (en groupement avec TGCC), du mégachantier de Dakhla-Atlantic (en consortium avec Somagec-Sud), de l’extension des aéroports de Marrakech et Agadir avec Jet Contractors, ou encore la gare de Hay Riad, la consolidation de la Mosquée Hassan II…
Carnet de commandes de 37 MMDH
Cette opération constitue alors une nouvelle étape dans le développement de l’entreprise. Les fonds levés permettront ainsi de faciliter le recours à des financements externes et renforcer l’agilité financière de la société grâce à un accès direct aux marchés financiers, d’optimiser les coûts de financement, d’accroître sa notoriété et sa proximité auprès des investisseurs institutionnels et du grand public, de poursuivre et renforcer la logique de transparence et de performance, mais aussi d’institutionnaliser la société en associant de nouveaux partenaires au capital, d’offrir de la liquidité aux actionnaires et d’associer les salariés au développement de leur entreprise et partager avec eux les fruits de la performance.
Les perspectives de croissance de la société sont des plus prometteuses. En effet, le carnet de commandes totalise à fin mai 37 MMDH, sachant que les prises de commandes sur la période 2026-2028 intègrent un pipeline additionnel de projets potentiels, correspondant à de nouvelles affaires de 15 MMDH par an.
Ce pipeline regroupe des projets de diverses natures, dont des projets industriels, des appels d’offres publics, des projets d’infrastructure… avec des durées d’exécution comprises entre 3 et 5 ans. Par ailleurs, un autre pipeline de projets «Fast Track» est estimé à 4,5 MMDH et est réparti entre 1 MMDH en 2026, 1,5 MMDH en 2027 et 2 MMDH en 2028.
Ainsi, le chiffre d’affaires devrait atteindre 14,3 MMDH en 2025 et bondir à 17,8 MMDH en 2028, puis à 20 MMDH en 2031. La société précise que les revenus devraient connaître une décélération progressive du taux de croissance annuel de -0,2% par an jusqu’en 2031, qui se situerait ainsi à 3,9% en 2029, à 3,6% en 2030 et à 3,4% en 2031. Ce qui placerait ce taux au-dessous des prévisions de Fitch Solutions qui portent sur le secteur de la construction.
Investissements : 2,5% du CA
Pour accompagner le développement du secteur et répondre aux besoins de ses clients, SGTM poursuit une stratégie d’investissement soutenue. Entre 2023 et 2024, l’opérateur du BTP a alloué 6,4% en moyenne du chiffre d’affaires pour son budget d’investissement. Sur la période 2025-2031, ce dernier ne représente plus que 2,5%, s’élevant ainsi à près de 3 MMDH, ou encore 420 MDH en moyenne par an.
Ce fléchissement s’explique par le renforcement des investissements opéré depuis 2022 à la sortie de la crise économique liée au Covid-19, en vue de permettre à la société de renforcer son parc de matériel pour supporter une bonne partie de la croissance prévisionnelle.
Le résultat net consolidé devrait franchir pour la première fois le cap d’un milliard de dirhams à la fin de cette année. Il devra poursuivre son élan de croissance pour atteindre 1,9 MMDH à l’horizon 2031, ce qui représente un TCAM de 9,4%. Du côté de la rémunération des actionnaires, SGTM prévoit de proposer chaque année 50 à 100% de son résultat distribuable au titre des dividendes.
Le montant distribué devrait s’établir à 500 MDH (8,4 DH par action) en 2025 et s’élever à 1 MMDH à terme (16,6 DH par action), en tenant compte d’un TCAM de 13,6%. Ainsi, le taux de rendement devrait se situer à 2,5% cette année, pour rebondir à 4% en 2031.
Une valorisation plus intéressante que le secteur
Sur la base d’un taux d’actualisation de 7,96% et d’un taux de croissance à l’infini de 2,5%, la valeur de l’entreprise ressort à 28 MMDH, constituée de la somme actualisée des free cash-flow 2026-2031, à hauteur de 7 MMDH, et de la valeur terminale actualisée de 21 MMDH.
Après déduction de la dette nette et des passifs à caractère de dette au 31 décembre 2025 de 1,4 MMDH, la valorisation des capitaux propres de SGTM s’établit à 26,7 MMDH, soit une valeur par action de 445 DH sur la base d’une valeur nominale par action de 20 DH.
Une décote de 5,6% est appliquée, aboutissant à un prix d’introduction de 420 DH correspondant ainsi à une valorisation des fonds propres de 25,2 MMDH. Le PE s’établit ainsi à 23x en 2025 et 18,3 x en 2026 pour un PE sectoriel de 38,2 x et 30,3 x sur ces deux années respectivement.
