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OPCVM : Le segment qui tire son épingle du jeu

Ils continuent de séduire les investisseurs dans un contexte de correction du marché actions et de stabilité des taux obligataires. Les rendements sont intéressants avec une collecte nette de 40 milliards de dirhams depuis le début de l’année.

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Si le marché actions affiche une grise mine depuis le début de l’année avec des baisses successives et si le «statu quo» règne sur le marché de la dette souveraine, il est un segment qui se porte on ne peut plus mieux : celui des OPCVM, qui apparait aujourd’hui comme le plus dynamique de la sphère financière et qui reste porté par une collecte soutenue.

L’actif net total affiche une hausse de 5,2% depuis le début de cette année, pour atteindre 825 milliards de dirhams (MMDH). Cette performance revient à l’amélioration de l’actif net sous gestion de toutes les catégories d’actifs, sur les deux premiers mois de l’année, bien que les évolutions restent disparates entre les différentes classes.

Ainsi, l’encours des fonds actions a progressé de 2,4% à 79 MMDH, celui des OPCVM monétaires de 7,4% à 118 MMDH et celui des obligations de moyen et long terme (OMLT) de 1,2% à 377 MMDH. Pour leur part, les fonds obligataires de court terme (OCT) ressortent avec un encours en croissance de 15% à 130 MMDH.

Cette situation confortable des OPCVM trouve son origine dans la conjugaison de plusieurs facteurs, dont la position de trésorerie favorable des banques, la poursuite de la stabilité de la courbe des taux et un marché actions qui corrige sans perdre ses fondamentaux de base.

En effet, le marché actions est en baisse depuis le début de l’année. Après une année de forte progression avec un indice qui a réalisé une performance annuelle de 27,6%, cette année, la Bourse de Casablanca traverse une période morose, en raison notamment d’un mouvement de prises de bénéfices qui dure et persiste.

À fin février, le Masi avait enregistré une baisse annuelle de 3,75%, mais s’est davantage enfoncé à partir du lundi 2 mars, consécutivement aux tensions au Moyen-Orient, pour réaliser, en deux séances consécutives, une chute de 10%. Au 4 mars de cette année, le Masi s’est légèrement redressé de 1,56%. Sa contreperformance annuelle a atteint 12,98%.

Entre autres raisons de cette baisse initiale, le retour en force du Trésor sur le marché des adjudications des bons du Trésor après une fin d’année calme et donc, par effet d’arbitrage, les investisseurs se sont réorientés vers le marché primaire.

En plus de cela, les perspectives d’un premier trimestre agricole en berne, compte tenu des inondations qui ont frappé de nombreuses régions du Royaume, ont miné le moral des investisseurs. Cependant, ce déclin ne saurait tarder à s’atténuer pour laisser place à un redressement de la situation.

Une collecte nette de 40 MMDH
Cela dit, avec une hausse de 2,4% de l’encours des OPVCM actions, dépassant celle du marché qui reste sur un territoire négatif, cette catégorie a connu une position nette acheteuse. En effet, les souscriptions nettes ont atteint 1,5 MMDH, soit des rachats de 2,3 MMDH et des souscriptions de 3,8 MMDH.

Il faut dire aussi que toutes les classes d’actifs ont affiché plus de souscriptions que de rachats. La collecte nette globale s’est située à 40 MMDH, avec comme plus gros volume net 16,4 MMDH, enregistré par les OCT. Il est suivi par les fonds monétaires qui ont cumulé des souscriptions nettes de 7,7 MMDH.

Cette catégorie d’OPCVM continue de bénéficier de la stabilité des taux des bons du Trésor sur la partie courte, même si un mouvement haussier s’est emparé de cette partie de la courbe en raison d’un fort recours de l’argentier de l’État au financement intérieur pendant deux séances consécutives.

Le calme est revenu sur le marché et les investisseurs continuent de répondre aux besoins du trésor sans que ce dernier provoque de hausses sensibles.Les OMLT, de leur côté, ont enregistré des souscriptions nettes de 4,6 MMDH.

En fait, la partie longue de la courbe est moins sollicitée par le Trésor et donc les taux continuent d’évoluer dans une fourchette très timide. Sauf qu’à la dernière séance d’adjudications du mois de février, la maturité 10 ans a affiché un taux de 2,93%, en hausse de 17 points de base pendant cette même séance.

Les professionnels attribuent cela à un mouvement d’ajustement de la courbe suite aux récentes pressions qu’ont subies les taux de court terme. En tout cas, les taux courts ont évolué sans grand relief pour se situer à 1,68% pour le 13 semaines, 2,32% pour le 52 semaines, 2,47% pour le 2 ans, 2,92% pour le 5 ans et 2,93% pour le 10 ans.

Dans l’attente de catalyseurs
D’un autre côté, le marché monétaire reste plutôt stable, la banque centrale continue de servir les banques à la hauteur de leur besoin en liquidité. En janvier, le besoin en liquidité des banques s’est situé en moyenne hebdomadaire à 132 MMDH en janvier dernier, contre près 135,7 MMDH en décembre 2025, soit une baisse de 2,8%.

Dans ces conditions, les OPCVM offrent actuellement les meilleurs rendements en comparaison avec les produits de taux ou le marché actions. De nouveaux catalyseurs sont certes attendus, notamment la publication des résultats annuels des sociétés cotées.

Les analystes sont d’ores et déjà optimistes, puisqu’au terme des publications trimestrielles, le chiffre d’affaires de la cote casablancaise ressort en croissance de près de 10% à 355 MMDH.

D’un autre côté, la première réunion de Bank Al-Maghrib de cette année sera déterminante et reste très scrutée par la communauté des investisseurs. Le maintien du taux directeur à 2,25% conforterait l’équilibre actuel et soutiendrait la dynamique des fonds monétaires et obligataires.

À l’inverse, un relèvement du taux pourrait entraîner des ajustements de valorisation sur les portefeuilles obligataires et accentuer les arbitrages vers les maturités les plus courtes.


Le non-coté : 76% de l’actif net total
La ventilation de l’actif net total des OPCVM par catégorie de valeurs fait ressortir un poids de 76% pour les valeurs non cotées, soit un montant de 649 MMDH contre 14,6% pour les valeurs cotées, à 124 MMDH. Le reste étant constitué de divers autres actifs, à hauteur de 9%, soit 80 MMDH.

Parmi les valeurs cotées, le gros est constitué d’actions, avec une part de 97%. Dans le non-coté, les bons du Trésor et les titres garantis par l’État représentent plus de la moitié (54,5%) avec 352 MMDH, suivis des obligations privées (147 MMDH), des titres de créance négociables (83 MMDH) et des titres d’autres OPCVM (80 MMDH).