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Pharmaceutiques : Niches, opportunités… et potentiel

Les deux sociétés cotées du secteur, Sothema et Promopharm, capitalisent sur le développement du système de la santé au niveau national et la croissance de la consommation de médicaments. Le cannabis thérapeutique représente un marché porteur qui devrait propulser l’activité.

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Le secteur pharmaceutique maintient une trajectoire de croissance continue portée par plusieurs facteurs, dont notamment la généralisation de la couverture sociale universelle à tous les Marocains, combinée au développement démographique, avec une population appelée à vieillir, mais aussi à la suppression depuis le 1er janvier 2024 de la TVA sur les médicaments qui était de 7% auparavant.

En ajoutant à ces trois éléments l’effort entrepris par le gouvernement pour faire baisser les prix de plusieurs médicaments, la consommation serait multipliée par 4 ou 5, selon un rapport du Policy Center for The New South.

Les deux sociétés pharmaceutiques cotées du secteur, Sothema et Promopharm, surfent sur cette vague en affichant des réalisations appréciables.

L’activité de Sothema a généré en 2024 un chiffre d’affaires de 2,6 milliards de dirhams, en hausse de 12% par rapport à l’exercice 2023. Les revenus issus de la fabrication et du façonnage ont progressé de 10% et représentent 58% du chiffre d’affaires global.

Pour leur part, les ventes de produits en l’état, qui constituent une part plus réduite de l’activité, ont enregistré une hausse de 18%. Sothema poursuit sa politique d’enrichissement du portefeuille, qui rentre dans le cadre de la satisfaction des besoins de santé publique au niveau national, avec l’obtention de 21 autorisations de mise sur le marché (AMM) contre 15 en 2023.

Elle a déposé 20 nouvelles demandes d’AMM. Le résultat net part du groupe s’établit à 315 MDH, en augmentation de 19,8% sur une année.

Cannabis, nouveau débouché
Le cannabis médical est un créneau de développement supplémentaire pour l’opérateur. À ce titre, 20 molécules sont actuellement en cours de développement, dont un traitement innovant à base de cannabis thérapeutique, destiné au traitement de l’épilepsie thérapeutique, en partenariat avec le CHU de Tanger.

D’autres produits sont également à l’étude, dans les domaines de la sclérose en plaques et des soins palliatifs. Sur le plan industriel, Sothema devra démarrer la production de carpules injectables au Maroc, ainsi que le lancement de la fabrication d’anticancéreux au sein d’Axess Pharma.

À côté de cela, Sothema se diversifie et s’exporte également. D’ailleurs, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, avait insisté lors du Forum de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques sur le renforcement de la présence de l’industrie pharmaceutique à l’international.

Pour lui, «elle doit dépasser le marché intérieur, avec un objectif de 40 à 70% du chiffre d’affaires à l’export». En ce sens, le groupe industriel est présent en Côte d’Ivoire et en Arabie saoudite, à travers des bureaux de représentation, et a créé une filiale industrielle au Sénégal.

Il s’est également positionné en Irak, grâce à une collaboration avec le ministère de la Santé qui s’est traduite par la signature d’un premier contrat de fourniture de morphine et l’enregistrement de 25 nouveaux produits.

En tout, ses produits sont exportés vers 16 pays, essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient. Cependant, le chiffre d’affaires à l’export n’est que de 236 MDH, ce qui représente 9% des revenus globaux, un niveau équivalent aux exportations moyennes de la production pharmaceutique nationale.

Différentes trajectoires en Bourse
Son concurrent direct Promopham, bien plus discret en termes de communication financière, est aussi actif que Sothema dans la mise en marché de nouveaux produits.

En 2024, la société a obtenu six nouvelles AMM et a lancé cinq nouveaux produits stratégiques. Ce qui a permis à son chiffre d’affaires de progresser de 11,6% pour atteindre 898,7 MDH, avec une évolution des ventes de 9,8%. Promopharm a ainsi gagné 10 pbs de parts de marché, se situant à 3,8%.

Cette performance ne s’est pas traduite sur le bénéfice net, qui a donc baissé de 3% pour totaliser 55 MDH. Le top management explique cela par le niveau élevé des dépenses en recherche et développement en vue d’ajouter de nouveaux produits au pipeline, ainsi que l’augmentation des coûts liés au démarrage des nouvelles unités de fabrication, destinées à produire de nouveaux médicaments.

Ajouter à cela la constitution de provisions exceptionnelles liées à l’audit CNSS et au risque de récupération du crédit de la TVA.
En Bourse, la performance annuelle de Sothema a atteint 67% pour un cours de 1.545DH, alors que Promopharm, a enregistré une progression de 21% à 1.149DH. En revanche, le PE de la seconde est nettement plus intéressant que la première, avec 12x contre 29x.

Pareil pour le taux de rendement du dividende qui se situe à 2,6% et 1,8% respectivement.


La dynamique de croissance se poursuit

Même si les réalisations de ces sociétés s’inscrivent sur un trend haussier, le potentiel de croissance reste encore très élevé, compte tenu des différents développements que connait le système de santé actuellement, sachant qu’après les phosphates, l’industrie pharmaceutique est la deuxième activité chimique du Royaume.

C’est aussi l’un des secteurs pharmaceutiques d’Afrique parmi les plus dynamiques et se classe en deuxième position du continent en termes de production (après l’Afrique du Sud) et cinquième de la région MENA, et répond aujourd’hui à 80% des besoins du Royaume en médicaments.